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Economie

Le gouvernement négocie avec les diplômés chômeurs

Par L'Economiste | Edition N°:202 Le 02/11/1995 | Partager

La crise de l'emploi a atteint des proportions importantes dans le rang des diplômés qui réagissent par les sit-in et les grèves de la faim. Les pouvoirs publics tentent d'atténuer la pression et activent les procédures d'insertion.


"Rien n'est encore concret. Mais le point positif de notre action est la reconnaissance de fait de notre association", se félicite M. Mohamed Younes, président de l'ANJDC (Association nationale des Jeunes Diplômés au Chômage), une organisation en quête de légalité. En initiant un sit-in de longue durée, au siège de l'UMT à Rabat, ponctué par des journées de grève de la faim, ces jeunes diplômés ont décidé de prendre en main leur situation et pousser les pouvoirs publics à mettre en place des mesures appropriées destinées à leur assurer un emploi stable. Appel entendu. Une série de réunions sont programmées pour la première quinzaine de ce mois afin de trouver un accord sur certains points de revendications. Les représentants des diplômés au chômage devront successivement rencontrer le ministre de l'Intérieur pour le traitement du volet juridique de leur association et des directives données aux collectivités locales relatives au recrutement des diplômés, le ministre des Finances pour débattre du crédit jeune promoteur, notamment de l'apport personnel de 10% du montant du projet et le ministre de la Justice pour discuter de l'arrêt des poursuites judiciaires vis-à-vis de certains adhérents récemment condamnés à des peines de prison.

Mesures conjoncturelles


Cette organisation, qui revendique actuellement quelque 20.000 adhérents (diplômés des ITA, bacheliers, licenciés et titulaires de doctorat), a pour seul point de mire l'emploi. Les études et les enquêtes sur le chômage ne font que confirmer l'existence d'un véritable malaise. Actuellement, le nombre de diplômés à la recherche d'un emploi devrait largement dépasser les chiffres publiés par le CNJA (Conseil National de la Jeunesse et de l'Avenir) en 1991. A cette époque, un peu plus de 100.000 diplômés (bac et plus), dont 24.179 cadres supérieurs et administratifs, étaient sur le marché du travail. La dernière enquête portant sur les titulaires d'un diplôme universitaire supérieur post-licence effectuée par cette même structure durant les mois de juillet, août et septembre, fait état de 2.000 personnes en quête d'emploi, contre 1.247 en 1991, pour environ 200 spécialités. Par niveau d'études, il a été recensé 1.042 docteurs, 606 titulaires d'un DES (Diplôme d'Etudes Supérieures) ou équivalent et 352 ingénieurs et autres. Les femmes représentent 28,25% de cette population. Le gouvernement s'applique actuellement à trouver les moyens de caser ces personnes dans le secteur privé, les régies intercommunales, les collectivités locales, les établissements publics et l'Administration. Le ministre de l'Intérieur avait d'ailleurs envoyé une circulaire aux walis et gouverneurs pour recenser les postes vacants et les possibilités d'emplois dans les territoires relevant de leur compétence de manière à placer ces diplômés. Une mesure conjoncturelle, alors que la lutte contre le chômage relève d'une politique globale de l'emploi élaborée par les pouvoirs publics. L'incertitude des jeunes, qui devient de plus en plus angoissante, laisse à penser que les mesures mises en oeuvre n'ont jusqu'à présent pas eu un véritable répondant.

Face à la poussée du chômage, plusieurs initiatives avaient été prises. Y figure la création du CNJA, un conseil consultatif représentatif des différentes composantes économiques, sociales et culturelles du pays, qui a pour missions les recherches, les études, les enquêtes, les réflexions et les propositions destinées à faciliter l'insertion des jeunes dans la vie active. Cette structure, qui n'a pas pour vocation le recrutement et le placement, a formulé plusieurs propositions au cours de ses cinq années d'existence. L'application n'a pas toujours été heureuse. Auprès de cette institution, il est souligné que "le CNJA ne peut pas assumer la responsabilité du gouvernement et du privé". Le privé, malgré des déclarations d'intention, traîne les pieds quant à la contribution efficace au traitement du chômage. En témoigne le maigre bilan de la loi formation-insertion qui visait 4.000 postes de stagiaires par an alors qu'au 31 décembre 1994, il n'en avait été créé que 1.314.

Alié Dior NDOUR.

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