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    Economie Internationale

    Le FMI s’en prend aux agences de notation

    Par L'Economiste | Edition N°:3504 Le 08/04/2011 | Partager
    Standard & Poor’s, Fitch, Moody’s: fauteurs de troubles
    Effet boule de neige sur les autres pays
    Bruxelles promet le durcissement de la réglementation

    «Les agences de notation sont accusées d’émettre des prédictions qui s’avéreraient auto-réalisatrices dans les marchés fragilisés. Leurs notes et dégradations impacteraient les marchés financiers environnants»

    L’annonce par Standard & Poor’s de dégradation des notes des dettes souveraines du Portugal et de la Grèce a remis à l’ordre du jour le rôle des agences de notation dans le jeu de forces et des influences sur l’environnement économique et financier. Elles sont accusées d’émettre des prédictions qui pourraient s’avérer auto-réalisatrices dans un marché fragilisé. Les «dégradations de notation des dettes souveraines européennes décidées entre octobre 2006 et avril 2010 ont eu des retombées significatives tant au plan statistique qu’économique sur les pays et sur les marchés financiers», note un rapport du FMI publié cette semaine. Au vu de l’interdépendance des marchés et de l’existence de canaux de transmission (détention de dette souveraine étrangère par les banques domestiques), les dégradations impacteraient les marchés financiers dans le pays visé, ainsi que ceux dans d’autres pays. Les conclusions du rapport du FMI ne font pas dans la dentelle.
    Critique rejetée par les agences de notation qui répondent que les marchés restent indépendants de leurs notes. Le FMI juge au contraire que «les changements de notation peuvent encourager l’instabilité financière». Pis: «les dégradations des notes à des niveaux proches de la catégorie spéculative de grands pays provoquent des retombées systématiques sur les autres pays de la zone».
    Donnant l’exemple du déclassement de la Grèce de «A-» à «BBB+» par Fitch le 8 décembre 2009, l’effet de cette dégradation spécifique est estimé à une hausse de 17 points de base des spreads des CDS grecs mais, aussi, de 5 points de base des spreads des CDS de l’Irlande. Le rapport révèle aussi que le faible nombre d’annonces de modification de notes avant juillet 2008 «suggère que les agences n’ont pas anticipé les faiblesses macroéconomiques des pays conséquentes à la crise financière».
    De quoi apporter de l’eau au moulin des pays qui récusent les agences de notation. La tempête financière qui secoue en ce moment la zone européenne a déjà fait réagir Bruxelles qui promet de durcir la réglementation des agences de notation d’ici la fin de l’été. Des réformes soutenues implicitement par le FMI qui verrait d’un mauvais œil la turbulence se déplacer vers les autres régions économiques du monde. En substance, les experts du FMI recommandent de réduire la dépendance des économies par rapport à l’activité des agences. Celles-ci doivent améliorer leur système de notation des dettes souveraines. Les marchés réagiraient aux décisions de manière sélective. Un comportement incontrôlé qui crée une spirale financière et un effet domino. Cela serait particulièrement le cas pour les économies dont les notes sont proches de la catégorie spéculative. Le FMI, considéré comme le chantre du «tout-marché», prône implicitement plus d’encadrement réglementaire de l’activité des agences de notation. La roue a vraiment tourné.

    Karim Serraj

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