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Le FMI doit s’impliquer dans la stabilité des marchés financiers
par Age Bakker et Perry Warjiyo

Par L'Economiste | Edition N°:2731 Le 10/03/2008 | Partager

Age Bakker (sur la photo) et Perry Warjiyo sont respectivement directeurs exécutifs du FMI pour les Pays-Bas et pour l’Indonésie. Ils représentent 25 pays d’Asie et d’Europe. Age Baker travaille à la Nederlandsche Bank (DNB, Banque centrale) comme directeur des marchés financiers. Il est aussi assistant du gouverneur pour la politique économique et monétaire et enseigne à l’Université libre d’Amsterdam. Il a écrit plusieurs livres et articles sur les institutions financières internationales et sur les expériences de libéralisations financières.Perry Warjiyo est directeur à la Banque centrale d’Indonésie. C’est un spécialiste de l’implémentation des politiques monétaires dans les pays émergents d’AsieLe désordre actuel des marchés financiers a révélé leurs faiblesses dans le système financier mondial. Beaucoup de ces faiblesses étaient connues, mais ce n’est pas pour autant que l’on y a remédié. Cette passivité traduit la complexité croissante de ce système et ses liens avec d’autres domaines, ainsi que l’absence d’ancrage efficace permettant d’assurer la stabilité financière. Les principales Banques centrales ont restauré la confiance des marchés financiers en injectant des liquidités. Si cette mesure paraît avoir été efficace, il reste à se demander si cette tourmente aurait pu être évitée ou son impact amorti.Nous pensons que le FMI doit agir pour aider à résoudre les problèmes de stabilité financière et anticiper davantage pour éviter ou atténuer de futures crises. Il devrait collaborer étroitement avec le Forum pour la stabilité financière, la Banque pour les règlements internationaux (BRI) et d’autres organismes internationaux appropriés. Afin de renforcer son rôle en faveur de la stabilité financière, nous proposons qu’il prenne des initiatives dans trois domaines interdépendants: 1- Il doit favoriser la stabilité financière au moyen d’un contrôle multilatéral. Il doit se positionner au centre des marchés financiers internationaux et fournir une plate-forme d’analyse destinée non seulement aux Banques centrales et aux ministères des Finances, mais aussi aux régulateurs des marchés, aux responsables de la réglementation et aux acteurs du marché. Il doit, en particulier, améliorer sa connaissance des liens entre les structures de contrôle et la situation macroéconomique, notamment la balance des payements et l’évolution des taux de change, en mettant à profit toute l’information dont il dispose sur le plan international et l’expertise qu’il a acquise avec des missions dans ses 185 pays membres. Il pourrait alors identifier les menaces macroéconomiques contre la stabilité et encourager l’adoption des meilleures pratiques par les contrôleurs et les régulateurs des marchés. A partir de ces études, il pourrait contribuer davantage au débat sur les implications macroéconomiques et financières des fonds d’investissements, des fonds spéculatifs et des fonds souverains, et faire des recommandations pratiques pour souligner leur contribution à la stabilité financière internationale. 2- Il doit favoriser la stabilité financière par un contrôle bilatéral. Il doit repenser la manière d’assurer la stabilité financière dans le travail au jour le jour avec ses membres et intégrer entièrement l’analyse du secteur financier à ses activités de surveillance.Il doit aussi être davantage proactif et parler avec franchise du point de vue de la systémique aux pays importants, qui connaissent des insuffisances dans le contrôle financier et la gestion des crises. Il doit aider les économies émergentes à établir des marchés financiers intérieurs sains. Ces mesures supposent de diversifier les membres des missions du FMI, de manière à utiliser l’expertise du secteur financier en complément des compétences macroéconomiques et budgétaires. Le Fonds doit avoir recours à un plus grand nombre d’experts financiers et moins s’appuyer sur les universitaires.3- Enfin, il doit aider ceux de ses membres qui ont des programmes précis pour libéraliser et intégrer leur économie dans le système financier mondial. Il devrait envisager de créer les instruments de liquidité appropriés pour donner confiance aux économies de marché émergentes qui risquent d’être touchées par une crise hors leur contrôle, plutôt que de les forcer à accumuler des réserves de plus en plus importantes ou d’avoir recours à des dispositifs interrégionaux d’autoassurance.Des initiatives dans ces trois domaines contribueraient à créer une institution multilatérale qui aurait l’autorité et l’expertise voulue pour conseiller les pays membres sur les problèmes de contrôle et de régulation d’importance systémique. La tempête financière que nous traversons illustre la nécessité d’une telle institution. Les pays membres que nous représentons – des pays avancés et émergents d’Asie et d’Europe – veulent jouer un rôle pour renforcer le rôle du FMI au cœur du système monétaire international.


A quoi sert le FMI?

Le FMI joue un rôle important en raison de sa perspective très large, englobant à la fois les économies avancées et celles qui sont émergentes ou en développement, et qui s’intègrent de plus en plus dans le système financier mondial. Par ailleurs, il ne se focalise pas sur les marchés financiers en soi et il a une expertise unique quant aux liens entre l’économie réelle et la situation financière. Enfin, sa perspective est universelle, ouverte sur l’ensemble des secteurs et des marchés.Jusqu’à présent, le Fonds n’a pas exploité sa position unique, car il a souvent manqué d’initiative, n’a pas suffisamment donné de messages clairs et de recommandations à ses membres. Mais la tourmente financière actuelle montre que la réglementation et la surveillance des marchés présentent des lacunes et que des interactions au niveau mondial, encore mal comprises, demandent une réponse globale. Copyright: Project Syndicate, 2008. Traduit de l’anglais par Patrice Horovitz

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