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Le faux débat des subventions

Par L'Economiste | Edition N°:623 Le 25/10/1999 | Partager


· L'exonération fiscale dont bénéficie le secteur agricole n'est que partielle
· Le niveau des subventions reste trop faible pour être significatif


L'agriculture marocaine est-elle un secteur assisté? Le débat est aujourd'hui ouvert. Les avantages dont bénéficie le secteur agricole ont fait couler beaucoup d'encre. L'exonération fiscale, accordée par Feu Sa Majesté Hassan II, et qui sera, sans nul doute, prorogée jusqu'en 2020, fait beaucoup d'envieux. Pourtant, s'acharnent à répéter les agriculteurs, cette exonération n'est que partielle, puisque le secteur reste soumis à la pression de la fiscalité indirecte. Taxe sur la valeur ajoutée, droits de douane et autres taxes indirectes continuent à grever les revenus agricoles. Et les agriculteurs restent dans l'impossibilité de répercuter ce qu'ils ont payé puisqu'ils ne tiennent pas de comptabilité et sont de principe exonérés.
Des études préliminaires effectuées par le Ministère de l'Agriculture et brandies avec force par les professionnels du secteur évaluent la pression fiscale indirecte subie par l'agriculture à plus de 3,3 milliards de DH.
L'exonération fiscale dont bénéficie le secteur primaire perd beaucoup de son intérêt. De ce point de vue, l'agriculture n'est point un secteur assisté.
Reste alors les subventions. Les producteurs agricoles profitent actuellement de plusieurs aides à l'investissement pour ce qui est des intrants agricoles et de la mécanisation. Est-ce encore raisonnable quand toutes les expériences démontrent la montée du libéralisme économique comme credo général, s'interrogent plusieurs analystes. Oui, ça l'est incontestablement. Car, en matière agricole, le libéralisme affiché reste une simple façade. Il suffit de regarder la bataille de chiffonniers qui oppose actuellement l'UE aux Etats-Unis autour des subventions agricoles pour s'en convaincre. Le montant global des subventions européennes représente aujourd'hui 40 à 60% du prix de mise en marché en Europe, alors qu'il n'est que de 2 à 4% au Maroc. Dérisoire donc de clamer que l'agriculture marocaine n'est performante que parce qu'elle est subventionnée. De ce point de vue, elle ne l'est pas. Trop peu en tout cas pour que l'aide étatique à ce niveau soit réellement significative pour permettre aux produits marocains d'investir d'autres marchés. Demander alors l'annulation des subventions accordées à l'Agriculture serait vain, puisque de toute façon les produits concurrents continueront à bénéficier des soutiens de leurs gouvernements qui considèrent vraiment l'agriculture comme un secteur assisté.


A qui profite la subvention


Le régime préférentiel pour le blé tendre a été reconduit pour cette campagne agricole. Les conditions de fabrication et de vente de la farine subventionnée ont été publiées au BO du 19 août 1999. Au-delà de la question des prix, c'est l'existence et les fondements mêmes de la subvention qui sont remis en cause. Pour beaucoup, les objectifs fixés par la compensation ne sont que très partiellement atteints. Le système profite à tous, même à ceux qui n'en ont pas besoin. Différentes études ont démontré que les catégories les plus pauvres qui représentent 40% de la population ne bénéficiaient que de 20% des subventions globales accordées (sucre, huile et farine).

Meriem OUDGHIRI et Ghassan KHABER

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