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    Economie

    Le cuir s'adapte au marché européen

    Par L'Economiste | Edition N°:56 Le 03/12/1992 | Partager

    La maroquinerie était artisanale. Elle s'organise en industrie depuis les années 80. En 1991, le secteur du cuir connaît un regain d'activité.

    Proximité, temps court de fabrication, haut et moyen de gamme et qualité, tels sont désormais les mots clés de la stratégie des industriels marocains du cuir, en direction de l'Europe.
    "Le Maroc ne sera jamais la Corée ou le Taïwan au niveau de la production en grande série, qui demande une technologie spéciale. C'est pour cela que nous devons jouer la carte du haut et du moyen de gamme, la qualité et la rapidité dans les livraisons, par le Just in time", explique M. Driss Jettou, Président de la Fédération Marocaine des Industries du Cuir (FEDIC). Pour cela ajoute-t-il, il faut rendre le Maroc attractif pour les investissements étrangers. A l'heure actuelle, le secteur connaît des handicaps. Ainsi en est-il par exemple de l'absence de zones industrielles, en particulier dans la région de Casablanca.

    60% à l'export

    De plus, en Europe les industriels disposent de terrains gratuits ou à des prix symboliques. Au Maroc, le prix exigé varie entre 1.500 et 2.000 DH le m2. Le second handicap auquel se trouve confronté le secteur est celui du taux d'intérêt pour les crédits moyen et long terme jugés trop élevés. Pourtant, secteur traditionnel au Maroc, l'industrie du cuir a connu depuis 1980 un développement important, aussi bien au niveau de la transformation des produits qu'au niveau des exportations. En 1990, les investissements ont atteint 67 millions de DH, enregistrant une augmentation annuelle moyenne de 14,5% depuis 1983. Cette industrie a réalisé en 1990 une production de 2,2 milliards de DH, soit 2% de la valeur générée par l'ensemble des industries de transformation.
    Cette production se répartit entre la chaussure (principale branche du secteur) qui intervient pour 45% de la valeur globale, la tannerie-mégisserie avec 32%, les vêtements, maroquinerie et bagagerie avec 21%, et les succédanés du cuir avec 2%.

    Par ailleurs, plus de 60% de la production du secteur cuir sont destinés à l'exportation. Celle-ci a enregistré une augmentation continue durant la période 1986-1991, passant de 800 millions de DH à 1,3 milliard de DH, soit une progression annuelle moyenne de 12%. Le vêtement cuir a baissé de 10%. Par contre, la maroquinerie a réalisé le meilleur score sur les quatre dernières années.
    En effet, il est à rappeler que le premier Sitec qui s'est tenu en Février 1992 à Casablanca a réservé une belle part à la maroquinerie. Secteur en pleine expansion dans les années 70, il connu une chute brutale dont il se remet difficilement après 1986. A cette époque, les industriels n'ont pas respecté les règles du marché. Aujourd'hui, ils sont décidés à s'introduire en Europe face à d'autres pays offensifs. En 1991, les exportations de cette branche ont été de l'ordre de 153 millions de DH, soit une augmentation de 5,52% par rapport à l'année précédente. Les principaux clients de cette branche sont la France avec 67%, l'Espagne avec 11%, l'Allemagne et l'Italie avec 5%.

    300 entreprises organisées

    Par ailleurs, des opportunités d'investissement à l'export, soulignent les professionnels, existent notamment pour la chaussure pour femmes, les chaussures de sport et de détente, les gants de toutes sortes, le cuir pour l'ameublement et le cuir synthétique.
    Le Maroc a une longue tradition du cuir. Aujourd'hui, si 300 entreprises 'organisées" se partagent le marché, les petits artisans continuent d'intervenir, surtout aux niveaux local et touristique.

    Le Maroc dispose d'une main-d'oeuvre à bon marché, mais assez installée. C'est ainsi que les industriels ont mis l'accent sur la création de centres professionnels dotés de matériel performant. Après l'ouverture de l'un d'entre eux à Casablanca, un deuxième est en cours de création.
    Enfin, concluent les membres de la FEDIC, pour une progression régulière des différentes branches du secteur, il faut combattre le problème de la contrefaçon et de l'utilisation abusive des marques étrangères. Cette situation ôte toute crédibilité exigée par les donneurs d'ordres étrangers et constitue un frein au partenariat.

    M.O.

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