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Politique Internationale

Le crépuscule des Touareg

Par L'Economiste | Edition N°:74 Le 08/04/1993 | Partager

"La danse funèbre du soleil", de Hawad "Texte et calligraphie tifinar" de Hawad Traduction du touareg et adaptation française par Hawad et Hélène Claudot, L'Aphélie

Si vous voulez entendre la voix des Touareg sans un intermédiaire toujours douteux, percevoir leur destin en échappant au regard déformant du touriste, du politicien, du commercial, il faut prendre le temps de savourer le dernier recueil de Hawad, "La danse funèbre du soleil", publié aux éditions l'Aphélie en 1992. Le livre est beau, agréable à feuilleter, léger pour un texte court et magistral.

Hawad, qui publie ses oeuvres depuis 1985, se trouvait vendredi 5 mars à Casablanca avec Hélène Claudot au "Carrefour des Livres". Ils y ont produit, en deux langues, "La danse funèbre du soleil", évoquant les massacres des Touareg, entre l'aveugle et le forgeron, le vautour blanc et les corbeaux, dans un désert de sable et de pierres plus vivant et plus riche que les déserts des villes. Hawad scrute le drame Touareg de son regard poétique, désespérément lucide, implacable et passionné. Son texte, écrit à l'origine en touareg, traduit par lui même et son épouse Hélène Claudot, est illustré par des calligraphies tifinar. On y retrouve la danse, le chant, le spectacle, les personnages déjà rencontrés dans ses dernières oeuvres, en particulier " Yasida" (Ed. Noël Blandin, Paris 1991): le vieil aveugle Imollen et son compagnon le forgeron Awjembak, Kokayad et Porteur - de - la - Nuit, astres-poètes de la cour des étoiles. Hawad dit et chante les crépuscules qui n'en finissent pas de s'éteindre: celui du ciel, du désert, celui des hommes, celui d'un peuple. Tout sombre et pourtant la nuit ne vient pas. Or mieux vaut la mort physique plutôt que la déchéance. La parole poétique est peut-être la seule parole vraie, l'unique chance de survie, aujourd'hui, pour une culture en voie de disparition ou, ce qui est pire à ses yeux, de folklorisation.

L'image est fulgurante, le mot devient musique. Le livre est dédié à ceux "qui savent/que le sillage de leur regard/est une plaie ouverte/où se glisseront/d 'autres pas/d 'autres marches/d 'autres univers". Refusant I 'optimisme fallacieux, jamais apaisée devant une tragédie qui le concerne, la poésie de Hawad vogue au-delà du mensonge et de la compromission.

Thérèse BENJELLOUN

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