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Le Crédit Agricole dans la cour des banques universelles

Par L'Economiste | Edition N°:1673 Le 30/12/2003 | Partager

. La banque ambitionne de se développer sur tous les marchés . Elle financera désormais toute la filière agriculture, qui produit 150 milliards de DH . Une nouvelle organisation en structures dédiées aux activitésQu'est-ce qui aurait permis au Crédit Agricole français de se développer rapidement, pour se hisser aujourd'hui au rang des dix premières banques européennes? “Il a mis les habits d'une banque universelle, et s'est développé sur les différents marchés bancaires”, rapportent les annales financières. C'est ce que, au-delà de tout effet de taille et de mode, veut faire Tarik Sijilmassi, DG du Crédit Agricole marocain.L'annonce a été faite lors de la 4e “convention de la banque, organisée le samedi 27 décembre dernier à Casablanca, devant quelque 500 de ses collaborateurs. Les effectifs des autres régions du Maroc ont également suivi en direct, à travers un système de visioconférence(1), la présentation de la nouvelle stratégie du Crédit Agricole dans le cadre du plan CAP 2008. Grâce à cette stratégie, le DG a déclaré que “le Crédit Agricole a pour ambition de se positionner sur tous les marchés bancaires”. Les proches collaborateurs estiment “qu'il était peut-être temps, car cela fait plus d'une décennie que les organismes financiers spécialisés (OFS) ont été autorisés à exercer toutes les activités bancaires”. Pour traduire ses nouveaux choix stratégiques, la banque verte adopte une organisation par métiers selon quatre marchés: petites et moyennes exploitations agricoles, filières alimentaires, particuliers et professionnels et corporate.Le management précise toutefois que le cœur du business reposera toujours sur le financement de l'agriculture et l'ensemble des activités qui lui sont liées. La nouveauté est que le Crédit Agricole étendra son action de financement à l'intégralité de la filière alimentaire, depuis l'agriculteur jusqu'au négociant. Le management du Crédit Agricole se dit “leader en amont mais peu présent en aval de la filière”. Il estime que “le mode d'intervention et l'organisation de la banque marquent aujourd'hui ses limites, puisque l'intervention en financement a été axée principalement sur l'amont agricole”. Les responsables de la banque constatent également que “ce premier maillon de la filière est très risqué et présente un coût d'intervention élevé”. C'est pourquoi ils veulent développer une approche globale et intégrée par filières, afin de diversifier les risques. Ce qui nécessitera, selon eux, “la mise en place d'un système de financement et d'une politique commerciale cohérents en tenant compte des synergies existant au sein de chaque filière, et en respectant la spécificité des besoins de chaque segment”. Cette stratégie présente à leur avis “un enjeu financier certain”. En effet, le segment agricole dégage, malgré le risque climatique, une production annuelle moyenne de 54 milliards DH. Pour le segment des industries agroalimentaires, il produit près de 60 milliards de DH. Quant au segment commercial, il présente une production estimée à plus de 40 milliards de DH. Ce qui représente pour le Crédit Agricole un marché de quelque 150 milliards de DH, soit près de 40% du PIB national, à investir.En parallèle, la banque se développera successivement sur d'autres marchés. Celui des particuliers et des professionnels l'intéresse particulièrement. Le Crédit Agricole a déjà un plan d'action dans ce sens. La stratégie commerciale consiste à segmenter les différentes catégories socioprofessionnelles pour leur offrir des produits et services sur mesure, avec des tarifs compétitifs par rapport au marché. Une approche risque accompagne les actions commerciales des équipes à travers un réseau de vente étoffé, où les chargés de clientèle verseront dans la fidélisation des clients. Le réseau du Crédit Agricole atteint aujourd'hui, avec la reprise de la BMAO, 220 points de ventes permanents et 108 guichets saisonniers. La communication est identifiée également comme un élément-clé de la réussite de la démarche, à travers notamment des campagnes ciblées en direction des différentes catégories de clients. Au niveau organisationnel, le mode de fonctionnement et le système de pilotage des structures opérationnelles devront être repensés de manière à traiter et satisfaire rapidement les besoins de la clientèle. De nouveaux moyens et supports techniques accompagnent cette nouvelle stratégie commerciale, notamment une meilleure gestion des effectifs et une valorisation des compétences. Globalement, cette nouvelle organisation se déclinera à travers des structures spécifiques et dédiées, comme des points de vente gérés de façon différenciée selon le type de clientèle, des offres de produits ciblés ou encore une gestion plus rigoureuse du couple risque/rentabilité associé aux différentes activités. La rencontre annuelle a vu également la présentation de quelques projets, comme “l'agence mobile”. Connectée on-line avec le système central, cette estafette équipée en agence bancaire fera le tour des souks pour offrir ses services aux clients. Par exemple, A la veille de l'Aïd-El-Kebir, ceux-ci n'auront certainement plus à transporter de grosses sommes en liquide pour l'achat du ou des moutons.


5 milliards de DH de créances en souffrance des petits agriculteurs

C'est l'un des dossiers épineux auxquels doit faire face le management du Crédit Agricole. “Nous avons procédé à un reprofilage de ces dettes, et l'Etat a pris en charge l'autre partie. Mais malgré ces réglages, nous constatons que les agriculteurs, qui en ont bénéficié, n'ont pas honoré les premières échéances”, note Tarik Sijilmassi. La question a été soulevée récemment par des parlementaires, qui demandaient au ministre de l'Agriculture que les dettes soient purement et simplement abandonnées. Chose que le management de la banque voit d'un mauvais œil, puisque, souligne son DG, “on ne peut demander au Crédit Agricole de financer l'agriculteur et d'être performant, si à chaque fois il faut abandonner les créances”. Bouchaib El Yafi(1) La mise en place et la régie du système ont été assurées par la société Musicorama.

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