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Economie

Le capital-forêt gravement menacé

Par L'Economiste | Edition N°:77 Le 29/04/1993 | Partager

Les forêts sont à la fois surexploitées et mal exploités Ce constat, fait de longue date. a été repris lors du dernier Conseil National de la Forêt

Le Conseil National qui s'est tenu le 22 avril à Rabat s'est penché sur un projet de création d'une entité autonome pour la protection de la forêt, qui devra être chargée de l'exploitation, de l'entretien et du développement économique du domaine forestier. Cet établissement public, financièrement autonome, pourrait donc remplacer les actuels services des Eaux et Forêts, département du MARA. Pour son immense majorité, la forêt appartient au domaine privé de l'Etat. Les boisements privés ne représentent que 9% des plantations artificielles et les boisements collectifs, 17%.

Plus que la forêt ne peut en supporter

L'exploitation des forêts rapporte peu à son propriétaire, l'Etat: à peine 200 millions de DH durant la campagne 90-91, la dernière pour laquelle les données sont disponibles. Une approche globale fait pourtant apparaître qu'un peu plus de 29% de l'énergie consommée au Maroc est prise sur la forêt et que 17% des besoins alimentaires du cheptel sont couverts par quelque 8,9 millions d'ha du domaine forestier dont 5 sont des forêts proprement dites et le reste des nappes alfatières. S'y ajoutent un millier d'ha, non encore recensés, dans le Sud.

Le Ministère de l'Agriculture compte que 2% du PIB agricole vient de la forêt, en dehors des prélèvements sauvages pour l'énergie et le bétail . Comme l'exploitation n'est pas rationnelle, ces prélèvements sont plus que la forêt ne peut en supporter.

Si les forêts sont étatiques, des droits d'usage sont reconnus aux riverains, ce qui ne va pas sans poser des problèmes... épineux. La forêt est en effet une réserve fourragère, d'autant plus intéressante pour les éleveurs qu'elle est peu sujette aux variations climatiques. La pression devient particulièrement forte en période de sécheresse. En principe, l'accès aux parcours forestiers se fait contre paiement d'un droit d'inscription, mais celui-ci n'est pratiquement pas appliqué. Les services des Eaux et Forêts voudraient sensibiliser les communes et les autorités locales d'une part au fait que les recettes forestières devraient très largement retourner aux forêts pour lutter contre l'épuisement du capital, et d'autre part, sur le fait que la forêt demeure fragile, donc mérite d'être protégée.

L'équivalent de 2 millions/T pétrole

Actuellement, la surveillance de l'accès se fait mal et les forestiers se plaignent des dégradations engendrées par les troupeaux incontrôlés. La présence des troupeaux a néanmoins un bon côté: les sous-bois étant mangés, les forêts marocaines sont peu exportées aux risques d'incendies ravageant les forêts méditerranéennes . C'est une maigre consolation, car l'ampleur des dégâts causés par les troupeaux est jugée "considérable, voire irréversible" sur certaines zones, bien qu'elle soit mal mesurée. En revanche, la déforestation pour le bois de feu (essentiellement la cuisson des aliments) est, depuis peu, mesurée: 35.000ha/an, soit un niveau très supérieur à ce que peut supporter la forêt.

Les spécialistes emploient même le terme de "décapitalisation". Les prélèvements de bois de feu, en lieu et place des combustibles modernes, se montent à 10 millions de m3/an, soit un peu plus de 2 millions de tonnes équivalent pétrole. Jusqu'à présent, les forêts ne figuraient pas sur le bilan énergétique du pays, elles sont pourtant de très loin devant l'hydro-électricité la première ressource énergétique nationale, et le deuxième fournisseur derrière le pétrole importé.

La forte pression énergétique sur la forêt est fréquemment attribuée à l'hyperfiscalisation des hydrocarbures qui freine l'expansion des énergies modernes moins dévoreuses de "capital naturel".

Les autres utilisations de la forêt ne sont pas dangereuses: liège, bois d'oeuvre ou d'industrie, alfa, thym et armoise et sont assez bien contrôlées. De 500 à 600 entreprises vivent des activités forestières, la majorité dans les branches d'entretien-aménagement.

Environ le tiers du bois de menuiserie-ébénisterie vient des forêts marocaines, et le MARA considère que la surfiscalisation des bois importés (50% de droits, hors TVA et hors la taxe destinée au Fonds National Forestier) renforce la pression sur les forêts locales. En regard, les produits forestiers locaux cédés sont frappés d'une taxe de 20%, elle aussi destinée au Fonds.

N.S.

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