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Le Brésil doit mettre de l'ordre dans la gestion locale

Par L'Economiste | Edition N°:453 Le 01/03/1999 | Partager

La monnaie brésilienne a été attaquée en fin de semaine. Le mouvement intervient alors que Brasilia doit faire accepter le programme de redressement aux Etats fédérés, programme qu'elle a elle-même réussi. L'enjeu est maintenant au niveau des Etats fédérés.


Le Brésil, considéré à l'automne dernier comme le maillon faible de la vague de spéculations monétaires venue d'Asie, s'était bien tiré de l'épreuve. L'arrangement de la mi-novembre, dans la foulée de la mise en place du programme japonais pour couper la route à la crise, avait porté ses fruits. Début février, le FMI a même annoncé que Brasilia avait dépassé les objectifs, notamment celui de créer un excédent budgétaire compris entre 3 et 3,5% du PIB. Une renégociation de l'accord est engagée pour assouplir la première version, aux vues des bons résultats.

Cas à méditer au Maroc


L'enjeu est maintenant d'amener l'ensemble des Etats fédérés, au nombre de 27, à revenir tous vers une gestion plus raisonnable de leurs finances publiques. Pour sa part, le programme de redressement prévoit la "responsabilisation budgétaire des Etats et municipalités". Sur ce point l'expérience brésilienne sera à méditer au Maroc, où les collectivités locales, qui ont une large marge d'autonomie budgétaire, n'en n'ont pas pour autant la responsabilité. Le seul régulateur est aujourd'hui le pouvoir du Ministère de l'Intérieur. En revanche, au Maroc il n'y a pas la politisation des relations collectivités locales-Etat central qu'il y a au Brésil.
Au Brésil, les situations financières des Etats fédérés sont très contrastées, même si la première Chambre fédérale a déjà adopté un système allant dans le sens de la responsabilisation. Certains Etats ont des finances saines, d'autres au contraire ont des dettes importantes vis-à-vis de l'Union fédérale et six Etats ont demandé à les renégocier. Trois Etats, le Minas Gerais (deuxième région économique du Brésil), le Rio Grande del Sul et l'Alagoas ont même déclaré unilatéralement en janvier, un moratoire de 90 jours envers l'Union.
La dette totale des 27 Etats vis-à-vis de l'Union se monte à 100 milliards de Dollars (soit cinq fois la dette publique totale du Maroc vis-à-vis de l'étranger).

Le Président brésilien a réuni vendredi dernier les 26 gouverneurs des Etats fédérés (le poste est électif au Brésil, notons que les six Etats demandant la renégociation sont tenus par l'opposition au Président Cardoso). Celui du Minas Gerais, dont le gouverneur, ancien et éphémère Président de l'Union, et aussi le principal opposant à Cardoso, n'est pas venu. Le Président de l'Union, M. Cardoso, a confirmé que l'Union n'accepterait pas de renégocier les dettes. En revanche, il a promis que des réformes institutionnelles seraient mises en route pour que les Etats puissent accéder à des ressources multilatérales, telles que celles de la Banque Mondiale. Mais il y a une condition à cet accès: que le budget de l'Etat bénéficiaire ait réussi à équilibrer son budget ordinaire. Autre incitatif, le Président Cardoso a promis l'aide de l'Union pour installer des caisses de retraite chez les Etat fédérés.
Les six Etats d'opposition ont qualifié leur réunion avec le Président de l'Union, de rencontre positive. Ce qui donne de bonnes chances au redressement en profondeur du Brésil.


Transparence: Autre lieu, autres moeurs


Le Brésil a rendu totalement transparentes les opérations de redressement entreprises depuis la mi-novembre. C'était déjà un pays où toute mission du FMI donnait lieu à conférence de presse. Mais Brasilia est allé plus loin cette fois-ci. La transparence sur le programme de redressement signé le 13 novembre a sans doute rendu les opérations et les résultats plus rapides. Ainsi le programme, dans sa version intégrale, est-il accessible à qui veut le lire sur le Net, logé dans le site du FMI (imf. Org). Ce sont là des pratiques totalement inconnues de ce côté-ci de l'Atlantique.

Nadia SALAH

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