×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

International

Le «pauvre« qui fait hurler l'Allemagne

Par L'Economiste | Edition N°:1593 Le 03/09/2003 | Partager

. Rolf se dore au soleil de Floride grâce à… l'aide sociale!. Le chancelier lui-même a dû intervenir dans ce «scandale«. En fait, Rolf profite d'une vieille loi que personne n'a abolieRolf J. «survit« grâce à l'aide sociale allemande depuis de nombreuses années. Son cas à profondément touché l'opinion publique, au point que le chancelier a dû intervenir en personne à la télévision pour expliquer ce cas tout à fait hors norme. En effet, Rolf vit dans une villa en Floride, aux Etats-Unis et la Caisse d'aide sociale allemande lui verse ponctuellement 1.425 euros par mois (15.000 DH environ), plus le loyer et de quoi payer ses impôts. Son cas a été révélé au beau milieu de négociations pour rendre ce système plus équitable et économe. Son train de vie en Floride grâce à l'argent de l'aide sociale allemande, alimente le débat sur la réforme de la santé en Allemagne.Le journal Bild en a fait tout un platLe chancelier Gerhard Schröder est monté au créneau devant ce «scandale«. Il a vivement fustigé cet exemple «vraiment déplorable« d'abus de la couverture sociale allemande, estimant qu'une telle attitude ruinait la solidarité nécessaire entre les citoyens, dans une période de réformes.Rolf J. est un ancien banquier de 64 ans. Son cas ne doit pas être généralisé, mais le journal Bild n'a pas hésité une seconde à le généraliser; au contraire car le thème allait bien avec les préoccupations du moment en Allemagne. Rolf profite d'une loi allemande adoptée après la Deuxième Guerre mondiale: ce texte prévoyait que les personnes persécutées par les nazis n'avaient pas à revenir en Allemagne pour pouvoir percevoir l'aide sociale à laquelle ils avaient droit. Après son divorce, «Rolf de Floride« s'est «exilé« à Miami en 1983. Après y avoir perdu son emploi des suites d'une maladie du pancréas, il a vécu de ses économies avant de se tourner vers les services sociaux allemands. Avec succès. Un rapport psychiatrique a établi qu'il risquait une dépression s'il devait s'établir à nouveau en Allemagne, lui recommandant du coup de rester en Floride. Dans un premier temps, les services sociaux allemands avaient refusé de prendre en charge un loyer de plus de 600 euros, mais l'homme a obtenu gain de cause devant la Justice. La Cour administrative d'appel de Basse-Saxe a toutefois exigé qu'il trouve un pied-à-terre moins cher que l'appartement avec vue sur mer qu'il loue pour 779 euros par mois.Le quotidien populaire Bild est allé l'interroger et le photographier dans son logement au bord de la côte-est des Etats-Unis, suscitant une avalanche de réactions scandalisées, alors que le gouvernement venait d'annoncer des coupes sombres dans les remboursements de soins des assurés sociaux.Outre Rolf J., un peu moins de 1.000 Allemands vivant dans quelque 80 pays bénéficient de l'aide sociale allemande grâce à cette loi qui a toutefois été révisée en 1995, en vue de réduire le nombre de bénéficiaires.. En fait, les abus sont raresIls coûtent chaque année à l'Etat allemand environ 4,3 millions d'euros (44 millions de DH) une goutte d'eau comparé aux dépenses d'aides sociales ayant atteint l'an passé 21 milliards d'euros (220 milliards de DH). Il n'empêche qu'après la révélation du cas Rolf J., la ministre allemande de la Santé, Ulla Schmidt, a annoncé que ses services examineraient l'utilité de cette loi, alors que l'Allemagne cherche à réduire drastiquement ses dépenses de santé. De leur côté, les communes allemandes ont renforcé le nombre de contrôleurs chargés de détecter les abus des bénéficiaires de l'aide sociale.L'erreur est à détecter dans le mécanisme de protection sociale, explique Berthold Loeffler, professeur de droit administratif à l'université de Ravernsburg-Weingarten: «Si l'aide sociale était forfaitaire, chacun devrait apprendre à vivre avec ce qu'il a«. Mais le système est très complexe. Les contrôleurs sont contraints de vérifier si les demandes d'aides en vue de l'achat d'un nouveau canapé, d'une machine à laver ou d'une voiture sont justifiées... Le système, prenant en compte de nombreux critères, crée d'importants écarts, ajoute le professeur. Ainsi, 10% des bénéficiaires de l'aide sociale, qui ont par exemple recours au travail au noir et vivent avec un partenaire ayant un bon salaire, ont un niveau de vie élevé, dit-il.A l'inverse, les 10% les moins biens lotis sont souvent des gens qui n'osent pas s'adresser aux services compétents ou ne peuvent faire les démarches en raison d'une maladie.Cependant, la grande majorité des bénéficiaires vit dans une situation proche de la pauvreté.(Avec AFP)

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc