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International

Le 11 septembre, deux ans après
Un ennemi bien trop commode

Par L'Economiste | Edition N°:1599 Le 11/09/2003 | Partager

Aymeric Chauprade analyse les lignes de forces dans les relations internationales. Pour lui, les attentats du 11 septembre ont considérablement accéléré les opérations américaines dans leur compétition avec la future hyperpuissance mondiale, la Chine. Dans cette course, Washington se sert d'un «ennemi officiel» et très commode, les Islamistes, après les avoir soutenus.. L'Economiste: Qu'est-ce que le 11 septembre a changé dans le monde?- Aymeric Chauprade: A mon sens, ces attentats n'ont servi que de déclencheur et de catalyseur à la réforme de la politique américaine. Tout ce qui a changé, l'hyperpuissance américaine, la compétition avec la Chine, l'islamisme… tout cela était déjà présent dans la géopolitique mondiale. Le 11 septembre a accéléré tout cela, mais ne l'a pas créé. Quand l'empire soviétique disparaît, quand la guerre froide cesse de régir les relations mondiales, il y avait déjà une nouvelle vision stratégique américaine. Cette vision se cherchait un ennemi, et il était déjà trouvé: les premiers attentats islamistes avaient commencé dès 1992. Ce n'est pas un hasard si à ce moment les intellectuels américains produisent des analyses telles que le Choc des Civilisations et que cette vision du monde s'installe avec autant de facilité comme une référence. . Mais on sait bien que les Etats-Unis ont soutenu ces formations extrémistes, en Afghanistan mais aussi dans tous les pays musulmans, même au Maroc tout au long des années 90!- Ce n'est pas incompatible. Avec la fin de la guerre froide, on est sorti de la logique des blocs et on a vu monter, tout au long des années 90, la vision stratégique américaine selon laquelle la compétition va se dérouler, vers les années 2020/2040, directement avec la Chine. Celle-ci a tout pour elle, sauf le pétrole. La course s'engage donc pour le contrôle des zones et des routes pétrolières d'Asie centrale, du Moyen-Orient et de la Méditerranée, ce qui n'est pas indifférent pour les positions marocaines. Le 11 septembre permet de désigner, avec une assez grande légitimité, le nouvel ennemi. Grâce à la lutte contre ce nouvel ennemi, il devient possible de prendre le contrôle de ces zones, en Afghanistan et tout autour en Asie centrale, puis maintenant au Moyen-Orient, en Irak.. Peut-on dire que, quelque part, le 11 septembre est une opération montée par les Etats-Unis?- Non, ce serait faux, mais il a été bien commode. Il a autorisé des opérations qui, sans cela, auraient été très difficiles à réaliser, à justifier, et qui, en tout cas, en auraient été considérablement retardées. L'islamisme est un ennemi très commode: il retarde l'émergence des pays musulmans, il crée des difficultés sur le flanc sud de l'Europe tout en l'entraînant à accepter la domination américaine, il justifie des prises de contrôle de zones… C'est un ennemi mais ce n'est pas l'islamisme le vrai compétiteur, il est juste l'instrument qui permet de lancer la compétition de puissance avec la Chine. Propos recueillis par Mouna KABLY

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