×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    L'avenir du textile est dans l'automatisation

    Par L'Economiste | Edition N°:271 Le 13/03/1997 | Partager

    La compétitivité du textile tient pour une grande part à la faiblesse des coûts de main-d'oeuvre. Elle intéresse les donneurs d'ordre et les investisseurs européens poussés à la délocalisation par les salaires élevés dans leurs pays. Aujourd'hui, grâce à l'automatisation, quelques-uns décident de revenir sur le vieux continent.


    En 1990, la sous-traitance dans l'habillement représentait un marché de 900 millions de Dirhams, soit 13,6% des exportations de la branche et 10,9% de celles du secteur. En 1995, elle a été multipliée par cinq avec 4,7 milliards de Dirhams. Elle a réalisé à elle seule 41,2% des exportations de la branche habillement et 37% de celles du secteur textile. L'évolution s'est poursuivie en 1996 où, pour les neuf premiers mois, la sous-traitance a augmenté son chiffre d'affaires à l'export (3,5 milliards de Dirhams) de 4%.
    Cette situation est actuellement remise en cause avec la libéralisation des échanges qui rend l'ancien accord multifibres caduc. Le secteur textile marocain peut néanmoins profiter de l'assistance européenne pour sa mise à niveau dont l'objectif est de sauvegarder, sinon améliorer sa compétitivité.
    Mais l'Europe est confrontée elle-même à une situation économique délicate caractérisée par des taux de chômage parmi les plus élevés. En France, qui constitue le débouché de plus de 60% des produits textiles marocains, le taux de chômage a dépassé les 13%. Aussi tout effort qui contribue à créer des emplois supplémentaires est-il le bienvenu. Les municipalités déploient de grands efforts pour intéresser les investisseurs. Le cas de la municipalité de Lille est éloquent. En apprenant qu'un industriel belge, qui réalise 80% de sa production en Inde, souhaite s'installer en France, elle s'est précipitée pour lui proposer de s'installer dans la zone franche de Roubaix. Pour le convaincre, elle a accompagné son invitation de plusieurs avantages. «Je ne vais pas vous nier que la liste des avantages proposés a achevé de me convaincre», a-t-il reconnu sur les colonnes du quotidien français Libération du jeudi 20 février.

    Mais ces avantages n'auraient pu décider Francis Leclaire, PDG de Texim et de Modibel, s'il n'avait pu compter sur l'automatisation.
    Le coût de la main-d'oeuvre n'excède pas 15 Francs par ouvrier et par jour en Inde. Pourtant, l'industriel n'hésite pas à prétendre qu'il est possible maintenant d'être plus compétitif en France qu'en Inde. D'abord, pour lui, il n'y a pas de miracle,«ce que je gagne en Inde grâce à une main-d'oeuvre bon marché, je le perds ailleurs», assure-t-il à Libération. De plus, précise-t-il, en Asie, l'outil de travail n'est pas toujours des plus performants et la productivité des ouvrières n'est pas non plus la même. «Un certain nombre de tâches se font à la main et la qualité n'est pas toujours au rendez-vous». Tout cela engendre pour le PDG belge «un taux de perte relativement élevé».

    A la seconde près


    Autant de raisons de chercher à rapatrier la production en Europe. A ajouter à cela les taxes qui surenchérissent de 25 à 50% le prix d'un article provenant d'Asie, et «aussi tous les problèmes engendrés par le fait d'avoir un site de production à plusieurs milliers de kilomètres: transport aléatoire, délais de réponse à une commande automatiquement plus longs...». Qu'est-ce qui donne autant d'assurance à l'entrepreneur belge? «Ma solution, c'est l'automatisation à outrance ... les calculs que j'ai effectués m'ont démontré que je peux être plus compétitif en France qu'en Inde». C'est par ce procédé, assure-t-il, que l'Europe pourra réduire le temps nécessaire à la production d'un tee-shirt à deux minutes, au lieu de sept minutes en Inde actuellement.

    C'est l'expérience qui donne du poids aux paroles de cet homme. A la recherche de gains de productivité, il a d'abord décomposé tout le cycle de production d'un tee-shirt, étape par étape. Ensuite, il a entrepris de grignoter sur chaque étape les précieuses secondes qui, mises ensemble, augmenteraient la compétitivité de l'ensemble de la production. Avec les nouvelles installations de découpe qu'il a acquises aux Etats-Unis et en Allemagne, le pourcentage de perte sur un panneau de découpe d'un tee-shirt est passé de 40 à 20%.
    Le secteur du textile doit donc faire face à deux types de concurrences. Dans le court terme, face à l'Asie, la bataille se fait par les coûts de la main-d'oeuvre notamment. Mais à long terme les trouvailles du PDG de Texim et Modibel tendent à transférer la compétition sur le terrain technologique où les bas salaires ne seront pas nécessairement le meilleur argument. La concurrence viendra alors de l'Europe elle-même.

    Hakim ARIF

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc