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    L'art par le fer et le feu

    Par L'Economiste | Edition N°:30 Le 21/05/1992 | Partager

    Le rideau est tombé, le 9 Mai dernier, sur le premier atelier de sculpture du métal par soudure, organisé conjointement par la Société Marocaine d'Oxygène et d'Acetylène (SMOA), l'Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail (OFPPT) et le Centre Culturel Français (Cf. L'Economiste du 30 Avril). Cet atelier visait l'union entre l'industrie, la formation professionnelle et l'art en vue de promouvoir les activités de sculpture en métal au Maroc. Ainsi, a l'issue de 3 semaines de stage dans les locaux du Centre de Qualification Professionnelle d'El Hank, stagiaires, encadreurs , organisateurs et leurs invités se sont trouvés réunis pour le cocktail (dînatoire) de clôture, sous une tente caidale dressée pour la circonstance.

    Et à l'heure des discours, entre Pastilla et Bouchées à la crème, une émotion partagée. Ainsi pour Driss Benhima, Administrateur Délégué de la SMOA, pour M. Lakhlidi, Directeur du centre d'El Hank et pour Bernard Shnerb, Directeur du Centre Culturel Français, une évidence: "Il s'est passé quelque chose !" mais aussi, au terme de cette aventure de fer et de feu, une immense satisfaction: non seulement aucun accident n'est venu assombrir le cours de ces trois semaines de stage, mais surtout la cinquantaine d'oeuvres, sculptures et assemblages réalisées par les 28 participants sont là pour confirmer la réussite de l'expérience.

    Soumettre le métal

    Pari gagné donc: après une première semaine d'initiation aux principes de base de la soudure, au chalumeau et à l'arc, suivis d'exercices pratiques en atelier, voici nos apprentis-soudeurs livrés à eux-mêmes, capables de régler le débit d'un chalumeau pour un brasage à l'étain, de découper une tôle ou de pointer à l'arc... Qui sont-ils, ces apprentis téméraires? En majorité, des étudiants aux beaux arts et des professeurs d'arts plastiques mais aussi, des artistes confirmés, des plasticiens autodidactes, sans compter ceux qui, venus en observateurs, n'ont pas tardé à enfiler la blouse, les gants de cuir et les lunettes de protection, emportés par l'élan général. Pour tous, le même défi: parvenir à maîtriser ces techniques rudes, contraignantes et soumettre le métal à leur volonté de créer en trois dimensions, de donner forme.

    Bien sûr, tout cela s'effectue sous la supervision technique des formateurs du centre, assistés pour la partie théorique, d'un maître soudeur de la SMOA. On sent tout de même, derrière l'efficacité souriante et la pédagogie décontractée, une vigilance accrue. Il faut noter également l'installation d'une dizaine de postes chalumeau flambant neufs (offerts par la SMOA) prévus pour garantir une sécurité maximum: les bouteilles d'oxygène mais surtout d'acetylène se trouvent à l'extérieur de l'atelier, réduisant ainsi au minimum les risques de fausses manipulations. D'ailleurs, excepté quelques brûlures sans gravité et l'éclatement d'un tuyau en cours de cintrage (plus de peur que de mal!), tout se déroule au mieux.

    Et pendant ce temps, les travaux s'accumulent sur les deux établis , trônant au centre de l'atelier: cela va de simples assemblages, réalisés à l'aide de pièces de métal de rebut puisées dans la décharge du centre, jusqu'à des oeuvres plus conséquentes, d'inspiration nettement moins ludique. Quoi qu'il en soit, après dix jours, chacun a pris ses marques, affirmé son style. Certains projets sont déjà entamés, tandis que d'autres préfèrent créer en se laissant porter par l'inspiration.

    Création

    De leur côté, les deux sculpteurs professionnels chargés de l'encadrement artistique, Manfredi Quartana et Alain Roussel, se sont eux aussi laissés gagner par la fièvre collective. Entre deux conseils ou remarques à l'attention des stagiaires, ils s'affairent eux aussi, et presque plus rien ne permet de distinguer les maîtres des élèves. Il se trouvera quand même quelques stagiaires pour s'en plaindre, tant il est vrai qu'on ne peut être à la fois au four et au moulin...

    Ceci étant, comment reprocher à des créateurs de céder à la création, d'autant que tous les moyens étaient mis à la disposition des participants, y compris un équipement de coupage plasma, dernier né de la technologie la plus avancée en la matière. Imaginez une sorte de pistolet relié par câble à une centrale fonctionnant selon le principe de la soudure à l'arc et fournissant, dans un jet d'air comprimé, une énergie capable de découper une plaque d'acier de plus de 2cm d'épaisseur, le tout presque aussi maniable qu'un stylo. Difficile après cela, de se réhabituer à la lame de cutter pour tailler le carton, ou le contreplaqué. En fait l'ivresse du métal existe, les stagiaires de l'atelier Art Industrie l'ont rencontrée, y ont goûté.

    Mais que tous ceux qui se sont laissés gagner par la passion de la sculpture sur métal se rassurent: on ne saurait exiger d'eux que faute d'une infrastructure adéquate, il se résignent à refermer cette parenthèse en se disant qu'après tout... D'ailleurs, M. Benhima l'a promis: il y aura un suivi ! Un autre stage l'année prochaine ?
    En attendant, le public casablancais est invité à découvrir le fruit de ces trois semaines de création sur métal: à partir du 25 Mai, l'ensemble de ces oeuvres sera exposé dans l'Artibule du Centre Culturel Français.

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