×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

L'aide, un instrument à part entière
Par Mourad H. Elmili, consultant international

Par L'Economiste | Edition N°:2337 Le 09/08/2006 | Partager

En 2005, le Maroc était en 124e position dans la liste des pays classés par le Pnud selon leur Indice de développement humain (IDH). Cet indice, exprimé sous forme de note sur “1’’, est calculé à partir d’une formule utilisant, entre autres, les éléments l’espérance de vie à la naissance, le taux d’alphabétisation des adultes, le taux brut de scolarisation combiné (du primaire au supérieur) et le PIB par habitant. Notre IDH est actuellement de 0,642, alors que l’indice moyen des 173 pays étudiés par le Pnud est de 0,448. L’IDH le plus élevé du monde est celui de la Norvège (0,969) et le plus bas est celui de la Sierra Leone (0,275). Est considéré comme pays à développement humain élevé celui dont l’IDH est supérieur à 0,8. . Une grosse machineComment réduire ce gouffre de différence et empêcher ses déplorables issues? Plusieurs textes fondateurs ont tout d’abord défini les droits fondamentaux attachés à la dignité de la personne humaine: - déclaration universelle des droits de l’homme et ses deux pactes de 1966 sur les droits civils et politiques et sur les droits économiques, sociaux et culturels, - différentes conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) portant notamment sur l’accès au travail décent, - rapport du sommet mondial du développement durable de 2002 à Johannesburg ...Au plan international, le contexte de l’aide aux pays en développement est en pleine évolution: recherche d’une meilleure efficacité de l’aide, place accrue accordée aux aides programme et budgétaires, réduction de la volatilité de l’aide, renforcement de la coordination entre les bailleurs, rôle nouveau des fonds multilatéraux spécialisés, qui imposent de nouvelles approches etc. C’est ainsi que l’Aide publique au développement (APD) est devenue une énorme machine: son chiffre d’affaires global annuel dépasse les 100 milliards de dollars alors qu’environ 500.000 personnes y travaillent directement ou indirectement. De cette manne, le Maroc reçoit chaque année l’équivalent de quelque 650 millions de dollars. . Troublante équivalenceLes sommes “reçues’’ au titre de la coopération ou plus exactement de l’Aide publique au développement équivalant –troublant hasard - à l’ensemble des investissements annuels marocains à l’étranger.Mais la grande différence entre les deux trentaines est qu’alors que durant la première, les pays en développement souffraient d’un manque de ressources humaines, durant la seconde, on constate le phénomène inverse: la pléthore, la désorientation et parfois la débandade de ces ressources. A l’heure actuelle, la coopération internationale apparaît comme un moyen efficace et souvent incontournable de contribuer au développement de ces pays.Ceci n’empêche qu’elle offre souvent une détestable image de “marché de dupes’’, d’alibis à d’impressionnants gâchis, de “grosses machines’’ totalement inefficaces ou de prétextes à pire. En réalité, le volume de la coopération n’est certainement pas suffisant et n’a rien à voir avec l’altruisme ou la générosité. Il est toujours étroitement lié à la politique étrangère des bailleurs de fonds pour lesquels il est un outil parmi d’autres. Mais peut-on les en blâmer ?Il appartient bien évidemment aux récipiendaires de cette aide, de l’appréhender comme un service qu’ils paient et pour lequel ils doivent rendre compte et demander des comptes. Ils doivent également la gérer non pas, au mieux, comme une “petite rallonge budgétaire’’, mais comme un instrument de développement à part entière, libre de toute connotation caritative, assujetti à discussion, contrôle et redressement. . Un jeu pas comme les autres, le jeu du TaoLe jeu du Tao, issu de la sagesse orientale et plusieurs fois millénaire, est pratiqué sous une forme ou sous une autre, dans toutes les grandes civilisations. La version modernisée s’inspire d’ailleurs des spiritualités majeures de notre monde et connaît un succès planétaire dans les milieux de la pensée et de la décision. Le principe est de jouer, non pas contre les autres joueurs, mais avec eux! C’est un art du dialogue, une discipline de l’échange: il est basé sur le questionnement, l’écoute, la bienveillance, la synergie et la synchronisation. - Comment entrer dans une relation d’aide mutuelle? - Comment vivre mieux en levant les obstacles qui empêchent notre accomplissement ? C’est donc un jeu «gagnant - gagnant» qui permet de révéler les qualités dont on dispose pour servir autrui. Le jeu du Tao est un modèle de coopération parfaite.


Trente glorieuses, trente piteuses

La coopération économique internationale, dans son acception moderne, est née le 5 juin 1947, à l’Université de Harvard, lorsque Georges Marshall, Secrétaire d’Etat américain d’alors, présenta son célèbre plan qui consistait à apporter une aide économique importante à tous les pays européens affaiblis par la Seconde Guerre mondiale. Discours génialement simple, pragmatique et plein de bon sens dont on détachera les trois phrases pivots suivantes:- “Il est logique que les Etats-Unis fassent tout ce qu’ils peuvent pour aider à rétablir la santé économique du monde, sans laquelle la stabilité politique et la paix assurée sont impossibles”…-“Cette aide ne doit pas être accordée chichement, chaque fois que surviennent les crises. Toute aide que ce gouvernement pourra apporter à l’avenir devrait être un remède plutôt qu’un simple palliatif”- ‘‘Il ne serait ni bon ni utile que ce gouvernement entreprenne d’établir de son côté un programme destiné à remettre l’économie de l’Europe sur pied. C’est là l’affaire des Européens. L’initiative, à mon avis, doit venir de l’Europe». Ce fut le premier “deal’’ gagnant - gagnant de l’histoire de la coopération économique internationale : -Les Etats Unis réalisaient un important bénéfice politique en damant le pion à l’URSS qui n’accepta évidemment pas d’être intégrée dans le Plan et créa un contre plan destiné à ses satellites: le Comecon (ou Caem).-Les Etats-Unis planifièrent - pour ainsi dire - pour des générations l’économie européenne en en faisant une rente américaine par la création d’un marché captif pour ses produits et pour ses capitaux.-L’Europe disposa immédiatement du moyen nécessaire à sa reconstruction, sous l’aile protectrice de la nation la plus développée, la plus puissante et la plus riche du monde. S’ensuivirent “trente glorieuses’’ années de croissance qui propulsèrent l’Allemagne, le Japon et bien d’autres pays anéantis ou mis à mal par la guerre, au firmament de la réussite économique : le plein emploi, le progrès technologique et le progrès social en furent les conséquences. Ce fut une période extrêmement brillante; celle où, précisément, des pays comme le nôtre, ivres de liberté retrouvée, tâtonnaient à la recherche de la formule magique du même développement sous l’œil expert des pays qui formèrent l’OECE puis l’OCDE, organisations auxquelles les conditions d’admission étaient une politique démocratique et une économie de marché. Les 30 glorieuses constituèrent l’âge d’or de la coopération internationale avec tout son paternalisme, ses certitudes et aussi ses arrogances.Le choc pétrolier de 1973 mit un point final à cette ère de prospérité assurée et en ouvrit une nouvelle que l’on qualifie çà et là, de “trente piteuses’’, de “déclin’’ ou d’autres amabilités. Il s’agit en fait de l’autre versant naturel de l’ascension, une pente inévitable qui fit se disloquer le système précédent dans les eaux grondantes et inconnues de la mondialisation. La coopération internationale y trouva une légitimation supplémentaire : il s’agissait maintenant d’appuyer les pays en développement à ouvrir complètement leurs marchés contre un accompagnement au passage des barrières douanières, sanitaires, normatives et sécuritaires.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc