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L'aide à l'Irak à la conférence de Madrid: Comment dépenser l'argent réuni?
Par Francis GHILES

Par L'Economiste | Edition N°:1633 Le 29/10/2003 | Partager

La conférence qui a réuni, la semaine dernière, dans la capitale espagnole, tous ceux (Etats, organisations internationales et non gouvernementales, compagnies privées, etc.) qui s'intéressent à la reconstruction de l'Irak, est considérée par ses organisateurs comme un succès. Au premier rang de ces organisateurs, il faut naturellement placer les Etats-Unis. Il est juste de dire que c'est un succès.. Baisse de l'acrimonieEn effet, la communauté internationale a pu réunir 33 milliards de dollars pour la reconstruction du pays d'ici 2007, dont 20 milliards avaient déjà été promis par les Etats-Unis avant la réunion et qui n'attendent que l'accord du Congrès américain. C'est un succès à plus d'un titre.Tout d'abord parce que le message envoyé aux Irakiens et à l'opinion internationale est que l'acrimonie ayant marqué les relations entre les nations, notamment entre les Européens et entre certains grands leaders européens et le président américain George W. Bush, s'est atténuée. Des désaccords, certes, persistent encore sur la question de savoir s'il fallait ou non renverser Saddam Hussein et sur le rôle, pour l'heure encore très réduit, que devraient jouer les Nations unies dans le gouvernement de transition de l'Irak. Il n'en reste pas moins que tous s'accordent à dire qu'il faut travailler ensemble pour reconstruire ce pays. Un échec serait trop lourd de conséquences dans une région déjà en proie à bien des conflits tragiques. La conférence influencera-t-elle l'opinion publique européenne qui demeure, notamment en Espagne, violemment opposée à la politique américaine? Il est trop tôt pour le dire. Au-delà des chiffres (et j'y reviendrais), la communauté internationale doit faire face à deux défis majeurs. Elle doit d'une part, traduire en projets concrets les sommes offertes, quelle que soit leur forme (prêts de la Banque Mondiale, réduction de dettes bilatérales, investissements privés, etc.). Ces projets doivent être mis en oeuvre par des Irakiens capables de les mener à bien; ce qui suppose des ministères et des institutions à Bagdad qui fonctionnent. Ceci, bien évidemment, dépend de la sécurité régnant dans le pays et particulièrement dans la capitale. D'autre part, il faudra que cette aide, que ces programmes de reconstruction soient perçus par la population irakienne comme efficaces, c'est-à-dire que des milliers d'Irakiens puissent en tirer un bénéfice rapide et tangible pour eux-mêmes, sous forme de salaires ou autres.. La sécurité, encore la sécurité!La sécurité reste ici le noeud gordien de la question. Malgré la présence à Madrid de 330 compagnies privées venues de 47 pays, les absents étaient nombreux. Combien de privés autres que de grandes compagnies américaines bénéficiant des faveurs de Washington s'aventureront-ils dans un pays que les Nations unies ont quitté, où la Banque Mondiale opère par le truchement d'agents locaux, où nombre d'ONG refusent de mettre les pieds et où le secrétaire adjoint à la Défense américain a échappé de justesse à un assassinat lors d'une rapide visite? Et une zone où le HCR, neutre s'il en est, après avoir été victime d'un terrible attentat, lundi dernier, se demande aujourd'hui si elle va rester sur place, et sous quelle forme.Il est trop tôt pour prévoir ce que nous réserve le futur proche. Ce qui est sûr, c'est qu'une détérioration continue de la situation sécuritaire dans les mois à venir videra petit à petit la conférence de Madrid de son contenu pour la très simple raison qu'il sera impossible de dépenser l'argent réuni.Les montants d'aide n'ont souvent pas été à la hauteur des espoirs des Iraquiens qui ont ouvertement montré leur dépit. La France et l'Allemagne sont restées fidèles à leur posture diplomatique de ne guère offrir d'aides supplémentaires tant que les Etats-Unis exerceront un contrôle effectif sur la transition. Le Canada et la Chine, opposés eux aussi à la guerre, ont fait un geste; le Japon est allé plus loin bien que les 3 milliards de dollars offerts en plus le soient sous forme de prêts et non de dons. L'Union européenne a donné 1,5 milliard de dollars.Les voisins de l'Irak dans le Golfe ont fait un effort supplémentaire: 500 millions de dollars pour le Koweït, 215 millions pour les Emirats arabes unis, l'Arabie saoudite 1 milliard de dollars. Ces chiffrent incluent des crédits exports et des prêts, guère de dons, ce qui souligne la force des intérêts marchands réunis à Madrid. L'Iran a proposé de fournir gaz et électricité. . La dette reste dans l'ombreTout cela reste néanmoins bien modeste. Le problème de la dette irakienne -134 milliards de dollars- n'a pas été effleuré. La France, l'Allemagne, le Koweït au titre des réparations pour l'occupation de son pays en 1990-91, la Russie, sont ici aux premières loges. Ces pays effaceront-ils pour partie leur dette bilatérale pour aider à la reconstruction du pays? nul ne saurait le dire.La conférence a sans doute été un succès diplomatique pour l'Espagne même si ses compagnies les plus importantes ne semblent pas devoir en retirer un grand bénéfice: Repsol est repartie déçue. Coordonner des fonds gérés par tant d'institutions (Banque Mondiale, Etats-Unis et Nations unies entre autres) ne sera guère chose aisée. Un rôle plus grand pour les Nations unies tel que l'auraient souhaité la France et l'Allemagne, une transition plus rapide vers une gestion proprement irakienne de l'Irak auraient aidé à assurer un appui international plus important.Mais au vue des insultes entendues l'hiver dernier, c'était sans doute trop espérer.

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