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Politique

Lahjouji: La deuxième chambre est décourageante

Par L'Economiste | Edition N°:2360 Le 13/09/2006 | Partager

. Le paysage politique s’est comporté comme un accordéon. Le Conseil économique et social sera plus productif que la deuxième chambreComme beaucoup de dirigeants politiques aujourd’hui, Abderrahim Lahjouji appelle à la suppression de la deuxième chambre. Il milite pour l’activation du Conseil économique et social. Son argument: «Le pays a beaucoup plus besoin d’un forum de débat qui pourrait nous inciter à penser à des réformes efficientes». Lahjouji nous parle également de son alliance avec le PJD et ses positions futures.. L’Economiste: Vous n’avez présenté que deux candidats aux élections du tiers de la Chambre des conseillers. Pourquoi? - Abderrahim Lahjouji: L’expérience de la deuxième chambre est décourageante. Nous n’avons pas la culture de la manipulation des voix. Nous la dénonçons et nous la combattons. Nous opérons proprement et avons limité nos candidatures à deux, à des gens qui ont tenu à se battre contre les pratiques indécentes de certains acteurs qui, paradoxalement, ont la charge et le devoir d’encadrer le citoyen et de l’éduquer.. N’est-ce pas plutôt un manque de candidats et donc un aveu d’échec pour votre parti qui n’aurait pas réussi son ancrage régional?- C’est un aveu d’échec vis-à-vis de la situation qui prévaut dans la deuxième chambre. Je n’ai aucun mal à l’avouer. Je vous dis que je suis incapable de me battre contre des corrupteurs. Ce n’est pas mon champ. Nous avons préféré donner la chance aux candidats qui ont voulu et tenu à se battre avec leurs propres armes, sans recourir à l’argent. . Les voix se multiplient pour appeler à la suppression pure et simple de la deuxième chambre. Partagez-vous cet avis ? - Dès la naissance de notre parti, nous avions émis le vœu de voir disparaître cette chambre et de lui substituer le Conseil économique et social. Il sera, à mon avis, beaucoup plus productif pour le Maroc qui cherche à s’intégrer dans l’économie internationale. Le pays a plus besoin d’un forum de débat qui pourrait nous inciter à penser à des réformes efficientes.. La deuxième chambre, de par sa composition, n’est-elle pas censée jouer ce rôle?- Pas avec le profil des personnes qui y siègent aujourd’hui. . Ce sont pourtant des profils issus de différents milieux socioéconomiques et politiques. La CGEM que vous présidiez s’était d’ailleurs battue pour y être représentée…- Dans le temps, il était question d’une approche beaucoup plus originale, qui n’a pas trouvé écho au niveau du législateur. Nous avons vu lors des campagnes électorales que le profil des gens qui se sont intéressés à cette chambre était décourageant. Je dis sincèrement qu’il faut arrêter les frais. Il faut réfléchir sérieusement au sujet de la création du Conseil économique et social qui sera certainement productif, étant donné les relations qu’il aura avec les différents collèges. Il y a un dosage qui fait que l’ensemble des sensibilités y est représenté pour pouvoir mettre en chantier un débat conforme aux exigences du temps. Il sera obligé d’accompagner l’évolution économique et sociale. Il sera obligé de produire des textes. Ce sera réellement un chantier permanent de production d’idées et de textes.. Qu’est-ce qui vous fait penser que le Conseil économique et social donnera de meilleurs résultats que la deuxième chambre? - Les membres du Conseil viendront des collèges qui vont désigner des opérateurs à même de représenter les meilleurs managers. Que ce soit au niveau économique ou syndical, ils auront un profil plus performant, plus conforme aux exigences et aux réalités. Ils devront, par ailleurs, rendre des comptes à leurs collèges. Aujourd’hui, à qui les membres de la Chambre des conseillers doivent rendre compte? Aux partis politiques? Aux citoyens? Ils ne les connaissent même pas. Je n’ai pas encore vu un parlementaire ouvrir un bureau pour rendre compte à ses électeurs. S’ils avaient consacré, sur les 35.000 DH qu’ils perçoivent, 10.000 DH pour faire installer un bureau et maintenir un contact permanent avec les électeurs, ça aurait été bien. Malheureusement, nous n’avons pas un comportement démocratique et éthique. C’est pour cela qu’il y a des malaises et que l’on voit aujourd’hui un certain dévoiement et des dérapages de députés. Où sont l’éthique et l’engagement qu’un élu a pris vis-à-vis de ceux qui l’ont choisi, lorsqu’il démissionne d’une chambre pour aller se représenter dans une autre? Comment les partis peuvent-ils lui permettre un tel comportement? Le paysage politique s’est comporté comme un accordéon. On voyait, au fil des jours, des partis qui avaient 42 députés et qui passent à 40, puis à 37. Le mouvement se faisant dans le sens inverse pour d’autres…Le citoyen mérite qu’on le respecte, qu’on soit fidèle à la confiance dont il investit les députés. . «Forces citoyennes» est arrivé sur la scène en 2001 avec un projet libéral, plein d’ambitions, mais on a l’impression que la sauce n’a pas pris. Vos scores aux élections ont été des plus faibles. Pourquoi? - Nous avons prôné un libéralisme solidaire que nous avons développé dans une vision large et cohérente tant sur le plan politique, qu’économique et social. Nous avons voulu qu’il soit conforme aux impératifs du temps et qu’il ne soit pas uniquement empreint d’une idéologie marchande. Je me félicite et je suis heureux de constater que tout ce que nous avons dit et écrit se vérifie aujourd’hui et qu’il soit conforme à ce que fait le gouvernement marocain.. Mais cela ne fait pas adhérer les foules? - Malheureusement, les élections ont tranché, la culture de l’opportunisme a fait le jeu, les partis politiques n’ont pas tous été propres et honnêtes, beaucoup ont laissé l’argent circuler dans leurs rangs alors que nous l’avons interdit. Personnellement, j’aurais pu me présenter dans un quartier où j’avais plus de 1.000 ouvriers, je ne l’ai pas fait par respect à ces gens. Nous avons voulu faire de la politique propre. Nous avons constaté que les concurrents n’étaient pas tous animés par les mêmes sentiments. C’est un apprentissage. Je suis déçu, je ne le cache pas. Je suis déçu pour moi et pour le citoyen marocain. Il aurait pu prétendre à un paysage politique conforme à sa propre volonté. J’aurais été heureux de voir que l’électeur ne fait pas l’objet d’un marchandage. . Avez-vous des ambitions personnelles aujourd’hui? - J’ai l’ambition de servir mon pays. C’est ce que je fais en travaillant dans l’entreprise.. Cela veut-il dire que vous allez changer de conduite? - Je ne vais pas changer de conduite, mais je vais tenir compte de ce qui se passe autour de moi. Si je n’ai pas de garanties, je ne me présente pas personnellement aux élections. . Quel genre de garanties? - Des garanties essentiellement liées à la moralisation de la vie politique et des campagnes électorales. Des garanties de transparence et d’équité qui créent un champ de compétition sain entre les parties où le meilleur gagne, où le citoyen exerce un arbitrage éclairé, à l’abri de toutes pressions ou servitudes. Voici la culture dans laquelle nous nous sommes engagés et dans laquelle nous voulons engager notre pays. Nous voulons que chacun, et c’est un devoir, souscrive effectivement à cette culture et s’engage à la développer.


FC-PJD, une alliance contre-nature?

L’alliance de FC, un parti libéral, avec le PJD reste pour beaucoup une énigme. Du moins, elle suscite beaucoup d’interrogations. Qu’est-ce qui a motivé ce projet? Lahjouji répond que «le rapprochement entre les deux partis est l’œuvre du temps. Il n’est pas le fruit d’une décision prise au pied levé. C’est l’aboutissement de trois ans de contacts et de réunions qui se sont déroulés dans la sérénité». On saura que l’initiative est venue du PJD. «Ils l’ont fait au moment où ils étaient décriés par des partis au gouvernement». Tout le monde aura compris la démarche du PJD, qui, de la sorte, a tenté de se rapprocher du monde économique mais reste, globalement, opposé à ses idées. Pourquoi le FC cautionne un tel projet? «Il faut traiter le PJD comme un parti qui a sa propre démarche, sa propre vision», dit-il. Cependant son propos est très vite nuancé. «Evidemment, je ne suis pas pour les extrémismes et l’orthodoxie qui caractérisent les positions de certains membres du parti et ils le savent». Propos recueillis par Khadija Ridouane

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