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    L'affaire de Jbel Aouam : Les mineurs piégés par la vente des actifs

    Par L'Economiste | Edition N°:192 Le 10/08/1995 | Partager

    Plus de deux ans aujourd'hui que l'affaire de Jbel Aouam est dans les méandres de la Justice. Les mineurs licenciés expriment leur désespoir par une grève de la faim au siège de l'UMT à Rabat et un sit in au fond des mines de Jbel Aouam et des mines de Aghram Aousar depuis le 20 juin 1995, soit plus de 40 jours. "Les mineurs fuient ainsi leur famille, car ils n'ont plus rien à leur offrir", lance amèrement un membre du Comité de la Femme Travailleuse.
    La grève de la faim a été déclenchée le 24 juillet dernier. Interrompue le 28 juillet, elle a repris depuis le lundi 7 août pour une durée illimitée. Ainsi, l'affaire de Jbel Aouam a tourné au drame et à un climat de désolation.
    Suite aux conseils des responsables du Ministère de l'Energie et des Mines, les mineurs se sont constitués en créanciers de la SMA. Par le jugement daté du 15 mai 1995, du Tribunal de Première Instance de Casablanca-Anfa, les mineurs ont eu gain de cause puisqu'il leur a été ordonné des créances privilégiées et des indemnités légales. Mais ils n'ont reçu aucune indemnité à ce jour car les actifs de la SMA ne sont pas encore vendus.

    Le problème posé par la mise en liquidation judiciaire de la SMA (Société Minière de Aouam) est qu'il n'y a pas de précédent de liquidation judiciaire dans le domaine minier d'une part et que d'autre part la mine représente la seule activité de la région.
    L'entraide, qui a trop duré, a probablement été mise en échec par la sécheresse. En effet, outre l'activité minière monopolisée par la mine de Jbel Aouam qui employait 700 personnes, la région de Mrirt vit de son agriculture. La réouverture de la mine de Jbel Aouam pouvait être considérée comme un programme de lutte contre la sécheresse, commentent des grévistes. Elle a été également d'actualité depuis la reprise des cours du plomb et de l'argent sur les marchés internationaux. En 1994, en comparaison avec 1993, le cours du plomb a grimpé de 34,6% et celui de l'argent de 22,7%.
    Concernant l'interruption de la grève de la faim le 28 juillet dernier, elle a eu lieu suite à une réunion du syndicat UMT avec le ministre des Droits de l'Homme. Dans un communiqué de l'UMT daté du 28 juillet 1995, il est indiqué que le gouvernement s'engage à
    mettre à la disposition du liquidateur avant fin septembre la somme de 49 millions de DH représentant les créances privilégiées ordonnées par le jugement du 15 mai 1995. Pour cela sera mis en vente l'immeuble du siège social de la SMA (Société Minière de Aouam) situé près du rond-point Hassan II dans le quartier Palmier à Casablanca, le stock de minerai se trouvant à Mehdia (Kénitra), ainsi que l'entreprise dénommée Forges Industrielles du Maroc.

    La différence entre le produit de ces trois ventes et la somme représentant les créances privilégiées sera versée par la Trésorerie Générale du Royaume en attendant la cession totale et définitive de la concession de la mine de Jbel Aouam au nouveau concessionnaire et ce, avant la fin septembre 1995. Après la cession de la mine, le nouveau concessionnaire devra s'engager à recruter selon ses besoins dans l'effectif passé.
    La totalité des 49 millions de DH sera attribuée à l'ensemble des travailleurs. Quant à la somme de 17 millions de DH représentant les indemnités légales, elle suivra le cours normal de la procédure de liquidation engagée.
    Les travailleurs affiliés l'UMT ont décidé la reprise de la grève de la faim, déclarant qu'ils n'ont pas retrouvé le même son de cloche au niveau des autres départements ministériels. Pour certains responsables, la reprise de la grève de la faim est jugée comme "une impatience justifiée de la part des mineurs".
    En effet, il est toujours question de l'indemnisation des mineurs sur la base du produit de la vente des actifs de la SMA précités. Par ailleurs, cette semaine est lancé un appel d'offres par le Tribunal de Première Instance de Casablanca-Anfa, ayant pour objet la cession du domaine minier de Jbel Aouam et de ses dépendances suivant l'ordonnance du juge commissaire du 26 juillet dernier.

    Laïla TRIKI

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