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Economie

Labos pharmaceutiques: Le capital enfin libéralisé

Par L'Economiste | Edition N°:2196 Le 19/01/2006 | Partager

. Une mesure pour laquelle le secteur a bataillé pendant des années . Le projet de code de la pharmacie adopté à la Chambre des représentants . Les pharmaciens d’officine pas contentsLE projet de code du médicament et de la pharmacie est débloqué. Le texte a été adopté à la majorité, mardi 17 janvier, en séance plénière à la Chambre des représentants. Quelque 117 amendements ont été apportés. Même si certaines dispositions, jugées vitales par les professionnels, n’ont pas été approuvées, au ministère de la Santé comme à la première chambre, on se félicite des avancées réalisées. “Par la traçabilité qu’il permet de mettre en place pour les médicaments, des laboratoire aux consommateurs en passant par les officines et les pharmaciens, ce texte est une révolution en matière de santé publique”, déclare Abdeljalil Bouqettassa, président de la Commission des secteurs sociaux. Cet optimisme est relativisé par le Conseil national de l’ordre des pharmaciens. Pour son président, Mohamed Laghdaf Rhaouti, l’essentiel a été escamoté. A commencer par la règle du Numerus Clausus, stipulant un minimum de 300 mètre entre les officines. “Notre souci de préserver les intérêts des professionnels et des citoyens, en garantissant une répartition géographique équitable des officines, n’a pas été retenu”, dit-il. Le ministère de la Santé a certes donné son accord de principe quant à l’application de cette mesure. Mais celui-ci est conditionné par la future mise en place de la carte sanitaire et par des études de terrains relatives notamment aux taux des pharmaciens par rapport à la population.Autre principal amendement, les pharmacies internes des cliniques ne sont plus de mise. Celles-ci n’ont plus droit qu’à une réserve en médicaments et sont tenues ou de recruter un pharmacien pour veiller au grain ou de se lier par contrat à un pharmacien dans la même commune où se trouve la clinique. Le rayon des sanctions à l’égard des pharmaciens en cas d’infraction a été élargi, mais allégé par rapport à la première mouture du texte. Ainsi, l’amende en cas de commercialisation de médicaments défectueux ou périmés par les officines est désormais comprise entre 50.000 et 100.000 DH. Les fabricants, eux, restent sujet à une amende de 1 million de DH. Si le feed-back émanant du Conseil de l’ordre est positif à cet égard, le président de la Fédération des syndicats des pharmaciens, Kamal Belhaj Soulami, affirme qu’aucune profession n’est aussi pénalisée que la pharmacie. L’un comme l’autre de ces organismes affirment cependant qu’ils n’ont pas dit leur dernier mot. Rendez-vous est pris à la Chambre des conseillers où sera transféré le projet. En attendant, et s’il y a un secteur qui salue le plus l’adoption du code, c’est bien l’industrie pharmaceutique. Et pour cause, la libéralisation du capital que stipule ce texte. “Après une longue période de mise sous le coude, nous assistons enfin au déblocage de la situation. D’autant plus que nous étions le seul pays au monde où une telle entrave existait”, déclare Omar Tazi, président de l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique (AMIP). Une telle libéralisation ne touche en rien la qualité des médicaments, assure-t-on du côté de l’association. Parallèlement à cette ouverture, le pouvoir et les responsabilités du pharmacien ont été renforcés. L’acte pharmaceutique reste à titre exclusif entre ses mains. Les avantages de cette libéralisation sont multiples. Les sociétés marocaines voulant exporter leurs médicaments peuvent faire appel aux investissements nécessaires, pour le matériel mais surtout pour la promotion. “Entrer dans un marché comme les Etats-Unis, représentant 50% du marché mondial et avec lesquels nous avons un accord de libre-échange, passe par un tel effort, désormais possible”, explique Tazi. Les fabricants étrangers installés au Maroc sont également appelés à régulariser leur situation. “Avant, l’activité de ces derniers était conditionnée par l’existence d’actionnaires marocains. Maintenant, ces groupes peuvent, et doivent, apporter leurs propres capitaux. Ils pourront également exporter à partir du Maroc”, ajoute Tazi. En plus, cette mesure ne manquera pas d’attirer de nouveaux investisseurs et capitaux étrangers. Les accords de libre-échange aidant, le Maroc pourra devenir une plate-forme importante d’exportation vers les pays avec lesquels il est lié par de tels accords. Néanmoins, les effets d’une telle émulation ne se feront sentir que dans deux ans, le temps pour les investissements de se mettre en place. Le retard pris en matière de libéralisation des capitaux a d’ailleurs eu un impact négatif sur le secteur. Certains groupes, intéressés par le Maroc auparavant, ont finalement opté pour la Tunisie. Le texte élargit également le champ de la définition juridique du médicament. Ce concept s’étend désormais à certains produits similaires qui n’étaient pas soumis aux règles de la pharmacie en matière de production et de distribution. Le projet autorise par ailleurs les établissements de fabrication de médicaments, désirant offrir le médicament générique sur le marché, à effectuer des tests ou expériences sur le produit pharmaceutique de référence avant l’expiration du brevet le protégeant. Le projet vise également une meilleure production, distribution et conservation des médicaments et la limitation de la vente des produits pharmaceutiques non médicamenteux aux pharmacies.


Et aussi une affaire de gouverneurs et walis?

DES réformes importantes ont cependant été introduites. Parmi elles, l’autorisation d’exercice, désormais du ressort du Conseil national. L’installation d’officine, elle, reste aux mains des gouverneurs et walis. “Une telle mesure tranche avec la logique de décentralisation et de libéralisation du secteur dans laquelle le pays s’inscrit. D’autant qu’en principe, un Conseil de l’ordre est en soi un prolongement de l’administration”, commente Rhaouti.Tarik QATTAB

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