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Economie

La Tunisie, “leader économique” de l'Afrique du Nord

Par L'Economiste | Edition N°:1837 Le 23/08/2004 | Partager

. L'économie tunisienne se porte bien. Entre l'appréciation du dirham et la dépréciation du dinar…. …des performances bien différentes ! Le voisin tunisien est économiquement bon, et tient bien la route, mais il peut mieux faire. C'est en somme le message de la dernière déclaration de mission du Fonds monétaire international (FMI) datée du 20 juillet 2004. Voilà qui tranche avec les conclusions du rapport sur le Maroc, dont les performances sont encore insuffisantes.Politiques macroéconomiques prudentes, bonne récolte agricole, bonne résistance à la conjoncture internationale… La Tunisie a pu maintenir son rythme de croissance, mais devrait passer à un autre palier. Ne serait-ce que pour réduire le chômage, il lui faut un taux de croissance supérieur à 6%. De plus, un taux de croissance du PIB par tête d'habitant de 2-4% plus élevé que celui de la Pologne ou du Mexique (à parité du pouvoir d'achat) permettrait à la Tunisie de rattraper ces pays dans une décennie, estime le FMI. En matière de réformes structurelles, l'institution suggère une libéralisation du commerce extérieur plus offensive. Notamment par la simplification et la réduction des tarifs douaniers multilatéraux et la simplification des procédures douanières. La Tunisie attire déjà des investissements étrangers conséquents. Toutefois, elle doit compter sur une plus grande souplesse inhérente à la libéralisation graduelle des mouvements de capitaux. Mais celle-ci devra attendre que le secteur bancaire soit assaini.«Pour compléter l'ouverture tunisienne, les autorités ont préparé un plan pour la libéralisation graduelle des mouvements de capitaux. L'objectif consiste à exploiter davantage l'épargne extérieure pour financer un niveau d'investissement plus élevé», explique le Fonds.Selon le dernier rapport annuel de la Banque centrale de Tunisie (BCT), la croissance a atteint un niveau de 5,6% en 2003 contre 1,7% en 2002, notamment grâce à la reprise du secteur agricole, mais aussi de la pêche et une récolte céréalière «record» de 29 millions de quintaux. Hors agriculture et pêche, elle est de 3,6%, avance la BCT.La Tunisie fait donc mieux que le Maroc, mais ce n'est pas une nouveauté en soi. Elle a progressé deux fois plus vite que le Royaume de 1990 à 2000 et, en l'occurrence, du fait de certains choix stratégiques différents de ceux du Maroc et une meilleure adaptabilité à la conjoncture internationale. Elle a également réussi à appliquer la plupart des réformes engagées avec une célérité relative. La mise à niveau est le cas le plus parlant de la différence entre les deux pays. En quelques années, la Tunisie a relevé le défi de ladite mise à niveau. Tandis que le Maroc traîne toujours une majorité de PME archaïques, non préparées à l'ouverture imminente sur les marchés américain, turc, égyptien… .Le levier de la politique de changeLa politique de change tunisienne est un levier important de l'économie tunisienne, relève le FMI. Au Maroc, le débat sur la dévaluation du dirham a été lancé à maintes reprises, surtout ces deux dernières années. Mais le tabou persiste: la dévaluation du dirham n'est pas à l'ordre du jour et les officiels expliquent souvent que «la politique de change n'est pas un outil de promotion des exportations». En attendant, certains pays comme l'Egypte, la Turquie ou la Tunisie, ne se privent pas d'exploiter cet outil pour promouvoir leurs exportations, et indirectement limiter les importations. Ceci implique des parts de marché supplémentaires en faveur de ces pays et à la défaveur du Maroc.Ainsi, le FMI a estimé que la flexibilité dans la gestion de la politique de change tunisienne a permis d'améliorer sa compétitivité et contribuer au renforcement de sa position extérieure. Il conseille aux autorités de poursuivre cette politique et de «la complémenter par des mesures visant à approfondir le marché des changes, dans la perspective d'une flexibilisation accrue du régime des changes».Pour le Maroc, le FMI avait jugé les performances clairement insuffisantes malgré les efforts entrepris et s'inquiétait des perspectives de l'économie marocaine qui n'arrive pas à réduire le chômage et la pauvreté (cf. L'Economiste édition 1769 du 17 mai 2004). Le FMI a d'ailleurs demandé au gouvernement marocain de prendre de «nouvelles mesures» pour renforcer la position budgétaire du pays, en souhaitant une réduction du déficit budgétaire à environ 4% du produit intérieur brut (PIB) en 2003 (contre 4,5% en 2002 et 5,8% en 2001), et «en dessous de 3% du PIB à moyen terme».Pour la Tunisie, les auteurs du rapport utilisent un langage plus édulcoré et beaucoup moins alarmant. Ainsi, l'institution de Bretton Woods salue les efforts de la Tunisie pour avoir maintenu son taux de croissance, sinon nettement amélioré. Toutefois, la patrie de Bourguiba subit la même conjoncture que le Maroc. Ainsi, la perspective du démantèlement de l'accord multifibres et l'affaiblissement de la demande extérieure ralentissent les industries manufacturières, dont la croissance s'est contentée d'un taux de 0,7% en 2003 contre 6,9% en 2001. Le secteur est menacé à terme même avec la politique de dévaluation. C'est le cas également pour l'activité au Maroc, mais sans dévaluation.


Elasticité fiscale

La Tunisie a un gros problème: malgré une croissance soutenue et un élargissement de l'assiette fiscale, les recettes de l'Etat diminuent. En fait, «la faible élasticité des recettes fiscales par rapport à l'activité économique n'a pas permis une consolidation budgétaire en 2003», écrit le FMI. Couplée à des recettes douanières en baisse structurelle, la Tunisie se retrouve face à un hic similaire à celui du Maroc. En fait, l'agriculture et le secteur exportateur bénéficient d'avantages fiscaux. «Il serait donc souhaitable que le gouvernement prenne des mesures pour préserver ses recettes fiscales, en particulier à travers le renforcement de la TVA», recommande le Fonds. Mouna KADIRI

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