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    Politique

    «La suppression de l’article 19 est prématurée»
    Abdessalam Seddiki, membre du bureau politique du PPS

    Par L'Economiste | Edition N°:3514 Le 22/04/2011 | Partager
    Une transition est nécessaire
    Le refus des partis de participer à la marche du 20 février a été bénéfique

    Pour Abdessalam Seddiki, membre du bureau politique du PPS, «la sortie officielle avec le mouvement du 20 février aurait signifié qu’on allait quitter le gouvernement et rompre l’engagement passé avec nos alliés»

    Abdessalam Seddiki est membre du bureau politique du PPS, professeur d’économie à la faculté Moulay Ismail à Meknès. Ancien député, il est également membre de l’OMDH.

    - L’Economiste: Quelle est la vision du PPS sur la réforme constitutionnelle?

    - Abdessalam Seddiki: Nous adhérons entièrement aux propositions du Roi. Le parti espère que la nouvelle Constitution permettra l’édification d’une société solidaire, démocratique et moderne. Pour l’application de la solidarité, il faut qu’il y ait des mécanismes d’équité entre les groupes sociaux. La régionalisation avancée jouera un grand rôle dans la consécration de cette donne. Quant à la démocratie, elle doit se manifester à travers la souveraineté nationale qui doit émaner du peuple. Pour que notre société soit moderne, il faut qu’on mette fin à la dichotomie. Soit on adhère à la modernité qui a ses propres exigences, notamment la suprématie de l’Etat de droit avec l’application de la loi. A cela s’ajoute la rupture définitive avec toutes les formes de la corruption. Sinon, on reste dans la tradition. La réforme constitutionnelle n’est qu’un moyen parmi d’autres pour réaliser cet objectif.

    - Pour votre parti, parmi les fondements nationaux autour desquels s’organise l’Etat, figure la monarchie parlementaire aux spécificités marocaines. Comment le PPS perçoit-il cette monarchie?

    - Une monarchie dans laquelle le Roi est Commandeur des croyants. Il ne commande pas uniquement les musulmans, mais aussi les autres confessions. Implicitement, le Roi est tenu de protéger les non-croyants, ce qui constitue une brèche ouverte vers la laïcité. Nous pensons que l’institution monarchique est la seule habilitée à jouer ce rôle dans un pays où le champ religieux est dominant. Parallèlement, le Roi devrait rester à l’écart des affaires publiques. Il sera l’arbitre suprême. Il doit veiller à l’application des grandes orientations qui sont définies par le gouvernement et entérinées par le Parlement. En outre, il garantit la pérennité de l’Etat. Pour ce faire, il faut qu’on lui donne tous les moyens nécessaires. Ainsi, je suis contre les formations qui réclament la suppression de l’article 19. Je pense qu’il est prématuré de demander une chose pareille. D’autant que nous sommes dans une situation où le Roi est omniprésent. On ne peut passer de cette situation à une autre dans laquelle le rôle du Roi est absent. C’est pour cette raison que le PPS dit clairement que la réforme constitutionnelle doit éviter la surenchère et le conservatisme.

    - Pourquoi le PPS a boycotté la marche du 20 février?

    -On n’a pas boycotté la marche du 20 février. Au contraire, nous avons incité la jeunesse de notre parti à y participer. Seulement, notre jeunesse est faible. Dans certaines villes, nos militants sont descendus dans la rue. Si on avait décidé de sortir ce jour d’une manière officielle, on aurait quitté le gouvernement et rompu l’engagement passé avec nos alliés. Car les manifestants réclamaient le départ du gouvernement et la dissolution du Parlement. Le refus des partis de descendre a été bénéfique. Il a permis au Roi de prendre des initiatives. Par contre, nous partageons entièrement les revendications socioéconomiques des jeunes du 20 février. Elles répondent au programme de notre formation.

    - D’après vous, quels sont les scénarios possibles après le référendum?

    -Après le référendum, on devrait procéder à la dissolution de la chambre des conseillers. Ensuite, on va élire les conseils régionaux pour recomposer cette chambre sur la base des collectivités locales. Ce processus va prendre 6 mois. Après cela, on passera aux législatives 2012.


    Le CSM


    OUTRE le Souverain à la tête du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), le PPS propose le 1er président de la Cour suprême à la vice-présidence.
    Le conseil sera également composé du procureur général du Roi près la Cour suprême, 6 membres compétents élus par les magistrats de la Cour, 6 autres magistrats du parquet élus et le président de la chambre administrative à la Cour suprême. Ainsi que trois bâtonniers élus par les barreaux et 6 personnalités compétentes nommées par le Roi.


    Propos recueillis par
    Soumaya BENCHERKI

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