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La stratégie mondiale du groupe Alstom déclinée au Maroc

Par L'Economiste | Edition N°:463 Le 15/03/1999 | Partager

· Bientôt Cegelec Maroc deviendra Alstom Maroc

· Offensive sur le créneau des services

· De la proximité pour rassurer les clients


- L'Economiste: Quels sont les contrats en cours et les projets suivis par Alstom au Maroc ?
- M. Bertrand de St-Julien(1): Alstom est depuis cinq ans le principal fournisseur de l'Office National des Chemins de Fer marocains. Les premières locomotives électriques objet du contrat de décembre 1996 sont en cours de livraison. Je ne reviens pas sur la fourniture des équipements de signalisation. Nous avons signé en octobre 1998 un contrat pour la fourniture à la Marine marocaine de deux frégates de surveillance. Nous réalisons par ailleurs pour la société Maroc Phosphore une unité de production d'énergie électrique d'une puissance de 27 mW pour le complexe de Jorf Lasfar.
Dans le domaine de l'énergie, notre groupe suit le développement du projet de centrale à cycle combiné de Tahaddart. Alstom s'intéresse à ce projet, d'abord comme investisseur en association avec l'ONE, EDF (Electricité de France) et la firme espagnole Endesa, mais aussi en tant que fournisseur d'équipements. Nous suivons également deux projets très importants dans le secteur des centrales hydrauliques: le projet de Dohar El Wed et le projet dit STEP, stations de transfert d'énergie par pompage.


- Vous avez oublié le métro.
- Nous avons bien évidemment confirmé aux autorités notre intérêt pour ce projet. M. Mounir Bouzid, le directeur résident d'Alstom au Maroc peut vous en dire peut-être plus.

- M. Mounir Bouzid: La seule chose qu'on ressente avec force aujourd'hui, c'est d'aboutir à la concrétisation du projet et ne pas en rester encore à la phase intellectuelle, celle des études sans lendemains. Une convention-cadre pour les études d'avant-projet a été signée par les autorités marocaines qui ont officiellement demandé à la France de les financer. Le gouvernement français a confirmé la mise en place de ce financement par un crédit de 30 millions de FF. Ces études, qui sont effectuées pour la Communauté Urbaine de Casablanca, ont débuté en décembre 1998.
Dans ce projet, Alstom serait chargé de l'ensemble des lots électro-mécaniques: matériel roulant, courants forts et courants faibles. Je pense que les conclusions de cette étude devraient servir de base de décision. Ne me posez pas la question sur le financement, je n'en sais rien.

- Etes-vous de ceux qui pensent que Bouygues aux études ne peut pas être Bouygues au chantier?
- Vous savez, dans cette affaire il y a quand même la Sistra qui est la conjonction de deux spécialistes mondiaux que sont la SNCF (Société Nationale des Chemins de Fer français) et la RATP (Régie Autonome des Transports Parisiens). Qui mieux que la RATP est à même de pouvoir émettre un avis autorisé sur la question.

- Quel est l'intérêt d'abandonner les marques de vos filiales qui jouissent d'une si forte notoriété?
- Aujourd'hui, l'objectif du groupe est de regrouper tous ses métiers sous une seule marque, Alstom. Nous tenons compte de l'acquis, mais si l'on reste trop sur les anciennes appellations comme Bergeron, Nerpic sous prétexte qu'elles ont une forte image, nous n'avançons plus et l'on finit par ne plus exister en tant qu'Alstom. De ce point de vue, nous pensons que nous avons plus à perdre qu'à gagner, car au niveau international, il est fondamental que l'image d'Alstom cumule tous ses savoir-faire.

- Est-ce une politique de marque qui se justifie dans des métiers comme ceux de votre groupe?
- La réponse est oui. Le plus important, c'est l'image que nous devons avoir auprès de nos clients. Ces derniers ont besoin des services les plus globaux possibles. Prenons l'exemple d'une centrale à cycle combiné: l'équipement proviendra de plusieurs entreprises, et il est important que le client sache qu'il a à faire, non pas à un morceau du groupe, mais à Alstom dans sa globalité. Par ailleurs, le fait que l'on s'adresse de moins en moins à de purs techniciens et de plus en plus aux investisseurs cherchant à rentabiliser leur fonds justifie plus que jamais le développement de cette image de firme globale. Les clients se sentent en confiance.

Propos recueillis
par Abashi SHAMAMBA

(1) Président d'Alstom International. Il était au Maroc la semaine dernière pour conclure le contrat de signalisation avec l'ONCF.


Cegelec, le point d'appui


Dans la foulée de changement de sa raison sociale, Cegelec Maroc (qui deviendra Alstom Maroc fin mai-début juin) va procéder à la mise en harmonie de ses statuts pour s'aligner à la nouvelle SA. Mais ces aspects juridiques sont moins importants par rapport à l'effet de synergie que l'on cherche sur le plan opérationnel, insiste M. St-Julien: "Chaque fois qu'une opportunité de développer le business d'Alstom au Maroc se présentera, le directeur-résident pourra utiliser le point d'appui que constitue Cegelec Maroc en lui confiant la réalisation d'une partie des prestations du chantier. L'intention de la maison mère est de l'impliquer au maximum dans les projets qu'elle réalise au Maroc. C'est le cas par exemple du contrat de signalisation conclu avec l'ONCF où une partie des prestations locales sera sous-traitée par Cegelec. "Si cette filiale n'existait pas, Alstom aurait eu recours aux entreprises étrangères, fait remarquer M. Bouzid.
Faut-il s'attendre à une restructuration chez Cegelec après son intégration dans le giron d'Alstom? Rien de tel, cela aurait pu être envisagé si son activité faisait doublon avec une autre unité avec une activité voisine ou identique, assure M. De St-Julien. "Et puis, cette filiale marche très bien".

Gérer la discontinuité des grands projets


La délégation marocaine du groupe a été transformée en une filiale à part entière avec un statut de type SA. Jusque-là, la multinationale recourait à la formule d'établissement stable pour la réalisation de ses chantiers. "C'est la garantie d'une présence permanente", explique le président d'Alstom International.
La création d'une société anonyme, Alstom Maroc, répond à la volonté du groupe de diversifier ses activités. Si, pour l'instant, Alstom est connue pour les grands projets, elle n'entend pas se désintéresser des "petites affaires" telles que la fourniture du petit matériel. Les deux activités sont complémentaires, et il existe de fortes synergies à développer entre elles, affirme De St-Julien. C'est d'ailleurs une des missions principales confiées au directeur-résident d'Alstom, M. Mounir Bouzid. L'objectif de cette politique de proximité est de rassurer les clients, notamment en matière de service-après vente, "car il n'y a pas pire que de disparaître après la réalisation d'un contrat". En plus, ce n'est pas tous les ans qu'il y a de grands projets. Il peut y avoir discontinuité dans les chantiers, "ce qui peut être dommageable pour nos relations avec les autorités", conclut M. De St-Julien. o

Abashi SHAMAMBA

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