×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

La réglementation sera révisée pour tout le secteur

Mustapha Mansouri, ministre des Transports et de la Marine Marchande

Par L'Economiste | Edition N°:614 Le 12/10/1999 | Partager

· Une ouverture du capital de la RAM sur la Bourse de l'ordre de 40%
· Restructuration de la Comanav, déficitaire de 30 millions de DH
· La création d'un pavillon bis pour relancer la Marine Marchande

- L'Economiste: Quel soutien les pouvoirs publics entendent porter à la mise à niveau du secteur du transport public des marchandises sachant que la période transitoire de deux ans est très courte?

- M. Mustapha Mansouri: L'une de mes priorités, quand j'ai pris en charge ce département, était la révision des textes régissant le transport: code de la route, la loi de 1963 relative au transport de voyageurs, les cahiers de charges concernant les différentes activités de transport terrestre telles que le dépannage, la location de voitures, les centres techniques, les auto-écoles.
Pour le transport de marchandises, deux ans est une période logique, rationnelle et suffisante aussi bien pour l'organisation du Ministère que les professionnels. Les députés par contre disent que c'est une période longue, au point que certains d'entre eux ont proposé 6 mois pas plus.
Du côté du Ministère, la Direction de Transport compte s'adapter à la nouvelle situation en informatisant ses services et en créant d'une banque de données sur le secteur. Du côté de l'ONT, la transition va lui permettre de se restructurer.
L'Office a commencé des négociations pour le départ anticipé en retraite du personnel. L'objectif est d'arriver à garder entre 500 et 600 sur un total de 1.300 personnes.
Enfin, un institut de formation pour améliorer la sécurité routière va ouvrir ses portes prochainement. Il formera des conducteurs et des logisticiens en mesure d'assurer une gestion moderne des sociétés de transport.

- Vous avez promis de réviser la convention de l'Etat avec la RAM et aussi l'ouverture de son capital? Le calendrier et les modalités de cette ouverture ont-ils été arrêtés?
- La convention de la RAM avec le Ministère des Travaux Publics remonte à 1959. Elle était plus au moins adoptée, mais jamais ratifiée, ni publiée au Bulletin Officiel. Nous sommes en train de la revoir. L'une des dispositions prévues est l'ouverture du capital de la compagnie,
l'étude des perpectives de développement de la société en matière de réglementation et de fixation des prix ainsi que la desserte des lignes déficitaires...
La RAM a fait des bénéfices en redressant sa situation qui est devenue saine. L'ouverture de son capital va lui permettre de drainer des capitaux pour une éventuelle recapitalisation, et aussi trouver les moyens pour renouveler sa flotte. Le gouvernement est prédisposé à céder autour de 40% de son capital.

- Pour quelle échéance cette ouverture, tant attendue, est-elle prévue?
- Cette opération devait être finalisée il y a quelques mois. Mais il y a eu un problème technique au niveau de la manière d'opérer cette ouverture.
Trois hypothèses ont été retenues: l'ouverture du capital sur la bourse, avoir un noyau dur avec le recours au partenariat avec un allié (une compagnie internationale), ou bien l'ouverture du capital sur une bourse étrangère.
Le débat a porté également sur la nature de l'opération. S'agit-il d'une ouverture de capital ou d'une privatisation?
Ces divergences vont être tranchées prochainement par l'ouverture du capital de la RAM à la Bourse marocaine. J'ai demandé également à la Direction de la RAM à ce qu'une partie du capital soit cédée au personnel à l'instar de l'expérience d'Air France.
Une alliance avec deux compagnies (Iberia et Air France) déjà actionnaires dans le capital de la compagnie est aussi prévue.
Actuellement, il n'y a aucun contact dans ce sens. Ce qui importe, c'est avoir un allié au niveau international.

- La libéralisation de l'espace aérien est-elle à l'ordre du jour? Beaucoup de pays ont ouvert leur ciel sans que leurs compagnies nationales ne disparaissent?
- Ce sont les accords bilatéraux qui régissent actuellement les transports aériens. Sous l'effet de la reconfiguration du champ de l'aviation civile, nous avons demandé l'ouverture de notre ciel avec l'Union Européenne. On a déposé un dossier dans ce sens.
L'ouverture de l'espace européen constitue une opportunité pour la RAM, vu la forte présence des MRE et le potentiel du flux touristique.

- Et si l'Europe ne répond pas par l'affirmative à cette demande?
- On ne peut pas procéder à une ouverture unilatérale. Nous souhaitons que l'Europe, dans le cadre de l'Accord d'Association, soit plus souple dans le cadre de l'encouragement de développement, puisque cet accord n'aura pas un grand effet sur le trafic aérien européen qui est tourné principalement vers l'Atlantique-nord.
Une commission de l'UE va procéder prochainement à une visite pour vérifier notre conformité aux normes européennes de sécurité civile et aéroportuaire.

- La Comanav, comment se porte-t-elle? A un certain moment, il était question de la privatiser.
- Elle est sur la liste des privatisables, Il est impossible de la privatiser dans une situation de déficit qui est de l'ordre de 30 millions de DH. Nous essayons de convaincre les autorités publiques d'aider à la recapitalisation de la compagnie par une subvention de 50 millions de DH. Il est prévu également de vendre des parts de la compagnie dans d'autres sociétés telles que Marfocéan.
Au niveau de la Marine marchande, notre flotte commerciale a tendance à diminuer. Dans les années 80, on avait plus de 60 navires, actuellement on est à moins de 40. Pour relancer cette marine, le Ministère finalise un projet de création d'un pavillon bis.

- Qu'est-ce qu'il y aura de spécial dans ce pavillon bis?
- Pour faire venir les investisseurs étrangers, il faut disposer d'un autre pavillon plus souple sur le plan fiscal. Les bateaux de la Marine Marchande sont pénalisés par les charges fiscales (TVA, IGR pour les marins, carburant taxé...).
Avec le système de pavillon bis, adopté par l'Espagne, le Panama, Liberia, les armateurs inscrits vont payer un forfait annuel quelle que soit leur activité. C'est presque une zone franche.
Cette mesure va permettre à notre flotte de se régénérer et de prendre une part de marché plus importante que celle qu'elle a aujourd'hui (10% du trafic). Ce qui est très peu pour un pays maritime comme le Maroc.
Une rencontre sera organisée cette semaine avec les armateurs pour discuter de ce projet, qui sera présenté par la suite au gouvernement.

Propos recueillis par Rachid JANKARI & Abashi SHAMAMBA

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc