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Economie

La population âgée dans les villes : L'isolement touche une personne âgée sur 4

Par L'Economiste | Edition N°:203 Le 09/11/1995 | Partager

L'hiver arrive. La chaleur du foyer familial est un réconfort aux difficiles conditions climatiques qui caractérisent cette saison. L'hiver rend par contre plus pénible l'isolement et l'exclusion que connaissent certaines personnes âgées. Le phénomène a été identifié en Europe. Qu'en est-il au Maroc?


L'exclusion et l'isolement existent également sous nos cieux. Les personnes âgées sont les premières concernées. En effet, délaissés par leurs enfants, abandonnés par leurs familles, les vieillards peuvent s'éteindre dans la solitude de leur appartement, jusqu'à ce qu'un voisin donne l'alerte. La découverte fortuite de corps de personnes âgées en décomposition n'est pas rare. Il est probable que ce genre de situation qui illustre le désengagement familial des enfants envers leurs ascendants dépendants se multipliera dans les années à venir. Le premier facteur qui justifie cela est la montée démographique du grand âge. Les personnes âgées au Maroc étaient au nombre de 786.000 en 1992. Elles seront 1.231.000 en 2002 (projections du Centre d'Etudes et de Recherches Démographiques). L'autre raison est la dénucléarisation de la famille. En effet, avec l'urbanisation de plus en plus croissante, et face à la montée des valeurs d'indépendance, le concept de famille élargie a de plus en plus de mal à se maintenir.

Il n'existe pas d'étude spécifique qui puisse nous aider à comprendre comment les personnes les plus âgées au Maroc vivent au quotidien. En revanche, on peut constater qu'une enquête menée par la Direction de la Statistique il y a 4 ans (étude la plus récente) avait permis d'y voir un peu plus clair. Parmi les éléments qui ressortaient de l'étude figurait notamment l'isolement qui caractérisait la situation d'une partie de la population âgée du pays.
D'après l'étude, une personne âgée sur 4 vivait seule en milieu urbain au Maroc. Les femmes plus que les hommes connaissaient le phénomène d'isolement. La situation s'explique aisément lorsqu'il s'agissait de personnes âgées veuves. L'étude avait montré que pour cette population, près d'une personne sur dix vivait seule (hommes et femmes confondus).
En revanche, d'autres explications restaient à chercher, lorsqu'il s'agissait de personnes âgées mariées. A ce niveau, il s'était avéré que 15,71% des personnes mariées vivant seules étaient des femmes. Il s'agissait en général de la première épouse d'un homme polygame. Les femmes, par contre, qui peuvent difficilement obtenir le divorce, sont donc contraintes de vivre seules. Par ailleurs, l'étude a estimé à 75% le pourcentage d'hommes divorcés vivant seul contre 53% pour les femmes. Cette situation, qui infirme la règle selon laquelle les femmes souffrent plus que les hommes, trouve son explication à travers ce qui suit. Dans la vie du couple, l'homme reste encore le seul individu qui travaille; il est donc le seul à bénéficier de la retraite ou de la rente. La femme, en revanche, n'a pas les moyens de se prendre en charge. Elle est donc contrainte de vivre avec ses frères et surs ou d'autres membres de sa famille.

Des hypothèses peuvent être émises quant aux raisons de cet isolement. La prise en charge d'une personne âgée dépendante est une opération assez lourde. Les restrictions du temps libre sont difficiles à vivre par les "aidants" et peuvent affecter la vie conjugale, surtout lorsque les aidants sont les enfants des personnes prises en charge. La situation se complique encore plus lorsque les limites de la vieillesse sont atteintes: démence sénile et incontinence.

La famille reste le seul soutien


L'autre facteur qui complique encore la situation des personnes âgées au Maroc concerne la couverture sociale. L'enquête avait montré les lacunes du système de sécurité sociale marocain puisque 5,6% des personnes âgées seulement bénéficiaient d'une couverture sociale.
Enfin, dans son volet "état sanitaire", l'étude menée sur les personnes âgées dressait un bilan inquiétant. Ainsi, parmi les personnes âgées, 32,6% de celles qui résident en milieu urbain l'avaient été lors des 4 semaines qui avait précédé l'enquête contre 28,5% en milieu rural. A ce niveau, une parenthèse est à ouvrir. L'étude a souligné le manque flagrant en médecins spécialistes en gériatrie (maladies des vieillards).
La famille reste encore le moyen le plus efficace pour soutenir les personnes âgées. Cette vérité n'est plus l'apanage des pays en développement. En effet, une enquête menée dans les pays de la Communauté européenne il y a deux ans avait démontré que la prise en charge des personnes âgées en Europe reposait principalement sur la famille. Le fait d'envoyer ces personnes dans des établissements spécialisés était souvent perçu comme un échec. Toutefois, concernant les rapports aidants-aidés, l'étude indiquait que, pour éviter que les parents ne deviennent une charge pour les personnes qui les soutiennent, il fallait développer encore plus les systèmes d'aide à domicile.

Mohamed BENABID.


Une pension est due aux parents


Trois articles du code du statut personnel et des successions régissent les rapports enfants-parents: les articles 124, 125 et 126.
L'article 124 du statut personnel fait état de l'obligation réciproque de la pension. Il stipule que "la pension alimentaire est due par les enfants en faveur de leurs père et mère et par le père au profit de ses enfants". L'article 125 du même statut ajoute qu'en cas "de pluralité d'enfants la pension alimentaire due aux parents se répartit entre leurs enfants d'après leur fortune et non d'après la quotité de leur part successorale".
Par pension alimentaire, l'article 126 de la Moudawana précise: "Le montant de la pension alimentaire due aux parents ou aux enfants et ce qu'elle comporte en fait de vivres, vêtements, logement, instruction donnée aux enfants, est déterminé en fonction des ressources du débiteur et des usages du milieu social des créanciers".
"Le fait que le législateur ait inséré ces articles à l'intérieur de la Moudawana, qui régit plus particulièrement les rapports entre maris et femmes et les droits de succession, montre qu'il y a une volonté expresse de sauvegarder les droits des enfants mais aussi de leurs parents," indique Me Karroumi, avocat à Casablanca.
En fait, il est très rare qu'un parent attaque son fils en justice et exige de lui une pension. Deux éléments sont avancés pour expliquer cette situation: la prédominance de la société patriarcale et la méconnaissance par les parents de leurs droits juridiques.

ohamed BENABID.

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