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Politique

La politique c’est aussi de la technique

Par L'Economiste | Edition N°:2331 Le 01/08/2006 | Partager

. L'articulation entre une campagne électorale nationale et locale est primordiale. Les partis politiques doivent penser «marketing»En 2007, la classe politique sera-t-elle mature pour proposer une campagne électorale d’envergure nationale? Etre une option sociale? Ou faudra-t-il… patienter?L’Institut national démocratique pour les affaires internationales (NDI), installé à Rabat depuis 1997, œuvre pour soutenir le processus démocratique engagé par le Royaume. L’une de ses activités majeures consiste à faciliter l’échange d’expériences et d’idées sur le rôle des partis politiques dans la démocratie transitionnelle et améliorer la capacité du parti à mettre au point des processus démocratiques mieux adaptés aux intérêts publics. Gérard Latulippe, directeur résidant NDI Maroc et représentant senior de la région Maghreb s’exprime sur les missions menées par l’ONG américano-canadienne, son positionnement au sein du paysage politique national, sa relation avec les partis, les attentes de ces derniers…. L’Economiste: Les partis politiques se montrent-ils intéressés par NDI?- Gérard Latulippe: Le niveau d’intérêt est inégal. Ce que nous remarquons et qui se vérifie de jour en jour, c’est que plus l’échéance approche, plus les partis nous sollicitent. On sent qu’ils ont envie de se familiariser avec des techniques de communication modernes pour faire passer leurs messages. D’ailleurs, certains d’entre eux ont créé des comités internes dédiés à l’organisation de la campagne électorale. La remise en question et la prise de conscience sont au rendez-vous, il ne reste plus qu’à transformer l’essai.. «Le PJD travaille de façon moderne». Justement, n’est-ce pas la phase la plus délicate?- Par le passé, les campagnes électorales étaient organisées par circonscription. C’est pour cette raison que seules les élites locales pouvaient accéder au pouvoir, il n’y avait pas de vision nationale. Aujourd’hui, les grands partis traditionnels ont pris conscience qu’ils devraient impulser un nouvel élan afin que 2007 soit l’année du changement par la rupture avec une approche dépassée, et surtout inadaptée à la société. Les attentes ont évolué, les partis doivent êtres très sensibles et attentifs aux messages adressés par les citoyens. Tous les pays du monde ayant opté pour la démocratie ont mis en place une organisation politique d’envergure nationale. Le PJD l’a fait! Il n’a pas hésité pour adhérer à la modernité.. Et les autres?- Dans des partis, des débats internes se multiplient sur le sujet. Des nations comme l’Ukraine ou encore la Géorgie ont franchi le cap avec succès. Il faut savoir que le prix à payer pour réussir, c’est le changement du comportement à adopter. Il est vrai que l’émergence de leadership, à l’image du président brésilien Lula, constituerait un plus. Alors que le Brésil se cherchait, il est apparu et a investi le terrain en véhiculant des valeurs qui correspondaient aux attentes de la société. Lula a gagné les élections et il a également redonné confiance au peuple avec une vraie vision pour le pays.. La semaine dernière, l’Istiqlal, l’USFP et le PPS ont réactivé la koutla. Cette alliance va-t-elle dans le sens de la modernité de l’offre politique?- D’après les informations dont je dispose, ces partis auront une organisation propre et ils mèneront leur campagne électorale de manière autonome. En Europe, des regroupements de forces politiques ont déjà vu le jour à l’approche d’un scrutin national. Par ailleurs, le fait que ces partis ont décidé de jouer groupés n’est pas contradictoire avec notre démarche philosophique qui est basée sur un soutien aux partis dans le cadre de la démocratie transitionnelle. . Néanmoins, des électeurs sont frustrés car ils n’arrivent pas à se retrouver dans les partis existants. Qui de droite, de gauche, du centre…- C’est également une situation qui découle de l’héritage du passé. Depuis l’Indépendance, tous les courants qui se sont créés n’avaient pas nécessairement besoin de se différencier les uns des autres. Les candidats étaient élus localement sur des bases de référence spécifiques et non sur la base de programmes électoraux. Jusque-là, tout était fait pour que les citoyens se reconnaissent dans des personnes et pas au sein de partis politiques. Cette donne est en train de changer. . En politique, audace et courage sont des corollaires à conviction et exigence intellectuelles. Cela nous fait-il défaut?- Le rôle de NDI n’est pas de porter des jugements, de nous comporter comme des donneurs de leçons et encore moins d’imposer ou de diriger un modèle démocratique. Nous sommes là pour appuyer la dynamique enclenchée par le Maroc. Ainsi, les partis qui ont une structure capable de recevoir notre assistance et une représentation parlementaire peuvent compter sur NDI Maroc. Quant à la notion de courage politique accompagné d’une culture du risque, ça paye sur le long terme. J’ajouterai que des personnes sont prêtes à s’engager dans la voie du changement, à franchir le pas. C’est là où se situe la transformation! Des profils pointent le bout du nez et ils s’attachent à faire leur place. Pour l’heure, cela reste discret, ils devraient apparaître d’ici peu. Cela ne peut se faire de manière brutale.. Comment voyez-vous le déroulement des législatives 2007?- Je pense qu’il y aura plus de politiciens jouissant d’une légitimité populaire. 2007 devrait constituer le coup d’envoi du processus avec l’articulation d’une campagne électorale nationale et locale. Ce scrutin peut être le théâtre de surprises. La transformation en cours de certains partis peut s’avérer gagnante demain. Je suis plus optimiste qu’il y a 6 mois, car beaucoup de choses se sont passées. Un nouveau phénomène est apparu. Une catégorie de citoyens responsables a pris conscience de l’enjeu et travaille pour proposer une offre politique à la population. En clair, ils sont disposés à faire de la politique… autrement!


Que propose NDI Maroc?

Les programmes initiés par NDI Maroc sont variés et ciblés. Dans le cadre du partenariat établi avec le Parlement, l’ONG américaine assiste les parlementaires à devenir des législateurs plus attentifs aux besoins des citoyens en les dotant d’outils nécessaires à la prise de décision politique. Mais également en les familiarisant avec les pratiques en vigueur dans d’autres pays. L’Institut a ainsi mis l’accent sur le perfectionnement dans des domaines tels que la constitution des groupes parlementaires, la formation des coalitions, le travail de proximité, les relations avec les médias, l’élaboration d’avant-projets de loi et le débat parlementaire.En outre, NDI propose des programmes dédiés à la femme (encourage l’égalité des sexes dans tous ses programmes, …), aux partis politiques, son activité cruciale, à la formation médiatique (avec le Syndicat national de la presse) afin de doter les médias des outils nécessaires en tant qu’observateurs de l’action gouvernementale. Et, enfin, pour promouvoir l’éthique, NDI mène des actions de lutte contre la corruption comme l’organisation de la campagne anti-corruption à Fès en 2003.NDI compte 60 antennes implantées à travers le monde. C’est un organisme soutenu par des fonds publics qui financent des structures d’appui à la démocratie.Propos recueillis par Rachid HALLAOUY

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