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Economie

La nouvelle politique d'encadrement des MRE
Par Abdelmajid BAGHDADI (*)

Par L'Economiste | Edition N°:1619 Le 09/10/2003 | Partager

Le jeudi 28 août dernier, au cours d'une réunion interministérielle, le gouvernement de Monsieur Jettou a anticipé sur un encadrement hypothétique culturel et cultuel des MRE.Cet encadrement a pour objectif d'encadrer les Marocains dans des domaines spécifiques: éducatifs et religieux. Toutefois, Monsieur Jettou a demandé implicitement à Madame la Ministre chargée de la Communauté marocaine à l'étranger de procéder à une étude globale précise sur les MRE: notamment de déceler leurs besoins à tous les niveaux, afin de répondre à leurs attentes et de les satisfaire avec efficacité et célérité.Comment peut-on encourager cet encadrement de 2,5 millions de MRE, quand on leur a refusé le droit de vote?En effet, ce projet a pour ambition d'encourager l'intégration dans les pays d'accueil. Or on continue à les désintégrer de leur identité marocaine et de leur citoyenneté en les considérant comme des Marocains de seconde zone, en les marginalisant de toutes les actions électorales.Le projet vise à créer des conditions favorables pour que tous les Marocains puissent participer à toutes les responsabilités de la vie publique : où sont ces responsabilités, il faut les définir et les élucider et ne pas attendre les “calendes grecques”:Ce sont des mots vains, utopiques, sans concrétisation, sans concertation, qui demeurent des mots pieux pour devenir des reliques sous forme d'une phraséologie grandiloquente.Ces intentions velléitaires doivent être projetées en une stratégie cohérente, constructive, active, pour orienter les MRE dans leurs droits et leurs obligations les plus légitimes.Comment?- par une participation par la voix des urnes à la vie économique et sociale.- par une participation à la vie politique : élections de leurs représentants les plus dignes, notoires et intègres.Cet encadrement implique des investissements massifs sur le plan éducatif, culturel et cultuel pour pérenniser notre patrimoine national, c'est-à-dire notre identité, notre diversité, nos ethnies et démontrer ainsi cette marocanité par la tolérance et l'acceptation des autres et enfin créer une vie politique citoyenne.Quelle stratégie d'immigration le Maroc entend-t-il mener? Il faut la discerner et ne pas la masquer par des discours démagogiques qui s'enlisent dans un verbalisme parfois le plus stérile et le plus improductif.Depuis un an, nous avons un ministère, une interlocutrice de grande valeur. Madame la Ministre a déployé et intensifié ses efforts avec passion, vocation et militantisme, toutefois elle demeure phagocytée par certains courants de pensées nihilistes détracteurs et défenseurs farouches innés contre toutes actions électoralistes.Le débat, au cours de cette réunion, semblait être unanime pour encadrer les MRE, mais avant de les encadrer, il faut se doter de véritables infrastructures, c'est-à-dire les structurer en leur accordant d'emblée le droit de vote pour élire leurs représentants et leur reconnaître cette légitimité et le bien-fondé de leurs protestations citoyennes.Le premier devoir de tout gouvernement est de présenter un projet de loi qui doit être au préalable encadré par toutes les instances dirigeantes des MRE, pour mieux cibler leurs attentes et définir leurs besoins à tous les niveaux.Ce n'est qu'à travers le dialogue et la concertation que l'on arrive à définir des objectifs et à mieux préparer une stratégie à la fois matérielle, juridique et pragmatique pour que les responsables associatifs soient initialement concernés.Ce serait une stratégie globale, développée déjà par Sa Majesté Le Roi Mohammed VI, que Dieu l'assiste, dans son discours du 20 août 2001 “de créer un consensus national, pour hisser au plus haut niveau les RME pour le développement du Maroc, pour sa modernisation et son rayonnement”.Ce choix stratégique a été réitéré dans son discours du 30 juillet 2002 : “Nous affirmons notre volonté de veiller à ce que les MRE tiennent la place de choix qui leur revient et jouent un rôle actif et efficace dans tous les domaines de la vie nationale”. Sa Majesté nous entoure de sa haute sollicitude et prodigue des conseils à son gouvernement qui reste toutefois insensible et s'interdit d'utiliser dans ses discours, le concept de représentativité et le droit légitime des Marocains à l'étranger.Madame la Ministre, au cours de l'ensemble de ses interventions, évoque la citoyenneté mais elle est tétanisée par les termes de “droit de vote et d'éligibilité des MRE. Ce terme devient un tabou et insensé pour certains détracteurs et par conséquent, aux yeux de certains responsables, l'existence d'un ministère doit être largement suffisant pour représenter la communauté marocaine à l'étranger et ainsi défendre leurs intérêts.Comment peut-on parler de ce ministère sans qu'il jouisse d'une autonomie, d'un budget, d'un département fiable, digne de représenter les Marocains?Sans polémique et sans esprit partisan, Madame la ministre, femme talentueuse, bien qu'elle excelle avec son équipe dans un concept de modération, de circonspection, d'homogénéité et d'objectivité, ne peut en aucune façon, entreprendre de véritables réformes ou refontes concernant son département ministériel sans le doter de véritables moyens financiers.Réguler l'action des MRE, c'est pouvoir les structurer, les responsabiliser, diversifier et innover l'action politique du gouvernement afin d'éviter l'éviction de fait ou l'éviction lancinante de ces Marocains installés à l'étranger.. Faire sortir le Maroc de l'atonieL'encadrement nous paraît difficile aussi bien sur le plan de l'intégration, car la troisième génération et bientôt la quatrième est tout à fait intégrée au sein de chaque société européenne et s'emploie activement à produire par leur potentialité éducative, professionnelle et essaie de démontrer et de prouver par leurs résultats, à la fois intellectuels, économiques ou financiers, de faire sortir le Maroc de l'atonie, de sa sclérose politique, économique et financière.Ne pas considérer cette troisième et quatrième génération, c'est se désolidariser de ce regard extérieur ancré d'une démocratie occidentale.Le culte, certes, il faut le mettre en œuvre des chantiers de développement de l'Islam par un dispositif de conseils et d'aide à tous les prescripteurs, par des programmes qui viseront à favoriser l'accompagnement à la création de certaines entités religieuses, modernes, adaptées à leur propre environnement.La France s'évertue à former des futurs théologiens, promoteurs de la loi Islamique, dans ses valeurs morales et dans toutes ses actions de complémentarité, de formation et de conseils à la carte accessibles à tous les musulmans, particulièrement au Maroc où ils pourront lire le Coran dans le texte et le comprendre et deviendront de bons citoyens aussi bien au Maroc qu'en France. “Pour leur épargner de grandir avec une sorte d'instinct grégaire”, c'est Sa Majesté Hassan II, que Dieu ait son âme en sa sainte miséricorde, le Point du 20 octobre 1994.En ce qui concerne le culturel, nous sommes le seul pays à ne pas bénéficier d'actions culturelles, ces actions sont quasi inexistantes, ce concept est complètement éludé par un manque d'infrastructures réelles qui pourraient être attractives, rayonnant dans un centre pilote.Aucune bibliothèque où jeunes, où étudiants seraient amenés à hanter ce lieu ludique, où ils pourraient trouver des supports d'informations, de programmes étoffant le biculturalisme des deux pays coexistants, national et européen.Ces activités récréatives et ludiques feraient appel à l'éveil, à la métamorphose des jeunes adolescents, sans contrainte de notre langue nationale.Ces paramètres de restructuration et d'encadrement ne pourront être élaborés qu'à travers des initiatives au niveau de l'action législative, afin que l'on puisse élargir le champ de participation démocratique, horizontalement et verticalement, par le truchement de ce suffrage universel, pour édifier une démocratie d'avenir, porteuse de progrès et de créer aussi une société libre et homogène.- Aller à l'encontre de cette initiative démocratique, serait exclure délibérément les MRE de toutes décisions nationales, à la fois politique, sociale, et internationales et considérer uniquement cette immigration laborieuse comme une roue de secours et de pourvoyeurs de devises.Cette exclusion n'est plus tolérable et nos protestations sont légitimes.Quoiqu'il en soit, nous nous accrochons à notre droit constitutionnel et serons déterminés à lutter contre cet ostracisme, contre cet état d'esprit poussiéreux et démontrer ainsi que la représentativité politique n'est plus un caprice de vieux notables en fin de carrière ni un fantasme de quelques excités de la relation publique ou quelques mordus de la mondanité diplomatique.Notre vœu, notre souhait le plus ardent est de créer une synergie et de pouvoir hisser notre pays dans tous les domaines économiques et sociaux, de créer des emplois, de drainer des investissements, d'établir des liens sûrs et réels, non virtuels, avec des compétiteurs économiques et sociaux, pour redresser la situation économique du Maroc et créer une sorte d'attractivité démocratique.Ainsi, il faut revoir toutes les modalités et que le gouvernement et le ministère de tutelle doivent présenter une loi, qui commence à avoir un degré d'urgence, c'est la loi de la représentativité et ne pas se cantonner dans des discours insensés d'encadrement, sans qu'il y ait “des cadres réels”, issus de l'émigration et qui seraient des représentants légitimes, qui émergeraient des urnes.Enfin, cette revendication n'est ni facile, ni nouvelle, ni facile à réaliser, mais nous la poursuivrons aussi bien au Maroc qu'ailleurs, c'est une action qui s'inscrit dans le long terme afin de garantir le droit des générations futures.--------------------------------------(*) Président du Conseil de l'Union des associations des professions libérales des Marocains de FranceProfesseur ès sciences et techniques économiquesPrésident du Groupe Fayol (enseignement technique supérieur privé)

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