×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Politique Internationale

    La nicotine réhabilitée?

    Par L'Economiste | Edition N°:510 Le 19/05/1999 | Partager

    · Une équipe française apporte la preuve du rôle important que jouent deux sous-unités des récepteurs nicotiniques de l'acétylcholine présents dans le cerveau
    · La nicotine est un antidouleur puissant


    Dans les années à venir, vous allez peut-être changer d'opinion sur la nicotine. Ses effets bénéfiques, particulièrement en tant qu'analgésique, se confirment. Une équipe française vient de franchir un pas décisif en apportant la preuve du rôle important que jouent deux sous-unités des récepteurs nicotiniques de l'acétylcholine présents dans le cerveau.
    C'est dans les années 1930 que le pouvoir analgésique de la nicotine fut mis en évidence. Très faible par rapport aux effets délétères, il ne provoqua alors que peu d'intérêt chez les médecins et les biologistes. En 1992, la découverte de l'épibatidine, une molécule produite par une grenouille équatorienne, allait pourtant relancer les recherches. Deux cents fois plus puissante que la morphine, elle fut rapidement identifiée comme un analogue de la nicotine et offrait donc la possibilité de développer de nouveaux médicaments contre la douleur dépourvue des effets secondaires des opiacés.
    Les études pharmacologiques ont alors fait porter les soupçons sur les sous-unités alpha et bêta des récepteurs nicotiniques de l'acétylcholine. D'un nombre total de 14 (dix dans le cerveau et quatre dans les muscles), les sous-unités s'assemblent par cinq pour former des récepteurs pentamères.
    Afin de confirmer le rôle de celles-ci, l'équipe du Pr Jean-Philippe Changeux de l'Institut Pasteur a créé deux lignées de souris mutantes dépourvues des gènes codant pour alpha 4 et bêta 2. Par une première analyse, les chercheurs ont observé une baisse de l'affinité de la nicotine et de l'épibatidine de 50% chez les souris mutantes hétérozygotes et 100% chez les homozygotes. Confortés par ces résultats, ils ont ensuite mené une série d'expériences visant à déterminer le degré de réponse des animaux à des stimulus de douleur mécanique et thermique. Là encore, les deux lignées mutantes ont montré une perte significative ou totale de sensibilité aux analogues nicotiniques. Seul bémol: la nicotine continuait à avoir une action analgésique sur les souris dépourvues de alpha 4 lors des tests de douleur mécanique. Un phénomène que les chercheurs expliquent par l'intervention des éléments autres que les sous-unités alpha 4 et bêta 2. Ces derniers demeurent toutefois fortement impliqués dans le pouvoir antidouleur.
    Et l'équipe de conclure qu'elles pourraient rapidement devenir des cibles privilégiées pour l'élaboration de la nouvelle génération d'analgésiques.

    Adil BOUKHIMA (Info Science)

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc