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La littérature pleure Naguib Mahfouz

Par L'Economiste | Edition N°:2351 Le 31/08/2006 | Partager

. Premier et seul Prix Nobel arabe de littérature. La bête noire des islamistesLa mort de Naguib Mahfouz a endeuillé le monde arabe et le monde littéraire dans son ensemble. Agé de 94 ans, l’écrivain égyptien s’est éteint hier 30 août dans un hôpital public du Caire. Son état de santé s’était détérioré depuis plusieurs semaines.  Apôtre de la tolérance, l’auteur sera inhumé aujourd’hui jeudi dans la mosquée Al-Rashdan dans le quartier de Madinet-Nasr au Caire. Mahfouz «avait été victime d’un arrêt cardiaque mardi et avait été réanimé», selon un ami proche de l’écrivain, cité par l’AFP. «Mais il a été victime d’un autre arrêt cardiaque», a-t-il dit. Mahfouz avait été placé sous soins intensifs le 14 août. Son état s’était rapidement dégradé avec des complications rénales et pulmonaires, ainsi que des pertes de connaissance. Le président égyptien Hosni Moubarak a rendu hommage à ce grand écrivain, soulignant qu’il «a fait reconnaître la culture et la littérature arabes à travers le monde». SM le Roi Mohammed VI a adressé également un message de condoléances au président égyptien. D’autres chefs d’Etats ont présenté leurs condoléances à la famille du défunt. «C’est le dernier des pionniers», a pour sa part affirmé le biographe et ami de Mahfouz, Raymond Stock. «C’était le seul Egyptien à avoir parfaitement marié l’Orient et l’Occident», a-t-il ajouté. «A mon avis, il a surpassé de nombreux grands romanciers occidentaux», a estimé Stock. Né au Caire en 1911, l’écrivain était l’intellectuel le plus célèbre d’Egypte, avec plus de 50 romans en son nom. Après des études de philosophie, devenu fonctionnaire, il avait publié son premier roman en 1939. Mais il n’a été reconnu que dans les années 1950 après la parution d’une série de 1500 pages, la Trilogie (Impasse des deux palais, Palais du désir et le Sucrier). Il y décrit les espoirs et désillusions politiques d’une famille bourgeoise cairote entre 1917 et 1944. Les nouveaux grands noms du roman, comme son disciple Gamal Ghitani, affirment «être tous sortis du manteau de Mahfouz». Il s’est dit l’héritier des Egyptiens Taha Hussein, Mohammed Hussein Haykal ou Tewfik al-Hakim. Mahfouz affirmait aussi avoir apprécié la poésie antéislamique (décriée par les fondamentalistes musulmans) et lu avec passion le Russe Tolstoï, l’Anglais Dickens ainsi que les Français Zola ou Camus.Mahfouz était connu aussi dans le monde du cinéma. Environ la moitié de ses romans ont été adaptés au cinéma. Il est également l’auteur d’une centaine de nouvelles, dont de nombreuses traduites en anglais, plus rarement en français. La plupart de ses romans ont pour cadre Le Caire. La capitale grouillante et ses quartiers étaient pour lui une métaphore non seulement de l’Egypte mais de l’humanité tout entière, avec ses passions, ses vices, ses certitudes et ses doutes, politiques et religieux. En 1988, Mahfouz est devenu le premier romancier de langue arabe à recevoir le Nobel de littérature. Il reste le seul à ce jour. Intéressé par la politique, le romancier a sympathisé avec le Wafd (l’ex-grand parti nationaliste et libéral) luttant contre le colonialisme britannique avant la révolution nassérienne de juillet 1952. Son chef d’oeuvre «Les enfants de la médina», publié en 1959, a été interdit en Egypte par Al-Azhar, la plus haute autorité de l’islam sunnite, qui l’a jugé «blasphématoire» parce qu’il y présentait une vision désenchantée de la religion. Il avait provoqué en début d’année la consternation d’intellectuels égyptiens pour avoir demandé l’imprimatur d’al-Azhar pour faire enfin publier «Les enfants de la médina» au Caire alors qu’il n’avait pu être édité en arabe qu’à Beyrouth. Malgré ses positions sur Israël, son oeuvre littéraire est devenue un classique, diffusée et étudiée dans tous les pays arabes.Cible en 1994 d’une tentative d’assassinat par un islamiste, Mahfouz a toujours prôné la tolérance et la modération. Depuis cette date, il était paralysé de la main droite et devait dicter ses textes. Mahfouz a été l’un des rares intellectuels égyptiens et arabes, à avoir approuvé les accords de paix entre l’Egypte et Israël en 1979, tout en se déclarant totalement solidaire des Palestiniens. F. Z. T. (AFP)

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