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Politique

La Koutla, c'est fini

Par L'Economiste | Edition N°:1610 Le 26/09/2003 | Partager

. La majorité de Driss Jettou s'est effondrée dans la bataille des grandes villes. Nouvelle configuration du champ politique. Le bureau politique de l'USFP devra trancher sur l'opportunité de rester au gouvernement Le Conseil de gouvernement d'aujourd'hui sera animé. Même si l'ordre du jour comporte l'examen de la loi de Finances pour 2004 et les élections, ce sera surtout la bataille des mairies qui focalisera l'attention avec la nouvelle configuration du champ politique. Force est de constater que la Koutla est finie. Cette vieille dame (Istiqlal, USFP, PPS et l'ex-OADP) qu'on voulait réanimer à l'occasion de l'élection des maires, notamment de Rabat, est morte. Le mécanisme de la majorité gouvernementale n'a pas non plus fonctionné. Ces dysfonctionnements auront un impact négatif sur le travail du gouvernement. Aujourd'hui, les querelles de clocher refont surface. Elles ne manqueront pas de parasiter la cohésion et alimenter la méfiance au sein de l'exécutif. Cela ne fera que compliquer la vie quotidienne à l'équipe au pouvoir. Driss Jettou doit tirer un premier enseignement: la majorité sur laquelle il s'appuie n'est pas homogène. Il est conscient de cette nouvelle donne. Acceptera-t-il de conduire une équipe qui alimente des suspicions entre ses membres? Ce n'est pas sûr, d'autant que l'homme est pragmatique. D'ailleurs, il l'a montré au lendemain de la publication des résultats définitifs des élections communales en recevant les dirigeants de la majorité. Ses consignes étaient claires: élire les présidences des communes sur la base de la majorité gouvernementale. Qui a écouté ses conseils? Personne. Au contraire, ces partis se sont entredéchirés et ont monté des coalitions contre-nature. Cette nouvelle donne l'oblige à rectifier le tir. Un remaniement ministériel n'est pas à exclure. Cette opération présente l'avantage de resserrer les rangs de la majorité autour des partis sortis fort de cette bataille. Du coup, le nombre de ministres sera revu à la baisse. Rappelons qu'à la formation de son gouvernement en novembre dernier, Driss Jettou s'était trouvé dans l'obligation de monter à 38 portefeuilles pour satisfaire tous les partis engagés dans la coalition. Dans ce contexte, plusieurs architectures d'un prochain gouvernement sont envisageables. Un des scénarios en cours part des scores obtenus dans la bataille des mairies des grandes villes et non des résultats des élections du 12 septembre. Aujourd'hui, force est de constater qu'une autre majorité s'est dégagée. Un peu partout, la Mouvance populaire s'est renforcée au point qu'elle est devenue la première force politique du pays. Mine de rien, elle est arrivée en tête avec 22,53% des sièges, sans compter le MDS de Mahmoud Archane (1,31%). C'est le MP qui a remporté les mairies de Rabat et Salé. Deux sur six principales villes sont tombées dans son escarcelle. Dans cette opération, il s'est allié à l'Istiqlal. Donc, c'est légitime que le MP prétend à une plus grosse part au gouvernement, avec plus de portefeuilles au regard de son nouveau poids dans l'échiquier politique. Le même scénario fait basculer l'USFP dans l'opposition. D'ailleurs, une réunion de son bureau politique devra examiner l'opportunité de rester au gouvernement. La date n'est pas encore fixée, mais déjà les couteaux sont aiguisés. Pour certains, c'est Abderrahman Youssoufi qui devra endosser la responsabilité de l'échec du parti à Casablanca même si Khalid Alioua anticipe en criant au complot contre la majorité, culpabilisant ainsi celle de Driss Jettou. Le courant de Mohamed El Yazghi n'est pas exempt de critiques puisqu'il a perdu Rabat, berceau et bastion historique du parti. Pour des militants, c'est une véritable humiliation. Les partisans de ce scénario considèrent qu'il n'est pas judicieux de laisser seul le PJD occuper l'opposition. Des militants de ce parti n'excluent pas cette possibilité. Cela leur permet de mettre de l'ordre dans la maison et se refaire une santé dans l'opposition avant de revenir aux affaires.L'UC a créé la surprise. Elle a remporté deux des grandes villes (Marrakech et Casablanca) alors que le parti était classé à la huitième position lors du scrutin communal (4,18% des sièges). Est-ce le début du retour de l'UC, laminé par les élections législatives de septembre 2002? C'est permis de le croire, d'autant que ce parti s'est allié avec la Mouvance populaire et à l'Istiqlal dans bien des villes.


Mode de scrutin

Le mode de scrutin à la proportionnelle a montré ses limites. Il provoque l'émiettement du champ politique, rendant difficile la constitution de majorités. La plupart des politiques réclament déjà sa révision. Pour eux, le meilleur mode de scrutin est l'uninominal à deux tours. Il consolide la formation de deux grands pôles avec un centre.Cependant, ce chantier risque de tomber dans les oubliettes. La classe politique était favorable à la liste puisqu'elle lui permet de placer en tête ses amis et les barons du parti. Dans ce contexte, le renouvellement des élites n'est pas pour demain. D'ailleurs, l'émiettement de l'échiquier politique risque d'aggraver le taux de participation lors des prochaines échéances électorales. Les spectacles donnés par les politiques lors de la bataille des grandes villes sont décourageants. Pour tout cela, la réforme du scrutin est vitale. Le gouvernement risque aussi d'abonder dans ce sens. Maintenant que les élections sont finies et tout s'est très bien passé, la tentation de tout laisser de côté pour se donner rendez-vous fin 2006, juste avant les prochaines législatives, est grande. On fera encore dans la précipitation, comme d'habitude. Autre projet qui doit voir le jour, et sur lequel le Souverain a insisté à plusieurs reprises, est la loi sur les partis politiques. C'est peut-être par là qu'il faut commencer. Mohamed CHAOUI

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