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    Enquête

    La GRH secouée par la mondialisation

    Par L'Economiste | Edition N°:269 Le 27/02/1997 | Partager

    Devant un groupe de responsables de ressources humaines, M. Peter Mettler a expliqué comment la mondialisation a bouleversé la gestion des ressources humaines. D'abord en raison d'un grand protectionnisme au niveau de l'échange de savoir-faire, ensuite parce que la formation classique ne répond plus à la complexité du travail.


    «La mise à niveau des ressources humaines est un autre défi qui s'impose aujourd'hui aux économies en voie de développement». Le Pr Peter Henri Mettler(1) suggère les mêmes scénarios de perfectionnement des employés que ceux des pays industrialisés. Il est convaincu que chaque pays est «un cas en tête». La mondialisation de l'économie ne permet plus de tergiverser.

    Travail intelligent


    En effet, «tous les DRH sont concernés par les enjeux qu'implique la mondialisation sur leurs organisations», est-il indiqué. C'est d'ailleurs à ce titre que l'Association des Gestionnaires et Formateurs de Personnel (AGEF) commence son cycle de formation 1997 par ce thème. Le séminaire s'est déroulé les 20 et 21 février et a vu la participation d'une dizaine de responsables des ressources humaines.
    «Dans les ressources humaines, comme dans tout autre domaine, la mondialisation ouvre un nouveau chapitre». La tâche des DRH devient d'autant plus difficile que l'apport de l'école semble actuellement limité. A son entrée dans la vie active, le diplômé n'a souvent pas appris à prendre l'initiative. «Tous les systèmes éducatifs enseignent ce qu'il faut faire. Ils ne donnent presque jamais à l'apprenant la possibilité de trouver lui-même la solution aux problèmes posés dans la pratique», explique M. Mettler.

    D'un autre côté, les exigences s'accentuent devant l'ouverture des frontières et la montée de la concurrence.
    De même, la nature du travail a extrêmement changé. Elle est plus complexe. La classique division du travail de Taylor n'est plus. Actuellement, il ne s'agit plus du travail répétitif mais du travail intelligent. «La chaîne se déroule tellement vite que les phases d'un quelconque travail échappent maintenant à la sensibilité humaine». A titre d'exemple, l'embouteillage ou l'action du laser sur un plan de travail ne peuvent être observables. A côté de ces difficultés, involontaires, au transfert de savoir, il y en a d'autres, mais cette fois volontaires.

    La machine


    Plusieurs industries, notamment pharmaceutiques, ne révèlent jamais leur processus de fabrication. Le problème qui se pose, c'est comment former et motiver les travailleurs dans ces conditions. Selon M. Mettler, ces questions demeurent ouvertes, car la réflexion semble tarder. Le système actuel de formation ne peut donner qu'un apport théorique. «Il faut penser à un autre système de formation pour la mise à niveau des ressources humaines».
    Autre défi qui se pose à la gestion des ressources humaines dans les pays en voie de développement, c'est d'assurer le travail aux flux grandissants des demandeurs d'emploi. «Le travail ne peut plus être forcé».

    «Pour être compétitives, ces économies doivent adopter des méthodes modernes, notamment la machine». Selon M. Mettler, il y a en moyenne 15% d'inactifs. Dans les économies industrialisées, ce chiffre atteint plus de 40%. Ces nouvelles conditions ne manquent pas d'opérer un changement de mentalités. Si jusqu'ici les conditions de travail et de déroulement de la formation étaient claires, puisque codéfinies avec les syndicats, aujourd'hui elles deviennent négociables. Parce que chacun veut assurer son poste, la règle devient alors individuelle. Le DRH, au lieu de gérer un dossier, doit dans ces conditions gérer une multitude de dossiers.
    Par ailleurs, l'analyse des données sur les autres pays, essentielle à la prise de décision, n'est plus possible. Les chiffres, quand ils existent, sont anciens. Ils ne sont disponibles, dans les meilleurs des cas, que 2 ou 3 ans plus tard.

    Malika EL JOUHARI.


    (1) M. Peter Henri Mettler, professeur en sciences sociales, planification et analyses des technologies, est en poste à l'Université de Francfort. Il est également président-directeur général de TWD Conseil, organisme chargé de la coopération avec les pays en voie de développement et du transfert de technologies.

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