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Economie

La grand ratage de l’orientation scolaire
Tant de questions sans réponses….

Par L'Economiste | Edition N°:2332 Le 02/08/2006 | Partager

. «Si on choisit Lettres, c’est parce qu’on y réussit le mieux«: le bac pour quoi faire?. L’orientation se fait en fonction du choix de l’élève et de ses notes, pas de l’emploi ni des besoins du pays. Le ministère n’arrive plus à fournir des informations simplesLe ministère de l’Education nationale ne sait plus répondre aux questions essentielles. Les chiffres ne sortent pas facilement. Les résultats de réussite du baccalauréat par Académie ne sortent carrément pas. «Ce sont les Académies qui annonceront le résultat par régions», explique le directeur du Centre national des examens, Mohamed Sassi. Contentons-nous de la moyenne nationale! Pourtant, deux semaines sont passées depuis l’annonce des résultats nationaux. De même la requête du détail des résultats (le classement par lycées par exemple) n’a pu être satisfaite. Motif: «Nous n’avons pas encore ces détails. Il nous faut une semaine pour travailler dessus et ramasser les informations», explique Sassi. Le MEN a pourtant investi pour sa réorganisation et sa régionalisation en systèmes d’informations intranets performants (cf.www.leconomiste.com).Deux semaines! Le comptage d’élections nationales prend moins de temps. La vision de la régionalisation est vraiment mauvaise.Deux semaines plus tard, pas plus de classement qu’au moment de la demande. Puisque le résultat global est rendu public, comment ne pas rendre public aussi le détail et le plus vite possible? Combien de personnes, combien d’énergies perdues à produire des chiffres qui ne servent qu’une conférence de presse ou un conseil de gouvernement?En revanche, la direction du Centre national des examens veut bien prendre le temps de «catégoriser» «(sic) les Académies dont le taux de réussite au baccalauréat est inférieur à 50% et ceux qui ont un taux supérieur, pour nous «aider à faire notre analyse».Mais même ceci… n’a pas été fait, encore moins communiqué. Au lieu de promettre un travail qui prend du temps, n’aurait-il pas été plus simple de donner le détail? Qu’y a-t-il donc à cacher dans ces détails?En réalité, l’Education nationale ne sait pas (plus) répondre sur les fondements. Encore moins sur la politique de l’orientation qui, en réalité, doit commencer au collège.Selon le Directeur de la formation des cadres, Abdelhafid Debbarh, «le pourcentage légèrement élevé des bacheliers littéraires (ndlr: 52% des bacheliers contre 34% en 2005) pourrait s’expliquer par une amélioration globale des taux de réussite dans cette filière, comparativement à celui obtenu dans les sciences expérimentales». Ce responsable confirme ce que supposent les observateurs: on ne choisit pas «Lettres» par passion, mais parce qu’on y réussit plus facilement.Debbarh ajoute que «le Maroc a des besoins en compétences littéraires», mais de combien ces besoins? Pour faire quoi après? Où vont-ils se trouver dans les chantiers lancés par le Royaume?En réalité rien n’est fait pour encourager les élèves à choisir les filières qui porteront le mieux les profils dont le Royaume a besoin. Pas de système de motivation ou d’orientation. C’est à la discrétion de l’élève, de ses notes, et de ses parents.A la discrétion d’un système piégé par lui-même. Si on a des meilleures notes, on essaiera les sciences ou l’économie. En 2004, l’ancien directeur du Centre des examens, Mohamed Kharbach, avouait que les mesures concrètes pour rééquilibrer les choix des filières n’étaient pas encore prêtes (cf. L’Economiste du 20 juillet 2004, www.leconomiste.com). Deux ans après, son successeur, Mohamed Sassi, peine à fournir des informations et se contente de paraphraser son patron Habib El Malki. Peut-être n’a-t-il pas la liberté d’agir comme il le souhaite? En attendant, on ne sait toujours pas combien coûte un bachelier, combien de temps cela prend pour le former et l’on ne sait toujours pas comment configurer l’école pour la vie active.


Où vont les bacheliers

Selon le directeur de la formation des cadres, Abdlehafid Debbarh, les 86.000 bacheliers de 2005 inscrits dans des établissements publics se ventilent comme suit:- 40% dans les sciences juridiques, économiques, sociales et de gestion- 29% dans les lettres et sciences humaines- 20% inscrits dans les filières scientifiques et médicales- 11% inscrits dans les sciences de l’ingénieur et les sciences techniquesCette ventilation, trop approximative, est à prendre avec beaucoup de précautions, mais il a été impossible d’obtenir des détails pertinents. Les critères sont arbitraires et ne permettent pas de lire les grands mouvements d’orientation. De plus, il semble que le classement soit très imprécis: les sciences humaines ne seraient-elles pas mieux rangées avec les sciences sociales qu’avec les lettres, par exemple? . Plus on avance, plus on redoubleLes taux moyens de redoublement d’un cycle à l’autre augmentent avec l’âge. Au primaire, 13,8% des élèves redoublent. Au collège, le taux passe à 18,4%. Sur la partie «secondaire qualifiant» (les trois années précédant l’examen du baccalauréat), il est d’environ 20%. A l’examen du baccalauréat même, 52% des lycéens ont échoué.Objectif de la réforme de l’EN: réduire à 15% le taux de redoublement dans l’enseignement secondaire qualifiant (les trois années du bac). Ce qui veut dire que non seulement il y aura plus de deux fois plus de lycéens en 2013 par la force démographique, mais en outre on compte bien en faire passer davantage par année. L’orientation est doublement cruciale.M.Kd

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