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Economie

La floriculture marocaine malade

Par L'Economiste | Edition N°:203 Le 09/11/1995 | Partager

La concurrence des nouveaux pays producteurs, la faiblesse du marché local, le prix du fret jugé élevé, les droits de douane, le manque de sérieux de certains professionnels.... autant de maux qui rongent le secteur de la floriculture marocaine.


Les professionnels de la floriculture marocaine attendent de la sixième édition d'Exiflor une clarification. Pour certains d'entre eux, cette rencontre annuelle des producteurs-exportateurs devrait permettre une réorganisation de leur profession dans le sens de l'assainissement d'une situation jugée préoccupante au regard des problèmes qui la rongent.
Hormis le glaïeul cultivé en plein air, les autres variétés de la floriculture marocaine sont réalisées sous-serres. La totalité des exploitations sont concentrées dans trois zones de production: Agadir avec 33,8% des superficies, Casablanca 32,8% et Marrakech 28,6%. L'examen du tableau de la répartition des espèces de fleurs fait apparaître un recul de 12% des surfaces consacrées à la rose. Cette diminution a été compensée par une hausse de 45,5% des surfaces réservées à la culture des illets.

La quantité des fleurs exportées pour la saison 1994-95 a atteint 4.000 tonnes. Pour la campagne précédente, le Maroc a exporté vers les pays de l'U.E. 3.537 tonnes.
Pour la même période (du 1er novembre 1993 à juin 1994), l'Europe a absorbé 23.218 tonnes de fleurs de Colombie, 23.535 d'Israël, 26.425 du Kenya, 8.935 du Zimbabwe. Comparée à ses concurrents, la part du Maroc dans les importations européennes reste faible: 0,6% contre 6,6% pour Israël par exemple.
Le marché français reste la première destination de la floriculture marocaine, même si sa part s'est vue régresser pour atteindre 40% contre 60% il y a à peine trois ans. La France préfère la rose, l'illet et le glaïeul marocains, particulièrement à l'occasion des fêtes. Le prix varie en fonction de la période. A Noël, les prix sont plus élevés.

Une concurrence de plus en plus vive


Pour pallier cette baisse, les producteurs marocains ont tenté de pénétrer d'autres marchés tels ceux des pays scandinaves, de l'Autriche, du Canada... Les exportations vers la Grande-Bretagne et l'Allemagne représentent 10 à 15%. D'autant que la fleur marocaine s'est trouvée confrontée à la concurrence de nouveaux pays producteurs ayant des facilités d'accès aux pays de l'Union Européenne. La Colombie bénéficie d'exonérations douanières dans le cadre de la lutte contre la culture du coca. Les pays des A.C.P. entrent sur les territoires communautaires à des droits nuls en vertu des Accords de Lomé. Les fleurs d'Israël sont soumises à un contingent tarifaire plus large que celui accordé au Maroc. Au Kenya, les fleurs sont cultivées par des Hollandais, qui ont un savoir-faire et détiennent 70% de la commercialisation de la fleur dans le monde.
Selon Ampexfleurs, le quota en exonération de droits de douane accordé au Maroc est de 800 tonnes dont 300 sur l'U.E. et 500 sur la France. Pour le reste, les droits de douane sont fixés à 15% entre le 1er novembre et le 31 mai. Au-delà de cette date, ils passent à 20%.

Le fret jugé cher


A ces difficultés inhérentes au marché s'ajoute celle liée au fret. Il représente en moyenne 35% du prix de vente. Sur les vols passagers, les exportateurs sont autorisés à mettre dans les soutes d'avions 300 kg. Quant aux vols cargos, selon Ampexfleurs, la RAM a réduit les destinations en proposant trois plates-formes: Paris, Bruxelles et Milan. A partir de ces villes, les exportateurs peuvent faire des continuations par des camions frigorifiques. "Pour être mobilisés, les camions doivent être pleins, soutient un producteur. Ce n'est pas toujours le cas pour tous les exportateurs. En outre, Air France applique un supplément de 3 DH au kg pour les continuations par aéroport".
Ceci n'arrange pas les affaires des exportateurs dont 90% sont obligés d'exporter par avions. Certaines variétés peuvent être expédiées par camions comme l'illet et le glaïeul, mais seuls 3 ou 4 producteurs marocains peuvent remplir un camion, nécessitant la production d'une superficie de 10ha.

Quant au marché local, il absorbe à peine 10% de la production en dépit de l'ouverture des éditions d'Exiflor au public. Pour Ampexfleurs, cette faiblesse de la consommation locale vient du fait que "la fleur reste assimilée à un luxe". Au Maroc, le consommateur n'a toujours pas intégré la fleur comme cadeau.
Certains producteurs n'auraient pas payé les royalties aux obtenteurs (4 à 8 DH par plan de rosier) qui envoyaient régulièrement les nouvelles variétés inventées."Ils ne le font plus et le Maroc fonctionne avec de l'ancien, sans les nouvelles modes. A peine 60% des producteurs sont à jour avec les royalties", affirme un membre d'Ampexfleurs. Sans parler des pépinières qui multiplient les plants de roses sans aucune autorisation.

Mohamed CHAOUI.

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