×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

    Economie

    La flambée des prix gagne l’aliment de bétail

    Par L'Economiste | Edition N°:2819 Le 14/07/2008 | Partager

    . Les prix suivent les cours internationaux. 90% des matières premières sont importéesLes producteurs de lait sont en colère. Le prix des aliments de bétail ne cesse d’augmenter. Selon Khouyi Baba Mohamed, directeur de la Fédération nationale de la production laitière, «l’aliment composé a subi deux augmentations de 15 centimes en l’espace d’un mois. En ce moment, il se vend à 3,20 DH contre 2,20 DH il y a moins d’un an. Le maïs, autre aliment de bétail, qui coûtait 60 centimes il y a moins d’un an, se vend maintenant à 1,20 DH». En moyenne, une vache laitière consomme 30 kg de maïs par jour, soit un total de 36 DH au lieu de 18 DH il y a un an. Pour un cheptel de 20 bêtes, il faut compter 600 kg de maïs, multiplié par les 305 jours correspondant à la période de lactation. La facture pour cet aliment se monte à elle seule à 180.000 DH. Le complément minéral vitaminé (CMV) n’est pas en reste. Vendu à 4.90 DH l’année dernière, il est actuellement commercialisé à 12 DH. «L’aliment composé pour bovins coûte chez nous, en moyenne, 3,30 DH. Il a augmenté de presque 1 DH depuis septembre dernier suite au renchérissement des matières premières à l’échelle internationale. 90% des matières premières introduites dans cet aliment sont importées des USA, Brésil et Argentine, qui sont les plus grands producteurs d’aliment pour bétail», confirme Mestari, directeur commercial de la société Alf Atlas. De l’avis des importateurs, la flambée des prix est due aux cours internationaux, d’autant plus que 90% des matières premières entrant dans la fabrication de l’aliment de bétail sont importées. «Nous importons pratiquement tous les composants de l’étranger. Les prix de l’aliment composé varient entre 3,20 à 3,45 DH, contre 2 DH à 2,45 DH il y a à peine un an. Ces prix suivent les cours des matières premières à l’international. Et parmi les raisons qui expliquent la flambée des prix, l’utilisation du maïs pour la production de l’éthanol, l’évolution des habitudes de consommation des pays asiatiques, notamment l’Inde et la Chine, qui intègrent depuis quelque temps de plus en plus de produits d’origine animale. Et puis la récolte des céréales qui n’a pas été très bonne cette année», affirme Abdelghani Baraka, responsable du Service ruminants à Inaam, société spécialisée dans l’aliment composé. Un fonctionnaire du ministère de l’Agriculture confirme qu’en général la demande des produits alimentaires a augmenté de manière significative, principalement dans les pays émergents, en raison, entre autres, de l’amélioration de leurs revenus. Selon ce fonctionnaire, le prix de tous les intrants a été multiplié par trois depuis dix ans. Et pourtant, les producteurs de lait continuent de percevoir 3,10 DH le litre de lait, alors qu’en France ce prix est indexé sur le coût des intrants. «Le prix d’un litre de lait, ou même d’un kilo de viande, n’est plus le même. Le prix de revient du lait se situe actuellement entre 4 et 4,20 DH alors que le prix de vente est de 3 DH», ajoute Mestari. Le prix consenti aux producteurs n’est pas uniforme. «Notre coopérative est productrice de lait, contrairement à Centrale Laitière qui, elle, se contente de faire de la collecte. Nous avons 13.000 adhérents et nous leur payons le lait à 3,90 DH. Et pour encourager la qualité, nous accordons aux producteurs une prime de 25 centimes, qui s’ajoutent aux 3,90 DH que nous leur versons», déclare Ali Bekkari, directeur commercial de Copag, coopérative commercialisant ses produits sous la marque Jaouda. La principale mesure mise en place par le ministère de l’Agriculture pour contrer les effets de la hausse des prix consiste en la suppression, depuis février 2007, des droits d’importation sur une dizaine des produits utilisés dans la fabrication des aliments composés. En raison de la sécheresse, le ministère avait mis en place un programme de subvention de l’orge, du maïs, de l’aliment composé et du transport des aliments de bétail, pour un budget global de 1 milliard de DH. Selon un fonctionnaire du ministère de l’Agriculture, ce programme a pris fin en avril dernier. La même source affirme que la flambée des prix est imputable à l’usage massif des produits alimentaires dans la production de biocarburant. En effet, 30% de la production américaine de maïs, par exemple, est destinée à la production du biocarburant. De plus, les stocks mondiaux ont diminué en raison de la sécheresse dans plusieurs régions du monde, assortie d’une mauvaise récolte.Contactée par L’Economiste, Centrale Laitière reconnaît les difficultés dans lesquelles opèrent les producteurs laitiers en raison de la hausse des prix des intrants. C’est la raison pour laquelle l’entreprise avait mis en place, en octobre 2007, un programme d’aide en faveur de ses partenaires, portant sur la subvention de 20.000 tonnes d’aliment, soit l’équivalent de la consommation annuelle moyenne des exploitants partenaires. Cette opération touche bientôt à sa fin et des équipes sont actuellement mobilisées pour étudier l’opportunité de la reconduire si la conjoncture internationale l’impose. En attendant, Khouyi Baba tire la sonnette d’alarme: «Au rythme où vont les augmentations, il y a de fortes chances pour que les producteurs laitiers se reconvertissent dans d’autres activités plus rentables. Le Maroc sera alors obligé d’importer du lait». Hassan EL ARIF

    • SUIVEZ-NOUS:

    1. CONTACT

      +212 522 95 36 00
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]

      70, Bd Al Massira Khadra
      Casablanca, Maroc

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc