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Politique

La filière afghane était «quasi officielle»

Par L'Economiste | Edition N°:1565 Le 21/07/2003 | Partager

. Dix ans pour le doyen des «Marocains afghans» . Il a été un infirmier remarqué . Deux autres prévenus acquittés pour «manque d'éléments constitutifs» A son procès, Rafiki, fatigué, a été auditionné assis sur une chaise. Titubant, il se dirige vers la barre. «Cela me gêne de raconter ma vie», a-t-il répondu au juge qui lui a demandé d'en donner un aperçu. Mais le doyen des Marocains afghans se ravise et dévoila les secrets d'un parcours plein de péripéties. Tout le monde suit son récit avec le plus grand intérêt. Abou Houdaifa a voyagé partout dans le monde. Mais il est tombé amoureux «par pur sentiment religieux», précise-t-il, de l'Afghanistan. Dès l'âge de 15 ans, Rafiki dit avoir participé à la lutte pour l'indépendance du Maroc. N'ayant pas terminé ses études, il s'est rabattu sur le métier d'infirmier qui lui a permis «au prix de sérieux efforts» d'intégrer l'école des cadres, «la plus haute instance en infirmerie». Il est persuadé que «le diplôme équivaut à quatre années en médecine». Ses talents en infirmerie permettront à Rafiki de jouer un rôle important dans la guerre contre les Soviétiques en Afghanistan. Il soignait les blessés venant du front, dont plusieurs Marocains. C'est justement ainsi qu'il gagnera au gré des rencontres le respect de ses compatriotes et compagnons de guerre. Au Maroc, il affirme avoir été «parmi les fondateurs de l'association d'aide aux hôpitaux de Casablanca, dont le président est Mohamed Sekkat». . Fikri «petit enfant»L'étape afghane en 1990, Rafiki la situe dans le cadre «officiel», précise-t-il, de l'Association marocaine d'aide aux Afghans, dont le président n'est autre qu'Abdelkrim El Khatib. «Toute la Oumma musulmane aidait les combattants Afghans et les USA apportaient le soutien logistique», ajoute-t-il. De retour au Maroc, Rafiki avait parmi ses bagages du matériel médical, dont un scanner pour le cerveau. «J'ai été accueilli par l'ordonnateur en personne qui m'a aidé dans mon passage à la douane». Cet altruisme invoqué par sa défense est celui-là même mis en avant par Abou Houdaifa pour justifier les rencontres qu'il organisait chaque vendredi chez lui autour d'un plat de couscous. «Seulement, parmi les personnes qui y assistaient, dit le procureur, figurent des noms comme Mohamed Damir, Youssef Fikri (condamnés à la peine de mort, entre autres pour meurtre) ou Abdelkarim Mejjati, recherché par la police et Omar Maârouf appartenant au mouvement intégriste dit Salafia Jihadia. A aucun moment, Abou Houdaifa n'a nié connaître ces personnes et d'autres dont les noms lui ont été mentionnés par le juge. Il n'a pas hésité à traiter Fikri de «petit enfant». En revanche, il a «catégoriquement nié toute relation avec leurs croyances et encore moins leurs activités». En 1993, Rafiki, installé alors en Afghanistan, est allé rendre visite à Mejjati en compagnie d'un certain Faiçal venant de Bosnie. Ces derniers sont fichés comme faisant partie d'un mouvement intégriste. Mejjati qui a été joint à un groupe de huit personnes recherchées serait un expert en fabrication d'explosifs et de cartouches modifiées. Il est accusé d'avoir fourni de faux passeports à des Marocains ayant voyagé en Afghanistan. Il est aussi soupçonné d'avoir contribué aux attentats du 16 mai à Casablanca. Le réquisitoire du procureur général s'est beaucoup appuyé sur les circonstances, «qui ne peuvent émaner de simples coïncidences» et qui ont fait que Rafiki a été en contact avec des personnes plus ou moins impliquées dans des actes de violence perpétrés au nom de la religion. Il serait par ailleurs en relation avec quatre Saoudiens proches du réseau d'Al Qaida, dont Zouheir Toubeiti et Abdellah Tabarek. Il aurait intervenu pour aider ces derniers à se marier avec une Marocaine. Cet acte, Rafiki le présente comme «une initiative sans arrière-pensée». Néanmoins, les autorités l'ont considéré comme une tentative de légitimer la présence d'éléments subversifs au Maroc.


Dix ans pour Abou Houdaifa

Deux membres présumés de la Salafia Jihadia ont été condamnés, dans la nuit du vendredi 18 au samedi 19 juillet par la Cour d'appel de Casablanca, à 10 ans de prison ferme chacun. Il s'agit d'Ahmed Rafiki, 65 ans, alias Abou Houdaifa et de Mohamed Bejjaoui, Imam d'une petite mosquée au quartier Lahraouiyyine. Quant à Mustapha Amrine et Abderrahim Ben Aisse, ils ont été acquittés pour manque d'éléments constitutifs dans leurs dossiers. Les condamnés ont été poursuivis pour «constitution d'une bande criminelle, participation et tentative de meurtre avec préméditation, utilisation d'un faux passeport, participation à l'émigration illicite et tentative de destruction des édifices publics par des matières explosives».M. Bk

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