×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

La Fête de l'Architecture : Les architectes souhaitent une répartition égalitaire de la commande publique

Par L'Economiste | Edition N°:65 Le 04/02/1993 | Partager

La Fête de l'Architecture s'est tenue, du 27 au 30 Janvier, sous le thème "L'architecture écrit notre histoire". Le principal message de la Fête était que l'architecture est une oeuvre collective. Les architectes et leurs partenaires sont appelés à l'amélioration qualitative de l'oeuvre architecturale en exigeant leurs droits et en remplissant au mieux leurs obligations.

La Fête de l'Architecture s'est tenue sur quatre jours. Séminaires, tables rondes, expositions et dîner de gala étaient au rendez vous. Il s'agissait, en même temps que de penser la profession d'architecte et la réalisation architecturale, d'analyser les relations de celle-ci avec ses différents partenaires.

Parmi les thèmes traités, a figuré la relation entre l'architecte et l'Administration et notamment la répartition de la commande publique et semi-publique. L'Ordre des Architectes propose un maximum d'honoraires de 3 millions de Dirhams par an et par architecte. Lorsque l'envergure du projet est plus importante et sa réalisation exige un délai long, ce plafond peut être lui-même reconduit sur plusieurs années.

Dans le cas où le projet est "d'impact" (rôle particulier, grande envergure), la procédure de concours est recommandée. L'objectif de ces mesures est d'arriver à une répartition égalitaire entre les architectes et d'offrir des opportunités pour ceux nouvellement installés.

Concurrence déloyale

Par ailleurs, l'Ordre des Architectes souhaite l'établissement d'un contrat qui fixerait le minimum d'honoraires aussi bien pour les commandes publiques ou semi-publiques que celles privées. Pour les premières, une circulaire du Premier ministre établit un contrat type mais son application reste limitée.

"L'établissement d'un minimum d'honoraires est recherché en vue de promouvoir la qualité architecturale",

explique M. Saïd Fassi Fihri, Président du Conseil Supérieur de l'Ordre. Ce contrat devrait également éliminer la concurrence déloyale ou les architectes qui travaillent au rabais.

De plus, "nous ne pouvons pas sanctionner les architectes avant de leur offrir les conditions favorables d'exercice", ajoute-t-il. Les architectes doivent avoir les moyens matériels afin de bien penser leur plan, mais également de se pencher sur la recherche.

Lors des amendements du dernier texte réglementant la profession, les architectes avaient refusé l'exercice de la profession sous le statut juridique d'une société anonyme. Leurs justifications étaient que la société anonyme, même si elle présente des avantages au niveau fiscal, dilue la responsabilité de l'architecte, ce qui porterait ainsi atteinte à la qualité architecturale. Mais, ils restent actuellement insatisfaits de la fiscalité qui leur est appliquée. Le taux de la cotisation minimale auquel ils sont assujettis est de 6% de leur chiffre d'affaires. Ce taux est estimé très élevé par la profession.

D'autres sujets ont été évoqués au niveau des tables rondes. Le principal message de la Fête de l'Architecture a été que l'architecture est une oeuvre collective. Les obligations des architectes ainsi que de leurs partenaires ont été mises en relief. Les architectes depuis la Loi de l'Urbanisme (n°25-90) ont une mission complète. Ils sont tenus "de réaliser la conception ou la modification architecturale de l'oeuvre, d'établir les documents graphiques ou pièces écrites relevant de la conception ou la modification architecturale (...) et d'assurer le suivi de l'exécution de l'ouvrage (...)" ( article 12). Il sont également tenus de déposer des pièces écrites (cahier de charges, prescriptions spéciales, descriptions des ouvrages) à la conservation foncière.

Cette nouvelle réglementation, issue une circulaire du Premier ministre, n'est pas encore appliquée par l'ensemble des Communes. Son entrée en vigueur ne pourrait devenir effective que si les usagers exigent

Droits des usagers

En contrepartie, "l'usager ou le commanditaire doivent s'engager de construire en respectant l'environnement", affirme M. Abdelali Guessous, Président du Conseil National de l'Ordre. A l'architecte, "garant de l'intérêt public", de définir la conception architecturale ou au moins d'y contribuer.

Les commanditaires disposent également d'obligations envers les architectes, dont notamment l'établissement définitif du cahier de charges. Les relations entre les deux partenaires ont été "décortiquées" lors d'une table ronde en présence d'un responsable de la Compagnie Générale Immobilière.

Au niveau des échanges, ingénierie et architecture, les architectes souhaitent une organisation de cette profession. Celle-ci devrait fixer un contrat stipulant un minimum d'honoraires, qui permettrait à ses membres d'exercer dans de bonnes conditions et d'optimiser la relation ingénieur-architecte.

La relation architecture et patrimoine a été évoquée au niveau de la table ronde sous le thème "Architecture, histoire et modernité". Le problème de la continuité dans l'architecture a été posé. M. Saïd Fassi Fihri, exprimant ici son avis personnel, estime qu'il y a rupture. "Une mutation de la manière d'habiter de la médina à la nouvelle ville s'est produite rapidement". Par exemple, pour les programmes d'habitat, les promoteurs privés ou étatiques ont relogé sans tenir compte des modes de vie et des traditions. "La modernité doit être adaptée aux usages (une salle pour femmes et une autre pour hommes, l'espace suffisant pour le sacrifice de l'Aïd El Adha, par exemple", ajoute-t-il.

Une cellule de recherche

Afin de rattacher l'architecture au patrimoine (comprenant tant les styles anciens qu'actuels), la connaissance de celui-ci s'impose en premier lieu, de même que les possibilités d'adaptation et d'amélioration des matériaux de construction locaux.

Une cellule de recherche devrait être créée en vue d'approfondir la connaissance du patrimoine et des mode des vie. La sensibilisation des architectes et de leurs différents partenaires sera poursuivie. Dans l'attente de cette nouvelle cellule, la recherche est déjà entamée au niveau de l'Ecole Nationale d'Architecture pour ce qui est de la vulgarisation du patrimoine.

Une soixantaine de sociétés ont participé à l'exposition qui s'est déroulée sur le parking de l'hôtel. Etaient présents entre autres des cimentiers, des assureurs, des entreprises d'ascenseurs ou d'ameublement. "Notre objectif n'est pas de conclure des contrats, mais surtout de nous faire connaître", explique un exposant. Tel est le cas des Ciments du Maroc, nouvelle marque issue de la fusion des Ciments d'Agadir avec Cimasfi.

La Royale Marocaine d'Assurances, quant à elle, a profité de l'occasion pour offrir un nouveau produit regroupant la responsabilité civile professionnelle et celle décennale.

La manifestation s'est clôturée sur une note de fête avec le dîner de gala. "Les architectes ce sont également des gens qui savent s 'amuser selon la tradition des Beaux-Arts", fait remarquer l'un d'entre eux.

Laïla TRIKI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc