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Politique Internationale

La fermentation temporelle d'un fonctionnaire

A partir de demain, le nouveau feuilleton de L'Economiste pour le Ramadan

Par L'Economiste | Edition N°:655 Le 08/12/1999 | Partager

· L'auteur, Réda Allali, est un ingénieur qui introduit l'approche du scientifique dans la littérature: Une première pour le Maroc
· Le héros, Kamal, est un expert du laisser-aller, un génie de la vacuité et il est contagieux...
· C'est la vie de la capitale administrative qui sert de toile de fond à une journée ramadanesque de Kamal


C'est arrivé de la manière la plus étrange. Une petite demoiselle, souriante jusqu'au bout de ses lunettes rondes: «Vous avez publié le roman de Rida Lamrini en feuilleton l'été dernier, j'ai aussi un texte, je voudrais vous le montrer». Et la petite demoiselle déposa le lendemain, une enveloppe contenant une quarantaine de feuillets accompagnés d'une lettre manuscrite d'une écriture toute petite comme elle, et comme elle pétillante d'intelligence.

Rêvasseries aussi futiles que fréquentes


Le manuscrit, signé Réda Allali, est d'une facture aussi étrange que l'arrivée de la proposition. En le découvrant, on a eu du mal à imaginer qu'un écrivain marocain puisse adopter ce genre d'écriture, que l'on croyait réservée à des écrivains scandinaves dont Gaardner est le chef de file (trois livres traduits en français au cours de ces dernières années). Pourtant, dans le manuscrit de Réda Allali, les lieux et les personnages sont bien ceux de Rabat, la capitale administrative, et non Oslo ou la Finlande.
Le style adopte le phrasé et les références propres aux techniciens ou chimistes. L'explication est pourtant simple: l'auteur est un ingénieur marocain qui, après un passage dans la fonction publique, a fini par atterrir chez une multinationale spécialisée dans les nouvelles technologies.
Mais cet ingénieur est un timide. C'est ce qui explique qu'une de ses amies, la petite demoiselle aux lunettes rondes, ait proposé son manuscrit à la lecture de L'Economiste.

Bouillon de culture, professionnel, social et familial


Notre ingénieur, lui, était persuadé que cela «n'intéresserait personne de savoir comment cela se passe dans les administrations en surnombre et comment cela finit par détruire l'énergie des hommes qui s'y complaisent».
En décrivant une journée de son héros à Rabat, Réda Allali décrit comment il apprivoise tout ce temps qu'il a en abondance. Mais cela ne se fait pas sans retour de bâton puisque le héros, Kamal, tombe dans des rêvasseries aussi futiles que fréquentes. Il «fermente».
Et c'est par la maîtrise de l'écriture que l'auteur décrit cette étrange fermentation humaine dans son bouillon de culture professionnel, social et familial. Peu à peu, l'énergie s'amenuise. Ce qui en reste va s'investir dans des activités ineptes qui contaminent les jeunes. Kamal vide soigneusement toute sa vie: «Il cultive son vide culturel, affectif et professionnel». Au lieu de réagir, il s'enfonce avec délice dans la «fermentation».
A demain donc.

Nadia SALAH

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