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    La difficile installation de Renault en Russie

    Par L'Economiste | Edition N°:504 Le 11/05/1999 | Partager

    · Le marché divisé par 10 à cause de la crise
    · Le poids de la bureaucratie

    Une Mégane russe vaut 13.500 Dollars, soit 127.000 DH, contre une fourchette allant de 148.000 DH à 173.000DH au Maroc suivant les options. La différence avec le prix russe s'explique par la fiscalité marocaine.
    En avril dernier, Renault et son partenaire russe, la mairie de Moscou, avaient marqué en grande pompe la fabrication de la première Mégane en Russie. En fait, la coque peinte de la voiture est importée de l'usine Renault de Bursa, en Turquie. L'atelier russe n'a plus ensuite qu'à monter une soixantaine de pièces: phares, sièges, bouclier, etc.
    L'enjeu est toutefois considérable. La société Avtoframos, créée à parité par Renault et la Mairie de Moscou, prévoit de produire jusqu'à 120.000 véhicules par an à partir de 2005-2007. La marque française devra investir 420 millions de Dollars (3,7 milliards de DH). La Mairie
    fournit le terrain et les bâtiments, qu'elle prend sur le site de la firme automobile Moskvitch, dont elle est propriétaire.
    Conclu en décembre 1997 en pleine euphorie du décollage russe, le projet a connu depuis de sérieux ajustements. Les investissements lourds seront réalisés avec une extrême prudence, en fonction de la réaction d'un marché assommé par la crise. Il reste aussi un obstacle à surmonter: la signature d'une convention d'investissements. L'accord est quasiment conclu avec la Mairie, qui a accepté d'exonérer Avtoframos des taxes locales. Les discussions sont plus difficiles avec le gouvernement. "C'est bien normal de demander des exemptions douanières lorsque l'on fait des investissements qui ne sont pas immédiatement rentables", plaide Renault.
    La plupart des grands investisseurs occidentaux ont choisi de rester en Russie. Mais ils ont réduit la voilure.
    Depuis début 1999, Renault n'a vendu que 300 véhicules en Russie, soit moins qu'au Maroc. Une chute vertigineuse après le bond de 1998. La firme avait alors vendu 3.000 voitures et ce, malgré une fin d'année catastrophique due à la crise du 17 août 1998. Le marché des automobiles importées, lui, a baissé de plus de la moitié depuis août 1998.
    Pour l'instant, seules 80 personnes travaillent à Avtoframos dont une dizaine dans l'atelier même. Les autres sont des comptables et des experts fiscaux, employés au département financier. On reconnaît, chez Renault, avoir initialement sous-estimé la complexité bureaucratique et comptable en Russie. La plupart du personnel est jeune et surqualifié. Renault a évité d'embaucher des "anciens", marqués par les habitudes de travail communistes. "On ressent une différence culturelle", explique Guy Bara, le directeur général d'Avtoframos, "les employés russes manquent de capacité de décision et d'autonomie".


    Le casse-tête de l'intégration


    Les Méganes devront progressivement être produites en Russie, c'est-à-dire avec des pièces fabriquées sur place. C'est une exigence des Russes. Mais pour cela, il faut que les fournisseurs de Renault suivent et s'installent, seuls ou en s'associant. Or, le cadre légal n'est guère attractif. "Il a fallu expliquer ce qu'est pour nous l'intégration", se souvient Bara. "Une Renault sortie de Douai est fabriquée à 70% à partir de pièces produites à l'étranger. Ici, les constructeurs étaient totalement intégrés, fabriquant tout eux-mêmes". Exemple de cette politique: Avtoframos va bientôt recevoir des bâtiments de 98.000 mètres carrés, qui ne représentent qu'une partie seulement du site de Moskvitch. On a débarrassé le parking des files de Moskvitch non finies qui attendaient le jour où la firme aurait réglé ses dettes pour recevoir des pare-brises, des phares, etc. Le maire, dit-on, n'en supportait plus la vue.

    Véronique SOULE
    Syndication
    L'Economiste/Libération-France

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