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Economie Internationale

La démission du ministre allemand des Finances dope l'Euro

Par L'Economiste | Edition N°:463 Le 15/03/1999 | Partager

· Le départ d'Oskar Lafontaine a résolu le problème qui l'opposait à la BCE

· L'espoir d'une baisse des taux de la BCE a influencé le rendement des obligations

Lafontaine fait de l'Euro une monnaie heureuse. Et ce n'est pas une fable. Après la démission du ministre allemand des Finances Oskar Lafontaine, la monnaie européenne a pris des couleurs. Avant l'annonce de cette démission, l'Euro valait 1,0880 Dollar. Le départ de l'argentier allemand, annoncé jeudi dernier, l'a hissé à 1,0950 pour atteindre, une demi-heure après, 1,1040 Dollar à New York. «Le départ d'Oskar Lafontaine a donné un coup de pouce à l'Euro parce que cela semble éloigner les problèmes politiques entre la Banque Centrale Européenne et les gouvernements européens, en particulier le gouvernement allemand», déclare Gérard Lyons, économiste chez DKB International à Londres.
Toutefois, la faiblesse de la monnaie unique était avant tout due aux signes de ralentissement de l'économie européenne, principalement allemande. «Cela laisse l'Euro relativement faible et vulnérable», a estimé M. Lyons. Ce dernier prévoit que la monnaie unique «va probablement conserver une partie de ses gains mais ne devrait pas aller au-delà des niveaux de jeudi soir».
Malgré son repli, l'Euro reste nettement au-dessus de ses niveaux antérieurs à la démission de M. Lafontaine (1,0817 Dollar jeudi en fin d'après-midi à Londres).

Au total, «l'effet Lafontaine» a permis à la monnaie européenne de retrouver ses niveaux de mercredi. Il lui a permis également d'annuler l'effet des derniers chiffres des ventes de détail aux Etats-Unis. Des chiffres qui ont confirmé la force de l'économie américaine, facteur de soutien au Dollar.
Selon M. Lyons, «l'inflation reste faible dans les principaux pays européens et autorise la Banque centrale européenne à baisser ses taux si elle le souhaite».
Les statistiques publiées jeudi renforcent ce raisonnement. Ainsi, le Produit Intérieur Brut italien a reculé de 0,3% au quatrième trimestre 98, l'inflation allemande a été confirmée à 0,2% en février et celle en France a été de 0,3%.
La baisse des taux de la Banque Centrale Européenne, en tant que possibilité, a déjà commencé à influencer le marché des obligations.
En effet, les rendements des obligations dans la zone Euro se détendaient nettement vendredi en matinée sur des espoirs renouvelés de baisse de taux par la BCE. Espoirs devenus donc dominant après la démission de Lafontaine. Le rendement allemand à dix ans (janvier 2009), référence dans la zone Euro, passait sous le seuil des 4% à 3,998% contre 4,053% jeudi et 4,065% mercredi soir.
Oskar Lafontaine avait à plusieurs reprises demandé à la Banque centrale d'assouplir sa politique monétaire. Le marché estimait cependant que de tels appels étaient contre-productifs.
Ces derniers incitaient plutôt les dirigeants de la BCE à se raidir et maintenir un statu quo monétaire. Après cette démission, «il va y avoir beaucoup moins de pression sur la BCE (pour qu'elle diminue ses taux directeurs) qui va gagner en marge de manoeuvre», estime Pascal Coret, spécialiste obligataire à CDC Marchés.


Le successeur: Hans Eichel


C'est un homme dont se moquent ouvertement les médias allemands qui succède à M. Lafontaine au poste de ministre des Finances: "Il a le charisme d'une nouille", écrit l'un, "il a le charme d'un fonctionnaire de la Sécu", dit l'autre. Il est très ouvert aux thèses des Verts, y compris sur le nucléaire. Contrairement à M. Lafontaine qui venait d'une famille ouvrière, M. Eichel est d'origine aisée. Maire de Kassel, il a à son actif la réussite économique de sa ville, mais on ne lui connaît pas de dogme en matière financière ou monétaire.

Khalid TRITKI (AFP)

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