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    Economie

    La décrue des cours mondiaux étouffe le blé local

    Par L'Economiste | Edition N°:269 Le 27/02/1997 | Partager

    Le marché international des céréales s'est installé depuis plusieurs mois sur une pente baissière. Le stock de blé tendre local a du mal à trouver preneur en raison des fortes importations.


    La dernière révision à la hausse des équivalents tarifaires a été absorbée par la décrue des cours mondiaux, même si le raffermissement du Dollar a un peu plus renchéri les importations. Pour les négociants et autres opérateurs qui avaient participé à la collecte avec un prix moyen de 245DH/q, la situation est devenue délicate. Par conséquent, l'Aprocel-Centre (Association Professionnelle des Céréales, Légumineuses et Graines de la région du Centre) tire à nouveau la sonnette d'alarme. Elle attire l'attention du MAMVA «sur la situation préoccupante que vit le secteur» et insiste sur l'instauration de la DPI (déclaration préalable à l'importation) de manière à ce que la production locale puisse être écoulée. A ce jour, aucune décision n'a été prise.
    Il est souligné que le stock total de blé tendre détenu par l'ensemble des opérateurs (négociants, minotiers et coopératives) s'élève à 15 millions de quintaux, dont 3 millions importés. S'y ajoute la production non encore mise à la vente par les producteurs. En effet, sur les 37 millions de quintaux de blé tendre récolté au cours de la campagne 1995-1996, la collecte portait sur 16,7 millions au 15 février. Si l'on exclut l'autoconsommation, une bonne partie de la production cherche encore preneur et la consommation est assurée pour au moins huit mois.

    Pour autant, et au grand bonheur du Trésor et de la Caisse de Compensation, les importations continuent, à la faveur de la baisse des cours mondiaux. Quelque 100.000 tonnes de blé tendre sont attendues dans les prochains jours. De l'avis d'un négociant, qui souligne que les importations sont actuellement traitées à un cours moyen compris entre 155 et 160 Dollars/tonne coût et fret, la tendance baissière sur le marché international persiste. En l'absence d'un prix garanti, la production locale ne peut tenir tête à la concurrence étrangère. Déjà une baisse significative est observée sur le marché intérieur. Pour la journée du 24 février, le prix moyen à la production du blé tendre a été de 227 DH/q. Si aucune mesure de sauvegarde n'est mise en place et dans la probabilité d'une bonne récolte, les prix locaux pourraient s'effondrer lors de la prochaine commercialisation.

    Appel d'offres

    Le succès de la précédente campagne avait été principalement favorisé par les mesures d'accompagnement, notamment la prime de stockage et l'assurance d'un niveau de protection en mesure d'assurer la compétitivité prix de la production locale. A l'évidence, les experts du MAMVA ont été pris de court par l'évolution du marché international. Mais en lançant très tôt des appel d'offres pour l'importation de blé tendre destiné à la farine nationale, l'ONICL a indirectement encouragé les opérateurs privés à suivre le même chemin aux dépens de la production locale. Depuis juillet 1996, ce sont quelque 250.000 tonnes qui ont été importées pour les régions de Tanger, Nador et
    Agadir. «Il aurait fallu d'abord utiliser les disponibilités locales», se plaint un négociant. Ce qui a été bien fait dans le cadre d'un appel d'offres lancé au cours du mois de décembre. L'opération n'a cependant pas suffi pour relancer le marché.

    Pour l'instant, l'appel d'offres relatif au mois de mars n'est toujours pas programmé. Mais rien n'indique qu'il est définitivement annulé. Pour plus de précautions, les négociants ont demandé à l'ONICL de surseoir à cette opération.
    Au-delà du problème du marché céréalier se pose celui de la gestion de la libéralisation de l'agriculture locale qui, pour certains créneaux, a encore un gap profond à combler.
    Les producteurs de bananes ont bataillé pour obtenir la mise en place de la DPI. Une culture relativement marginale comme le riz devrait bénéficier d'un relèvement des droits de douane. Ces dispositifs ne sont pas éternels. Les subventions et autres ruses protectionnistes sont certes monnaie courante dans le commerce mondial, surtout en matière agricole, mais il faudra tout de même mener la bataille de la productivité et de la qualité pour mieux affronter la concurrence.

    Alié Dior NDOUR.

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