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La décentralisation au centre des confusions

Par L'Economiste | Edition N°:2735 Le 14/03/2008 | Partager

. Absence de cadre réglementaire. Responsabilités diffusesL’opération de décentralisation du système éducatif marocain montre déjà ses limites. Pendant que les réformes sont toujours en cours et que la Charte nationale d’éducation et de formation prévoit d’étendre le processus jusqu’aux établissements scolaires, la gestion des «entités décentralisées» montre quelques signes de faiblesse et pas des moindres. Le rapport du Conseil supérieur de l’enseignement relève «l’inadéquation des structures actuelles du département de l’Enseignement scolaire avec les nouvelles attributions à la lumière de la décentralisation du système scolaire». Autrement dit, les réformes semblent avoir été introduites brutalement au point de créer des ambiguïtés «entre le service central et les entités éducatives déconcentrées». Du moins c’est ce que laissent entendre les rédacteurs du rapport qui soulignent des amalgames dans les prérogatives des académies et des délégations. En cause, une mauvaise définition du rôle de chacun en ce qui concerne le traitement des dossiers. Pis encore, note le rapport, la centralisation des ressources et des compétences au niveau des instances régionales compromet la réussite de la réforme au niveau des établissements scolaires. Il est reproché au conseil d’administration des académies régionales de ne pas tenir leurs séances conformément au dispositif légal. Une négligence de taille, d’autant plus que «les travaux des comités techniques affichent un faible rendement», observe le rapport. Ces dysfonctionnements sont, de l’avis des auteurs du rapport, dus à «l’insuffisance des compétences et le manque d’un cadre réglementaire». Il se dégage de façon générale du document que la réforme aurait été plus équitable et plus ferme si les modifications structurelles étaient accompagnées par des pratiques pédagogiques adéquates. Les orientations du Conseil supérieur de l’enseignement appellent à «rétablir l’équilibre des pouvoirs et responsabilités entre le central et le régional». Une juste disposition qui dissipera toute confusion. Pour répondre à des besoins locaux et régionaux visant à «simplifier, rationaliser et accélérer les procédures de gestion», les établissements scolaires ont été dotés d’un conseil de gestion qui a la charge de «l’élaboration et du suivi d’exécution du projet d’établissement». L’inefficacité de ces entités a été clairement établie par les rédacteurs. Ce qui laisse croire qu’il est temps d’imposer des actions pour atteindre les ambitions de la Charte.


Le contrôle, chaînon manquant

L’autonomisation du système d’enseignement semble avoir été amputée de sa plus importante composante: la régulation. Cet aspect a largement été critiqué par le rapport. En ce sens, le département des Finances exhorte au renforcement du «dispositif de contrôle financier, notamment par l’augmentation du nombre des fondés de pouvoir». Ceci afin d’accompagner le processus de délégation des crédits. Car, est-il indiqué, «mieux vaut transférer les compétences pédagogiques et la gestion courante directement aux établissements scolaires». Les auteurs du rapport insistent, par ailleurs, sur l’importance du contrôle et du suivi pour accompagner tout processus d’autonomisation. Pour rester fidèles à l’esprit de la réforme, ils recommandent de «renforcer les marges de manoeuvre des directeurs d’établissements scolaires et à promouvoir un leadership moderne résultant de formations continues en management et en administration de l’éducation».


Université: Une autonomie ingérable?

. Les filières professionnelles, parent pauvre de la formation . Absence de gestion responsabilisanteLes universités marocaines jouissent d’une autonomie pédagogique, administrative et financière. Cette indépendance n’est viable que si une gestion adéquate est établie. Et c’est justement à ce niveau que ça bloque. Le rapport du Conseil supérieur de l’enseignement révèle l’«absence d’une comptabilité analytique pour la maîtrise des coûts», accompagnée d’une «insuffisance des capacités des structures de gestion financière». Des manques à rattraper rapidement, d’autant plus que l’université a besoin de s’ouvrir sur «son environnement socioéconomique» Il semble, par ailleurs, que le système d’information actuel ne réponde pas aux impératifs d’une gestion responsabilisante. Mis à part les soucis de gestion, l’université a de plus en plus de mal à transmettre le savoir. L’introduction de nouveaux modules n’a pas été suffisamment réfléchie. Le problème d’enseignement spécialisé se pose avec acuité, notamment dans les filières langues, informatique et communication. Autre lacune relevée par les auteurs du document, la surcharge des filières fondamentales qui empiètent sur le développement des filières professionnelles. Les rédacteurs du rapport ont souligné leur inquiétude quant au fonctionnement actuel du conseil de l’université qui ne permet pas de contrôler les présidents des universités. Le rôle de ce conseil a été souligné, d’autant plus qu’il lui incombe de préparer et d’exécuter un budget autonome et d’approuver «les projets de création des filières de formation». Départager les tâches entre les différents départements est un autre souci qui impacte le bon fonctionnement de l’université ainsi que l’absence d’autonomie réelle dans la gestion des ressources humaines. Le rapport conclut en insistant sur l’utilité de promouvoir un mode de gestion adéquat. Amira KHALFALLAH

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