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La croissance est là, mais attention au déficit commercial!

Par L'Economiste | Edition N°:1657 Le 08/12/2003 | Partager

. Le PIB clôturera l’année en hausse de 5,5%. Les entreprises s’équipent et stockent des intrants. Les importations s’envolent et les exportations perdent du terrainOuf, la reprise de la croissance sera au rendez-vous cette année. Mieux encore, elle dépassera les estimations de la loi de Finances qui tablait sur une progression de 4,5%. Les différents indicateurs convergent, le PIB devrait clôturer l’année en hausse de 5,5%. Pour la direction de prévision économique générale (DPEG), ce regain de dynamisme est imputable avant tout à la bonne campagne agricole. La performance de la production céréalière (estimée à 78 millions de quintaux) se traduira cette année par une hausse de près de 20% du PIB agricole. Les importations de blé seront, elles, réduites de 37,5% environ. Les autres secteurs non agricoles apporteront eux aussi, de l’eau au moulin, mais dans une moindre mesure. Preuve que la croissance économique reste encore largement tributaire des performances agricoles. Toutefois, les efforts pour réduire cette corrélation commencent à porter leurs fruits. Les conjoncturistes tablent sur une hausse de 3,2% du PIB non agricole, contre 2,8% seulement en 2002. De leur côté, les entreprises font preuve d’optimisme. Elles n’hésitent plus à s’équiper ni à constituer des stocks d’intrants, en prévision des commandes. Les prémices de la croissance en Europe et la bonne tenue de la demande intérieure depuis le début de l’année, forcent à l’optimisme. Les signaux favorables relevés en été se confirment en septembre. En tête, les importations de biens d’équipement augmentent de 11%, à un peu moins de 22 milliards de DH. L’emballement touche aussi bien les achats d’appareils de coupure électrique et de matériel à broyer et à agglomérer que des machines. Les approvisionnements en produits bruts et semi-finis suivent la même tendance. Ils gonflent de 12,4 et 9% respectivement (à 6 et 7 milliards de DH). Ces dépenses massives traduisent la volonté des industriels à moderniser leur outil de production. Les efforts de sensibilisation des PME sur la nécessité d’une mise à niveau semblent porter leurs fruits. L’Institut national de conjoncture (INAC) relève pour sa part la nette progression des intentions de création d’entreprises dans l’industrie, le tourisme et les Bâtiment & Travaux Publics (BTP). Conséquences: l’effort de modernisation du matériel de production se traduit par une envolée des crédits à l’équipement et un creusement du déficit commercial. Selon les données de Bank Al-Maghrib, les concours bancaires pour l’acquisition de biens d’équipement ont réalisé un bond de près de 12%, à 47 milliards de DH à fin octobre. Même tendance pour les crédits immobiliers qui gonflent de 11,5% à 39 milliards de DH.Sans surprise, le vent de reprise touche en premier lieu le secteur des BTP. Et pour cause, les chantiers ne manquent pas, notamment l’aménagement des zones touristiques et le lancement des travaux de construction du port de Tanger, sans oublier le programme de construction des logements sociaux. D’ailleurs, la direction de la Statistique table sur une accélération de l’activité de la branche de construction d’ouvrages de bâtiment et de génie civil, d’ici la fin de l’année. Cela se ressent déjà au niveau des ventes de ciment. A fin septembre, elles s’inscrivaient en hausse de plus de 10%, dépassant les 7 millions de tonnes. La demande devrait exploser au fur et à mesure de l’avancement des grands travaux. La consommation des produits pétroliers se maintient, elle, autour de 3,5 millions de TEP, tandis que la production de l’électricité progresse de 8,4% à 12,5 millions de mWh. Selon les données de l’ONE, les ventes aux clients directs se sont accrues de 10,8% à 5,6 millions de mWh, à fin septembre. L’industrie a absorbé 2,6 millions de mWh (+7%) et l’agriculture 680.000 mWh, améliorant de 20% sa consommation. Cette hausse résulte du développement de la production électrique d’origine hydraulique, du fait de la situation favorable des réserves en eau dans les barrages. Les dernières précipitations confortent cette tendance. Au 3 décembre, le taux de remplissage des barrages était de 57,7% pour un volume global de 8,5 milliards de m3. La demande en électricité continuera, elle, à progresser avec le relèvement du taux d’électrification rurale et l’accélération de la cadence du PERG (programme d’électrification rurale).Un bémol à cette embellie: l’aggravation du déficit commercial. Il reste lié à l’emballement des importations et au recul des exportations. En fait, l’augmentation des importations globales (+3,3% à 99 milliards de DH) n’est pas compensée par un sursaut des exportations (-4,3% à 62 milliards de DH). Dans les faits, les entrées en devises ont été lourdement affectées par la chute des ventes des produits de la mer, notamment du poulpe. Sous la pression de la demande extérieure, les prises sont passées de 107.000 tonnes à 16.000 tonnes en quatre ans. Pour limiter l’hémorragie, un plan de sauvetage vient d’être mis en place par le gouvernement. Il s’appuie à la fois sur le repos biologique et la reconversion des opérateurs vers d’autres types de pêcherie. Entre-temps, il faudra compenser ce manque à gagner. Le tourisme est-il en mesure de sauver la mise? En tout cas, les recettes voyages se sont maintenues à 22,7 milliards de DH par rapport à septembre 2002. Le pire semble avoir été évité. Les attentats de Casablanca n’ont pas eu l’effet désastreux redouté par les opérateurs. Quant aux transferts MRE, ils continuent leur ascension qui dure depuis plus d’un an. A fin septembre, ils ont augmenté de 6% à 25,7 milliards de DH. Les investissements et prêts privés étrangers explosent littéralement de 200% à 15,8 milliards de DH. Cette performance s’explique essentiellement par les produits de cession de la Régie des Tabacs et Somaca. Transferts MRE et investissements étrangers liés aux privatisations constituent des ressources en devises conséquentes mais non itératives.Il faudra tôt ou tard réduire la dépendance de la balance des paiements par rapport à ces deux postes, en misant sur des niches. Les IMME constituent un exemple à dupliquer. Mouna KABLY

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