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La chorale de l’ONA

Par L'Economiste | Edition N°:2427 Le 21/12/2006 | Partager

. Les principes d’un jeu à l’unisson . Moderniser le concept d’autorité. Le paradoxe du chef d’orchestreSaâd Bendidi, PDG du groupe ONA, a offert mardi soir, dans le cadre des universités de l’ONA, un cadeau d’Aïd original à ses dirigeants. Et quel cadeau! Rien de plus amusant en effet que d’assister à une formation sur le management animée par le chef d’orchestre international Michel Podolak. Vidéos, chants et distribution d’anecdotes. Tout était fait pour que l’assemblée de grands patrons présents dans la salle se sente pendant deux heures part d’un même orchestre mené par un même leader. Assez spectaculaire dans son genre, Podolak a stimulé, par des jeux et des phases d’interactivités intenses avec le public, une dynamique d’innovation collective à laquelle personne ne s’attendait. A l’instar de Bendidi, toute l’assemblée s’est progressivement détendue sous les conseils du maître d’œuvre jusqu’à finir par chanter à tue tête dans un esprit de travail convivial et performant. Car c’est bel et bien le but de l’intervention, proposer une vision plus humaine de la performance, sans pour autant lésiner sur la qualité. «A force de déléguer à la machine et de communiquer virtuellement, les chefs d’entreprises se privent d’une arme considérable de compréhension et de collaboration», ajoute-t-il, critique. Car «l’être humain a besoin de rapport physique», Podolak a insisté sur la nécessité pour un patron d’être physiquement présent pour créer des relations et instaurer la confiance avec ses collaborateurs. Face à une salle très réactive, le chef d’orchestre a expliqué que l’équilibre se trouve entre l’écoute et la réflexion. A la question: «Comment faites-vous pour diriger ces grands orchestres avec tant d’harmonie?». La réponse du mentor ne se fait pas attendre: «Tout simplement l’écoute de l’autre!». Simpliste à première vue, cet argument ne manque pourtant pas de pertinence. Car la vraie problématique, comme l’a démontré Podolak, c’est de «réussir à écouter tout en jouant en même temps». Et comme rien ne vaut la pratique pour bien assimiler des concepts trop flous, place aux travaux pratiques! Sommés tous de se lever en se positionnant de façon optimale à l’écoute, Podolak a retracé tout le circuit du son en partant du tympan jusqu’au cerveau. Après quelques fous rires collectifs et l’organisation d’un concours de chant entre les deux chorales (la salle scindée en deux groupes), la confiance est enfin à son comble. Il est alors temps pour le professeur de faire réagir ses élèves sur leurs problèmes de communication: «Si nous étions plus disposés à ouvrir la porte de notre écoute, nous sortirions de nos états de pré-jugement qui biaisent notre compréhension de l’autre» a-t-il expliqué devant un auditoire toujours plus attentif. Il en va de même pour la position du corps: «Soyons cohérents avec ce que nous exprimons», a martelé le chef d’orchestre qui, après quelques exercices de détente et d’application, a pointé le problème d’une gestuelle souvent incomprise car inadaptée au message qui l’accompagne.Cet ancien entraîneur de chant de l’équipe de France distingue 3 temps de performance pour un manager. La première phase est celle du travail personnel, une phase qui, dans le jargon musical, se traduirait par «la transcription codée de la pensée du compositeur». Ce temps de décodage qui a à voir avec les sens et les possibilités multiples d’interprétation permet au dirigeant de s’approprier son travail pour en ressortir une vision claire. «Etre capable d’avoir une vision claire et savoir la transmettre sont les fondements de l’autorité moderne», selon Podolak. Le deuxième temps relève du travail de réglementation et de répartition des tâches. «En représentation, il y a une multitude de métiers qui collaborent, si un seul n’assure pas sa tâche, le jour J, c’est tout le spectacle qui est fichu». Le concept de rétroplanning passe avant tout par des exigences de base comme arriver à l’heure ou éteindre son portable pendant les réunions «pour être totalement consacré à ce que l’on fait, quand on le fait», précise Podolak.Le troisième temps, et sûrement le plus important, est celui de l’adaptation du langage et du discours du dirigeant. Quelle conception du pouvoir ou quel type d’autorité adopter? Avec une grande ironie, il a conclu son spectacle avec la diffusion d’un extrait du film «La grande vadrouille» avec Louis de Funès et a encouragé la salle à se moquer des faux chefs qui ne jouiront jamais de légitimité. «L’orchestre peut jouer sans vous, mais sans l’orchestre vous n’êtes rien», une note de musique sur laquelle plus de chefs d’entreprises devraient conclure. Najlae NAAOUMI

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