×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Dossiers

La chasse aux résidus des pesticides

Par L'Economiste | Edition N°:2337 Le 09/08/2006 | Partager

. Les exportateurs avertis, les petits agriculteurs à la traîne. Ils sont peu touchés par les campagnes de sensibilisation. C’est le consommateur local qui en pâtitL’utilisation des pesticides obéit de plus en plus à des règles strictes. A l’échelle internationale, le contexte réglementaire sur l’usage des pesticides se durcit. Il est associé à une révision régulière des molécules autorisées. On ne badine pas avec la sécurité du consommateur! Des ONG et associations de consommateurs veillent au grain. La présence éventuelle de pesticides, qui ont pourtant permis un grand progrès dans l’agriculture, dans l’alimentation est l’un des sujets qui préoccupent de plus en plus le consommateur. Inquiétude exacerbée par les cas d’intoxication de plus en plus fréquents. Un peu partout, à travers le monde, une véritable bataille est lancée incitant à un usage limité ou du moins «raisonné» de ces produits chimiques. Dans un pays comme la France par exemple, troisième consommateur mondial de pesticides (en tonnages), l’objectif est de réduire de 50% la vente des pesticides les plus dangereux d’ici à 2009. Les agriculteurs, surtout les exportateurs, savent désormais à quoi s’en tenir aussi bien concernant les produits utilisés que les seuils tolérés de résidus. «Les exigences sur les marchés d’export sont de plus en plus dures. Les cultures exportables n’ont pas d’autres alternative que de se mettre à niveau», affirme Ahmed Derrab, secrétaire général de l’Association des producteurs d’agrumes (ASPAM). Le risque de refoulement guette et des exportateurs en ont déjà fait l’expérience à leur frais. «Au moindre dépassement de résidus, c’est tout le lot qui est refoulé», explique Derrab. En témoigne l’incident des haricots verts vendus en France sur lesquels des résidus de pesticides ont été relevés en 2003, en l’occurrence le «tétradifon acaricide» interdit pour ce genre de culture. Les règles imposées par le marché américain, nouvelle destination lorgnée par les exportateurs marocains, sont encore plus drastiques. C’est dire que les exportateurs ont intérêt à placer la barre encore plus haut. Mais qu’en est-il pour le consommateur local? «Nous avons décidé avec la Primature d’imposer les mêmes règles de traçabilité et de respect des limites maximales de résidus sur le marché local», indique Derrab. Et d’ajouter, «ceci pourrait être concrétisé dans 4 ou 5 ans». En attendant, le risque demeure et c’est le consommateur local qui en pâtit. D’ailleurs, les intoxications chimiques de plus en plus fréquentes le rappellent avec acuité. Le triste épisode survenu en 1997 (relaté alors par L’Economiste), d’intoxication consécutive à la consommation de melons traités par un insecticide est encore vivace dans les esprits. Il s’agissait d’un carbamate, en l’occurrence l’aldicarbe, plus connu sous son appellation commerciale, Temik. Ce produit, l’un des pesticides les plus dangereux (moins de 100 mg provoque la mort) est interdit pour ce genre de culture. Si les règles des marchés d’export obligent les exportateurs à respecter les normes et les limites maximales de résidus, il n’en est pas de même pour les petits et moyens agriculteurs. Manque de moyens et souci d’économie associés souvent à l’analphabétisme, ils sont encore à la traîne. Des actions de sensibilisation ne seraient donc pas un luxe pour eux. En attendant, beaucoup continuent de reproduire de mauvaises, voire des applications dangereuses tant pour eux-mêmes et leur entourage, que pour leur environnement. Usage de substances inappropriées (cas de la mort aux rats sur la menthe), mélange des genres, non-respect des fréquences et doses de pulvérisations recommandées… et la liste n’est pas exhaustive. Sans parler des dépassements des limites maximales de résidus qui présument d’un traitement excessif de pesticides ou du non-respect des délais de rémanence. Plus grave encore: certains se procurent des pesticides bon marché de provenance douteuse, parfois périmés, s’exposant ainsi, eux-mêmes et tout leur environnement, à de sérieux dangers.


Primeurs, en tête des cultures traitées

Le marché des pesticides à usage agricole se chiffre entre 400 et 600 millions de DH. La moyenne importée au cours de la dernière décennie s’élève à près de 10.000 tonnes de pesticides (produits finis) pour une superficie agricole utile de 8 à 9 millions d’hectares. Les pesticides sont souvent utilisés sur les cultures qui revêtent une importance économique, notamment les primeurs avec 35%, les agrumes avec 30% et la céréaliculture avec 20%. Près de 40 sociétés phytosanitaires opèrent sur le marché des pesticides. Les principaux importateurs sont regroupés dans deux associations, l’Amiphy incluant les multinationales et l’Asmiph (les sociétés marocaines). La distribution est assurée par près de 700 revendeurs.. Bromure de méthyle: Course contre la montreLe bromure de méthyle est prohibé par le Protocole de Montréal ratifié par le Maroc en 1992. Ce produit phytosanitaire de la famille des fongicides est nuisible sur la couche d’ozone. Il est utilisé par fumigation dans la production fruitière. Sa durée de vie est plus courte que celle des chlorofluocarbones (CFC), mais il détruit les molécules d’ozone 50 fois plus vite. C’est un gaz incolore et inodore, très toxique par inhalation, qui agit sur le système nerveux. Selon des responsables de la direction de la protection des végétaux, des contrôles techniques et de la répression des fraudes (DPVCTRF), trois projets sont actuellement en cours pour l’élimination de ce produit sur la fraise, la tomate, la fleur coupée et la banane. «Alors qu’en 2002, plus de 1.160 tonnes étaient utilisées, ce volume est tombé à 645 tonnes», soit une réduction de plus de 55% en l’espace de 4 ans. L’objectif est, selon les responsables de la DPVCTRF, d’arriver à 0% d’utilisation d’ici 2015. «Nous pensons y arriver, vu les résultats réalisés à ce jour». Khadija EL HASSANI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc