×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Affaires

La bourse et la farine

Par L'Economiste | Edition N°:1504 Le 23/04/2003 | Partager

Le Maroc a vécu de nombreux cas montrant le caractère vital de l'information dans la vie de tous les jours et partant dans la croissance économique. En voici deux particulièrement instructifs.Peu de R'batis se souviennent avoir expérimenté directement le caractère vital de l'information, au début des années 80. A ce moment, il y avait des risques de pénurie de farine. Les transporteurs et épiciers avaient tout intérêt à amplifier les risques et donc ils alimentaient la rumeur, ce qui leur permettait de vendre plus cher leur marchandise. Le gouverneur de l'époque, Moulay Mehdi Alaoui, a fait la seule chose qu'il fallait faire mais qui était révolutionnaire pour l'époque: inviter les journalistes de la presse privée (qui à ce moment était uniquement celle des partis politiques) à venir voir et photographier les camions en train de livrer la farine. Dès que l'information correcte a été fournie aux consommateurs, ceux-ci ont cessé d'être les otages des épiciers. Dans ce cas, c'est l'autorité publique qui est intervenue pour rétablir l'équilibre informationnel et Alaoui avait eu l'intelligence de noter que ce n'est pas grâce au concours des médias publics qu'il obtiendrait le rétablissement de l'information juste, dans l'intérêt des consommateurs. Au contraire, il a cherché le témoignage des seuls médias indépendants des pouvoirs publics, qui à l'époque étaient ceux des partis politiques.Inversement, une quinzaine d'années plus tard, à la fin des années 90, le Conseil déontologique des valeurs mobilières, CDVM, s'est abstenu d'intervenir lorsque sont apparues dans des médias privés des informations inexactes. On pouvait supposer que ces données étaient téléguidées pour orienter les cours de certaines sociétés cotées en bourse. Le mal a été considérable: les nouveaux épargnants qui investissaient en bourse avaient besoin d'une information sûre, exempte d'intox. En ne sanctionnant pas la mauvaise information, le CDVM a laissé s'installer l'idée que les informations boursières ne sont pas fiables. En conséquence, il vaut mieux renoncer à ce type d'épargne et laisser les seuls acteurs qui peuvent s'informer grâce à leurs relations ou à leur profession, agir sur ce marché. Le résultat a été aussi clair que rapide: la fuite des nouveaux épargnants, l'effondrement de la bourse et, plus pernicieux, le retour du Maroc vers une forme économique primitive où la croissance est très lente.Dans les deux cas, la stratégie des pouvoirs publics a été déterminante, dans le bon sens pour la farine, dans le mauvais pour la bourse. Les deux cas montrent aussi qu'il ne suffit pas qu'un média soit privé pour être bon, alors qu'un média public quelle que soit sa qualité est par définition soupçonné de connivences avec les pouvoirs publics. Il souffrira donc de manque de crédibilité. Les deux cas montrent aussi que les pouvoirs publics ne doivent pas renoncer à leur rôle de régulateur dans le contexte de la libéralisation. S'ils y renoncent, ils placent les citoyens en situation d'infériorité par rapport aux forces du marché.N. S.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc