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Courrier des Lecteurs

La Bourse de Casablanca se penche sur le marché à terme

Par L'Economiste | Edition N°:655 Le 08/12/1999 | Partager

· Un séminaire organisé conjointement par AOB Consulting et la SBVC
· A la différence du marché au comptant, le marché à terme permet de figer les prix et les taux en prévention des fluctuations
· S'il est créé, le marché à terme peut améliorer la liquidité de la Bourse

La création d'un marché à terme au Maroc ne figure pas parmi les priorités de la place casablancaise, mais les responsables se penchent néanmoins sur les principes et les avantages de ce type de marché. Le président de la société gestionnaire, M. Rachid Ouali Alami, y avait fait allusion lors de l'annonce du plan de développement de la Bourse. Pour pouvoir cerner les caractéristiques de ce genre de marché et s'inspirer de l'expérience de pays étrangers, la SBVC, en collaboration avec le cabinet AOB Consulting, a organisé une journée de travail avec des experts français, le 3 décembre, sous le thème: "Marché à terme et produits de couverture". "Nous sommes là aujourd'hui pour comprendre l'esprit même d'un marché de produits de couverture", a annoncé M. Driss Bencheikh, secrétaire général de la SBVC.
C'est dans le cadre de la maîtrise du risque de fluctuation des prix qu'est né le principe du marché à terme. Celui-ci a concerné dans un premier temps les marchés des matières premières pour être élargi ensuite aux marchés financiers.
Les premiers marchés à terme ont vu le jour aux Etats-Unis au 19ème siècle. Ils sont venus répondre à un besoin de gestion du risque de fluctuation du prix des matières agricoles et notamment les céréales, occasionnées par de fortes perturbations météorologiques.

Figer les coûts


Le principe est de "figer les coûts d'approvisionnement de l'entreprise de manière à se prémunir contre tout risque de fluctuation". Le contrat à terme, liant les deux parties précise, pour les différentes dates de livraison (échéances), le prix à payer, la qualité et la quantité de marchandise souhaitées.
La détermination du prix à terme est basée sur le prix au comptant (spot) en vigueur au moment de la conclusion des contrats. A celui-ci seront ajoutés des frais de stockage et de portage de la marchandise. "Il existe une corrélation très étroite entre le spot et le terme. Les prix évoluent dans le même sens, c'est-à-dire, lorsque le prix spot monte, le prix à terme monte aussi et vice-versa", explique M. Daniel Leveau, expert et consultant auprès de Paris Bourse SA (ex-Matif), Chambre de Compensation française. La différence entre les deux prix est appelée "base". Celle-ci évolue dans le temps pour se réduire à 0 à l'échéance.
Ce premier type de marché à terme est appelé marché "forwards" (de gré à gré). Sur ce marché, le risque de voir se désister l'une des deux parties au moment de la livraison n'est pas éloigné, surtout lorsque le prix spot devient plus attrayant que le prix à terme conclu lors de la négociation. "Il est certes minime, mais il ne peut être ignoré", souligne M. Leveau. Après réflexion, les opérateurs sont arrivés à une solution qui était de faire intervenir une troisième partie qui jouera le rôle d'arbitre ou de garant de la bonne fin de la transaction. C'est ainsi qu'est apparue la chambre de compensation. Le marché " tripartite" appelé marché future est apparu pour la première fois en 1848 aux Etats-Unis, plus précisément à Chicago, lieu principal d'échange de céréales.
Fondamentalement, le "futur" et le "forwards" fonctionnent de la même manière et répondent au même besoin de figer un prix ou un taux pour une opération qui ne se réalisera qu'ultérieurement. "A l'inverse des marchés forwards, les futurs ne sont pas des marchés sur lesquels on livre la marchandise. On utilise la corrélation étroite des prix à terme et des prix au comptants pour gagner sur le futur une perte enregistrée sur le comptant. Très vite, les spéculateurs l'ont trouvé intéressant d'intervenir sur un marché où l'on peut vendre à découvert (vendre ce que l'on ne possède pas forcément tout de suite) et où l'on peut intervenir sur des montants important en n'investissant qu'une faible somme (le dépôt de garantie).

Négocier des produits immatériels


Pour sécuriser au maximum les transactions, une panoplie d'intervenants sont venus se greffer au système. On distingue deux catégories d'établissements : les entreprises d'investissement ou structures dédiées (sociétés de bourse, gestionnaires de fonds, agents du marché interbancaire) et les établissements de crédit pour qui il s'agit d'une activité secondaire. Le tout fonctionne sous l'oeil vigilant du gendarme du marché, la COB (Commission des Opérations de Bourse) en France, équivalent du CDVM (Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières) au Maroc.
Lorsque le principe fut digéré et le mécanisme rodé, les marché à terme ont été développés au point de voir se négocier des contrats pour des produits immatériels tels que par exemple l'environnement ou la pollution.
L'instauration d'un tel marché au Maroc, même si elle n'est pas pour tout de suite, pourrait apporter un nouveau souffle au marché obligataire essentiellement. Le marché à termes permettra de développer la liquidité partant du principe que l'offre et la demande devraient être plus importantes. Les OPCVM aussi y trouveraient leur bonheur. Mais avant tout, il faudra peut-être commencer par résoudre le problème de la création d'une chambre de compensation et l'instauration de la garantie de bonne fin. Un dossier qui traîne depuis fort longtemps.


La Chambre de Compensation


Le rôle de la Chambre de Compensation est de s'interposer entre les contrepartie de la transaction. Ainsi, l'acheteur devient acheteur de la Chambre de Compensation et le vendeur vend à la Chambre de Compensation. Si un problème de contrepartie apparaît à l'échéance, l'autre contrepartie ne s'en soucie pas, puisque la Chambre de Compensation se substituera à l'opérateur défaillant. Elle prend la forme d'une société commerciale dont les revenus sont constitués de primes (dépôts de garantie) récoltées auprès des acheteurs et vendeurs sur chaque contrat.

Hanaa FOULANI

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