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    La BCM installée à Bruxelles

    Par L'Economiste | Edition N°:59 Le 24/12/1992 | Partager

    La campagne de communication de la BCM avait été bien préparée. Une fois sur trois les interlocuteurs bruxellois disaient: "Vous venez du Maroc? Savez-vous qu'une de vos banques vient de s'installer ici?".

    L'agence que vient d'ouvrir la BCM dans la vieille ville de Bruxelles a été inaugurée en grande pompe, mais elle fonctionne depuis Octobre et a déjà reçu la visite de quelque 500 clients potentiels, indiquent les cadres qui y travaillent. Ces derniers restent discrets sur le nombre d'ouvertures de comptes, mais si l'on se fie aux observations que l'on peut faire sur place, une partie significative desites ont été transformées en comptes de client.

    En effet le journaliste de l'Economiste, sans décliner son identité professionnelle, s'est présenté comme client demandeur de services pour les particuliers et de services pour les entreprises. Il s'agissait ainsi d'évaluer la consistance pratique de la politique de centrage sur la clientèle mise au point par l'état major. Les employés de la succursale ont fait tout leur possible pour aider ce client dont les besoins avait été sciemment bien embrouillés.

    Trois banques marocaines sont installées à Bruxelles: la BCP, première arrivée, et Wafabank qui doit ouvrir une agence toute neuve en Janvier prochain.

    Jusqu'à la réhabilitation d'un immeuble ancien où elle s'est installée, la BCM avait un bureau de représentation auprès de la Krediet Bank. Durant les travaux dans l'immeuble qu'elle a acquis par elle, la BCM avait pris soin de se servir du chantier pour marquer sa présence. Aussi, n'est-il guère surprenant que les chauffeurs de taxi, où la présence marocaine est forte, soient capables de conduire leurs clients à l'agence BCM sans leur en demander l'adresse précise(1).

    La dotation pour la création de l'agence se monte à 200 millions de Francs belges (environ 50 millions de DH), dont les deux tiers en immeuble, logistique et matériel. L'agence emploie 11 personnes, venues soit du Maroc, soit de l'agence BCM de Paris ou encore du Bureau de représentation de Bruxelles. Les compétences et les expériences ont donc été soigneusement mêlées. La succursale comprend deux services distincts, placés tous deux sous la direction de M. Flipo, venu de l'agence de Paris.

    M. Baouf, en charge du Bureau de représentation depuis 8 ans et qui connaît bien les besoins des particuliers immigrés, a la responsabilité de l'agence. Notons que contrairement à la majorité des banques du Nord de l'Europe, le choix de système de sécurité tient compte des habitudes méditerranéennes où l'on n'aime guère que les employés soient barricadés derrière des vitres. La surveillance est assurée par caméra, une fois franchi le sas d'entrée de l'agence. Un petit détail: en dépit des perturbations apportées par l'inauguration et le passage des personnalités, M. Baouf s'arrange pour marquer à un client que c'est lui, le client, qui compte.

    A l'étage au-dessus, dans les services réservés aux entreprises, on retrouve le même souci du client. M. El Aroussi, Directeur adjoint et en charge de ces services, bouscule son emploi du temps pour recevoir puis essayer de débrouiller l'affaire (imaginaire) qui lui est soumise par L'Economiste. Par petites touches, il interroge. Il essaye de débusquer l'éventuel escroc qu'attire inévitablement toute banque nouvelle, mais ne se montre rebuté, ni par la petite taille des opérations ni par l'enchevêtrement des problèmes de santé médiocre de l'entreprise, d'investissements, de commerce, d'héritage qu'il aurait eu à suivre tant en Belgique qu'au Maroc. Il se met au diapason de son interlocuteur, repère très vite les causes des difficultés et fait preuve de tact dans ces conseils lorsque celles-ci viennent de problèmes humains.

    N.S.

    (1) Un phénomène mérite d'être noté: la communication autour de l'ouverture de la succursale a été ressentie comme une forme de réhabilitation par deux communautés marocaines installées en Belgique. Il s'agit des salariés intégrés professionnellement à leur milieu et des entrepreneurs. Ces deux communautés souffrent en effet de l'image qu'a l'immigration auprès de l'opinion publique belge. Cette image péjorative est faite d'inadaptation et de marginalité.

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