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L’ONDA promet le «Zéro déroutement d’ici 2006»

Par L'Economiste | Edition N°:1902 Le 24/11/2004 | Partager

L’activité de l’aéroport Mohammed V est parfois perturbée par le brouillard qui prévaut dans la région pendant certaines périodes de l’année. En cas de forte intensité, cela peut affecter le déroulement normal des opérations aériennes et se traduire par des déroutements vers d’autres aéroports. Pour lutter contre ce phénomène, l’ONDA a engagé depuis le début de 2004, un processus de mise à niveau des infrastructures et équipements pour permettre d’ici début 2006 les atterrissages même en période de brouillard. Abdelhanine Benallou, directeur général de l’Office, détaille les enjeux du passage du système d’aide à l’atterrissage (ILS) de la catégorie II à la catégorie III.- L’Economiste: Comment le passage de la catégorie II à la catégorie III sera-t-il effectué?- Abdelhanine Benallou: Ce type de transition se fait d’habitude par étape. Il est prévu au niveau de la réglementation internationale trois étapes pour passer de la catégorie II, qui est le mode de fonctionnement actuel, à la catégorie III, le nouveau mode d’atterrissage que nous allons démarrer incessamment. Dans une première phase, nous passons à la catégorie III A et ce en début de l’année prochaine. Le passage à la catégorie III B est prévu courant 2005. Quant au passage à la catégorie III C, il sera effectif à partir de 2006. Ce programme est aussi régi par la réglementation internationale et les différentes transitions sont supervisées par la direction de l’aviation civile au Maroc qui vérifie les installations et les procédures et donne l’homologation de passage d’une catégorie à une autre. Il faut par ailleurs noter que le passage à la catégorie III A ne donnera pas lieu à une disparition totale des conséquences du brouillard. Il y aura une diminution importante du nombre de déroutements, soit 50% de moins par rapport au taux actuel. En 2003, 91 vols ont été déroutés vers Marrakech et Rabat sur un total de 23.000 atterrissages, soit un taux de déroutement de 0,38%.Donc les passagers doivent s’attendre encore à des déroutements jusqu’au passage à la catégorie III C qui permet un atterrissage à tout temps.- Quel en est l’impact?- En terme quantitatif, l’impact est faible. Puisque sur le total des vols traités au niveau de l’aéroport Mohammed V, le nombre des déroutements ne représente que 0,38%. Cependant, pour la qualité de service et pour l’image du pays, l’impact est très négatif. Et c’est dans ce sens, que l’ONDA a engagé depuis début 2004 un processus de mise à niveau des infrastructures et des équipements pour permettre à terme les atterrissages même en période de brouillard.Pou nous, c’est une obligation dans la mesure où nous sommes en train aujourd’hui de préparer la certification de qualité de l’aéroport. D’autre part, nous visons porter la capacité d’accueil à 18 millions de passagers par an à l’horizon 2010, date d’ouverture des frontières, et d’accueil des 10 millions de touristes.Les déroutements se répercutent également par des pertes économiques en termes de carburant mais aussi de prise en charge des passagers pour les compagnies aériennes. Donc ce nouveau système sera également bénéfique pour ces dernières.- S’agit-il d’une obligation d’alignement par rapport aux normes internationales?- Il faut savoir qu’à l’échelle mondiale, il y a très peu d’aéroports qui disposent de cette qualité de service. Même l’aéroport d’Orly ne dispose pas d’un système d’atterrissage de la catégorie III C.Par ailleurs, les recommandations de l’OACI (l’organisation de l’aviation civile internationale) n’imposent la mise en place d’une catégorie III que lorsque les déroutements dépassent les 20% du total des trafics. Et nous ne sommes qu’à 0,38%. Par ailleurs, la catégorie II qui fonctionne actuellement n’est obligatoire que si le taux de déroutement atteint les 10%. La mise en place de ce nouveau mode de fonctionnement est une anticipation de notre part de la densité du trafic par rapport aux prévisions de 2010 et aux objectifs de l’ONDA de doublement des capacités d’accueil.- Quel est l’état d’avancement de ce projet?- Le processus d’atterrissage en période de brouillard présuppose un certain nombre de prérequis aussi bien au niveau des installations techniques spécifiques qu’au niveau de la formation du personnel. Les travaux sur les études de ce mode d’atterrissage en période de brouillard ont démarré, il y a à peu près une année, avec d’abord comme première étape l’installation et la mis à niveau de l’ensemble des équipements météorologiques, c’est-à-dire la transmission des données météo. Il s’agit essentiellement de l’installation d’un ensemble de transmetteurs automatiques d’informations météorologiques au niveau de l’aéroport Mohammed V. Et ce, conformément aux normes de la catégorie en question.Toujours sur la partie équipements, il y a eu également la mise à niveau de tout le système de balisage des pistes: les lumières qui délimitent les pistes, la manière dont la circulation se fait au niveau des pistes ainsi que les indications données aux pilotes pour ce type d’atterrissage. Et nous sommes aujourd’hui en phase finale de mise à niveau de la partie balisage.La troisième partie, prévue pour 2005, consiste en le balisage spécifique des aires de stationnement requis pour ce type de fonctionnement ainsi que l’installation d’un radar de circulation au sol. Ce radar est nécessaire à la circulation de l’avion dans les périodes où le brouillard est très épais.Outre la partie équipements, il y a aussi la formation des contrôleurs aériens qui interagissent avec les pilotes. Cette opération qui a démarré en 2004 continuera en partie sur 2005.Par ailleurs, les compagnies aériennes sont également concernées par ce programme. Ces dernières doivent en effet assurer la formation de leurs pilotes et leurs donner une certification spéciale pour ce type d’atterrissage. - Qu’est-ce que cela vous a coûté?- C’est un processus qui demande de lourds investissements. Le montant global investi jusqu’à présent est de 400 millions de DH. Pour 2005, l’acquisition du radar d’approche et de balisage des aires de trafic nécessitera entre 120 à 150 millions de DH. - Les travaux en cours ne perturbent-ils pas le trafic?- Le chantier est conduit de façon à ne pas perturber le trafic aérien, grâce à la disponibilité d’une deuxième piste d’atterrissage sur cet aéroport. Les travaux sont programmés en grande partie durant le jour, période où les atterrissages et décollages sont traités normalement sur la deuxième piste. Quotidiennement donc, après l’arrêt des travaux et la normalisation de la situation, le trafic aérien est basculé sur la première piste, dont les équipements sont maintenus en fonctionnement normal. La même démarche est suivie en cas de prévision de dégradation des conditions de visibilité pendant le jour. D’ailleurs, une coordination étroite existe avec les services de prévisions-météo de l’aéroport, afin de prendre à l’avance les mesures qui s’imposent et permettre au trafic aérien d’opérer normalement.


L’approche radar

Un autre aspect d’amélioration de la qualité de service est la mise en place d’un radar d’approche dont le fonctionnement est prévu également pour début 2005. Actuellement, pour la tour de contrôle, l’aéroport Mohammed V fonctionne avec des approches classiques. Dans l’approche classique, le contrôleur aérien qui assiste le pilote au moment de l’atterrissage, n’a pas de visualisation directe de l’avion sur son écran. C’est-à-dire qu’en fonction des informations qu’il échange avec le pilote, il imagine la position de l’avion. Ceci fonctionne normalement tant qu’il n’y a pas un trafic dense. Mais dès que le trafic commence à se densifier, il devient un peu difficile pour le contrôleur de positionner tous les avions qui se préparent à l’atterrissage. Par ailleurs, le radar d’approche donne au contrôleur le positionnement exacte des avions sur son écran.L’objectif est d’assurer plus de fluidité pour les avions puisque le temps de séparation entre les atterrissages sera considérablement réduit. «Au lieu d’attendre 10 minutes avant d’atterrir, l’avion sera amené par exemple à faire un circuit de 3 minutes. Ce qui constitue un gain économique pour les compagnies aériennes», souligne Benallou. Propos recueillis par Meryeme MOUJAB

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