×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Europe

    L’immigration divise l’Europe

    Par L'Economiste | Edition N°:3512 Le 20/04/2011 | Partager
    Escalade entre Rome et Paris
    Plus de cadre Schengen

    Depuis dimanche, Paris a suspendu la circulation des trains depuis la ville italienne de Vintimille, en contradiction avec l’esprit du texte communautaire de Schengen

    EN Europe, la question de l’immigration fait saillir les vieux démons des anciens empires. Depuis la création de l’espace Schengen en 1995, en théorie la communauté européenne s’est réservée le droit de juguler le flux naturel de l’immigration qui a toujours fait partie du continent.
    Vingt-deux des 27 Etats membres de l’UE ont signé ce texte qui instaure le principe de la liberté de circulation des personnes. Cela signifie que tout individu ressortissant de l’UE ou d’un pays tiers, une fois entré sur le territoire de l’un des pays membres, peut franchir les frontières des autres sans avoir à subir de contrôles. Même les vols entre destinations de l’espace Schengen sont considérés comme des vols intérieurs. Un Etat ne peut rétablir les contrôles qu’en cas d’atteinte à l’ordre public ou à la sécurité nationale et après consultation des autres Etats membres de cet espace.
    Pourtant, depuis dimanche, Paris a suspendu la circulation des trains depuis la ville italienne de Vintimille, en contradiction avec l’esprit du texte communautaire. A bord du «train de la dignité» comme l’ont appelé les associations humanitaires, beaucoup «trop» de Tunisiens selon la France. D’après la commissaire européenne chargée des questions d’immigration, Cecilia Malmström, la décision française n’est pas contraire au principe de libre-circulation au sein de l’espace Schengen. La Commission européenne a même donné raison à la France.
    La France est dans une position difficile car, en Méditerranée, elle joue un rôle important au même titre que l’Italie pour des raisons historiques et géographiques. Les révoltes arabes ouvrent la boîte de Pandore européenne. Face à l’arrivée massive de migrants tunisiens sur les côtes italiennes, l’Union européenne conditionne son aide financière à la jeune démocratie tunisienne à la lutte contre cette immigration clandestine.
    C’est pourquoi le gouvernement français, englué depuis plusieurs mois dans un débat byzantin sur l’identité, la laïcité et l’immigration, sur fond électoral, a demandé à l’Italie de «retenir» les Tunisiens, tout en l’accusant par la voix du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, de «ne pas jouer le jeu de la règle européenne». Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, s’en est défendu énergiquement en précisant que les permis accordés aux migrants tunisiens «sont valables et reconnus par la France». Et il a ajouté: «l’Europe ne va nulle part si on érige des murs» entre les pays. Or, ce n’est pas la première fois que des évènements du Sud mettent à mal la cohésion européenne.

    Karim SERRAJ

    Retrouvez dans la même rubrique

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc