×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Politique Internationale

    Karaté, Judo, Zen Kwan do : La Nuit-kermesse des arts martiaux

    Par L'Economiste | Edition N°:121 Le 17/03/1994 | Partager

    Près de 600 pratiquants, regroupes pour une Nuit des arts martiaux, ont défilé devant le public jeudi 11 mars. Sur les tatamis, les démonstrations étaient relativement simples, loin de la mythique Nuit des arts martiaux de Pans.

    Objectif de la Fédération: montrer que les arts martiaux ne sont pas des disciplines brutales.

    UNE clique municipale, un speaker de radio, des jeunes, des petits en kimono, quelques banderoles, des parents, des caméras, neuf heures du soir déjà passées, impatience, quelques sifflets: tout le monde attend le début de cette Nuit, la Nuit des arts martiaux . C ' est la 2ème édition. L ' an née dernière, le festival a connu du succès selon les organisateurs. M. Boubker Benbada, secrétaire général de la Fédération Royale Marocaine de Judo, Jujitsu, Karaté, Aikido, et (ouf !) arts martiaux associés, s'explique: "I 'idée d 'organiser une Nuit des arts martiaux germait depuis plusieurs années. A chaque fois, le projet butait sur des problèmes de moyens. Nous avons pensé sérieusement à la question. L'année dernière, ce fut réussi Cette année, on récidive".

    Ouss !

    La récidive n'est toutefois pas totale. Les maîtres marocains ont cédé la place aux jeunes et aux moins jeunes. La Nuit en a quelque peu souffert, mais à plusieurs moments, le public a eu droit au spectacle.

    Sur l'estrade du complexe Mohammed V de Casablanca, le défilé commence enfin. L'ambiance est hyper - électrique. Les participants sont rangés telle une armée. Un tableau haut en couleurs: des kimonos blancs, noirs, rouges et bleu portés par des garçons mais aussi des filles. Les têtes se penchent légèrement vers le public, puis un cri collectif éclate: Ouss ! Renseignement pris, ce cri est le salut traditionnel dans les arts martiaux, nous explique, sur un léger sourire, M. Rachid Mossadeq, professeur de Karaté. Hymne national, puis rythmes militaires précèdent l'ouverture des débats.

    La Nuit commence sur fond de Ju Jitsu. Sport de self-défense, cette discipline martiale est pratiquée depuis le début du XVIIème siècle. Elle est définie comme étant "l'art physique de projeter, frapper, étrangler, main tenir et tordre les articulations". Un jeune armé d'un couteau, puis un pis tolet, essaye d'agresser son adversaire. Ce dernier, les mains vides, arrive à contourner l'attaque et immobilise par terre son agresseur. Le public apprécie, rit et applaudit. L'ambiance monte d'un cran quand le Maître du groupe se prépare à se battre contre cinq personnes. Le Maître réussit son coup sans fournir pratiquement le moindre effort. Il faut exploiter la force de I 'adversaire jus qu'au bout, quitte à lui faire perdre son honneur sur le tatami", commente M. Rachid Mossadeq.

    Les vrais moments du spectacle commencent avec les démonstrations des hommes du Qwan-Ki-Do, art martial d'inspiration sino-vietna mienne, créé en 1981 par Pham-Xuan Tong. Ce sport ressemble au Kung-fu. Sous la houlette de M. Abdelkader Moutawakil, des gamins exécutent des Katas (enchaînement de mouvements). Deux petits pratiquent un jeu de techniques sautées, puis font un grand écart sur le tapis. Le tour des grands commence avec le test de la casse. Un jeune, torse nu, est au centre. Un autre ramène une série de bâtons pour les casser sur le dos, les genoux, et la tête du jeune. Au niveau du cou, l'opération échoue. C'était "exprès" pour montrer au public que "ce n'est pas truqué". Les hommes du Qwan-Ki-Do montrent une grande énergie interne. Un jeune pratiquant s'assoit au centre du tapis. Un autre ramène une serviette, deux briques et un gros marteau. La casse doit s'effectuer sur la tête du jeune.

    La casse

    La démonstration demande du silence pour une meilleure concentration. Mais le public s'agite. Il récite des prières. La casse échoue quelque peu. Une seule brique est entamée. La tête du jeune est intacte. "Les arts martiaux demandent beaucoup de concentration. Le public est encore néophyte. C'est comme au tennis, il faut observer le silence et n'applaudir qu'à la fin" fait remarquer M. Benbada. Cet avis est partagé par M. Rachid Laghrani, qui a co-dirigé devant le public une centaine de petits karatékas.

    Au vu du reste du spectacle, la Nuit n'aura pas tenu les promesses qu'elle suscitait. Quoiqu'il est déconseillé de comparer l'incomparable, face au Festival des Arts Martiaux de Bercy, la Nuit casablancaise ressemble plutôt à une kermesse, appuyée par la musique de la clique municipale et les ronronnements d'un speaker, en déphasage par rapport aux arts martiaux. M. Benbada n'est pas de cet avis: "C'est une vraie Nuit marocaine des arts martiaux. En France, ils ont de gros moyens et des sponsors. La Nuit de Bercy s'étale sur deux jours et l'entrée est payante". Et d'ajouter: "Nous avons opté pour une entrée gratuite afin de vulgariser les arts martiaux auprès du grand public et montrer que ce ne sont pas des disciplines brutales mais des disciplines qui éduquent la personne physiquement et moralement".

    Le coût de la Nuit de Casablanca se chiffre entre 60.000 et 70.000 DH. Il a été supporté à hauteur de 70% par Coca-Cola, la Régie des Tabacs et Atlas-Voyages. 

    A.Z.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc