×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Politique Internationale

    Jurassic Park sur les écrans : Cinéma: Spielberg réveille les dinosaures

    Par L'Economiste | Edition N°:121 Le 17/03/1994 | Partager

    Eteints depuis des millions d'années, les dinosaures reviennent. Après ..King Kong" et plus récemment la série "Alien", les monstres envahissent l'écran. Dans Jurassic Park", les animaux préhistoriques sont les principaux personnages de Steven Spielberg, le papa de ET". Partout où il passe, le film est un succès, attirant les familles. Pourtant il n'utilise qu'un vieux ressort: une création de l'homme finit par se retourner contre lui

    "JURASSIC Park" a réalisé, dans le monde entier, 600 millions de Dollars en cent jours! Quelques jours après la sortie du film, les dinosaures ont raison de Sttallone et de Schwarzenegger. En dix semaines, "Jurassic Park" dépasse le record détenu par "ET".

    A Casablanca, l'affluence et la dinomania démarrent, à commencer par Derb Ghallef où le dinosaure est apposé sur le nouvel arrivage de tee shirts pour enfants . Au Dawliz, à la fin de la projection, les parents gâteux auront le choix entre les dinosaures en toile dont les prix oscillent entre 200 et 400DH, ou encore les oeufs au chocolat " Jurassic Park", les suc et tes, les gommes à mâcher...toute la panoplie au complet.

    Le parc jurassique mis en scène dans " Jurassic Park" est une sorte de Disneyland (imaginé par un richissime mécène) où Mickey, Donald et les autres seraient remplacés par des dinosaures au Q.I. qui leur permet seulement de survivre.

    Les principaux personnages de cette fantastique aventure sont des animaux préhistoriques réactivés.

    Ils sont impressionnants et mangent en quelques secondes plus qu'une vache de bonne taille. Dans " Jurassic

    Park", les dinosaures ont tous été conçus comme des femelles, dans l'espoir de contrôler leur production.

    Fantaisie de milliardaire

    Tyrannosaures, raptors, velociraptors...ils sont tous là sur une île au large du Costa Rica, où un milliardaire se livre à ses fantaisies. Il aime les crèmes glacées et les paris fous, la science et les ordinateurs. Comme il finance un certain nombre de projets scientifiques, il demande à deux spécialistes de la préhistoire de se rendre sur les lieux et d'émettre leurs avis. Derrière d'immenses grilles électrifiées, ils voient des dinosaures, des vrais, recréés, clonés d'après une goutte de sang conservée dans I ' abdomen d'un moustique fossilisé dans l'ambre.

    A partir de là est reconstituée la enchaîne ADN de l'animal, quitte à col mater les brèches avec un peu d'ADN de grenouille.

    Pour ceux qui n'ont pas compris, le film l'explique très bien. Les velociraptors, tyrannasaurus et autres montagnes à écailles vont pouvoir s'ébattre gaiement pour la joie des petits (surtout) et des grands.

    Sauf qu'à peu de temps de I ' ouverture du parc, lors d'une visite scientifique, tout dérape . Les dinosaures sont lâchés, l'héroïne et les enfants hurlent de leurs voix stridentes, Sam Neill (remarqué dans "La leçon de piano") sue du front et serre les dents, et la tempête déferle. Le spectateur s'y mettra aussi, prêt à jurer que des trou peaux de dinosaures lui foncent des effet garanti.

    Thriller préhistorique

    Le film clame que les dinosaures émergent d'une époque qui se situe environ 65 millions d'années avant notre ère. C ' est, en effet, le jurassique.

    Mais le problème est qu'en réalité les dinosaures n ' existaient déjà plus . Leur époque, c'est le crétacé, cent millions d'années plus tôt. Les spectateurs ne sont pas tous censés connaître leur préhistoire sur le bout des doigts.

    Par ailleurs, Spielberg crée des situations plus ou moins invraisemblables. En effet, le petit Tim se fait électrocuter par une ligne à 10.000 volts. En temps normal, il aurait été grillé comme un toast. Dans le film, il se remet à gambader 5 minutes plus tard.

    Dans tous les cas, le suspense du film est bien calculé, les scènes d'honneur millimétrées. Il s'agit d'un véritable thriller à la sauce préhistorique.

    Pour les trucages "Jurassic Park" inaugure une nouvelle ère dans le cinéma. Ici, les acteurs jouent devant un espace vide qui sera comblé avec des images de synthèse. Ces dernières ont permis des effets d'un réalisme étonnant.

    Désormais aucune image ne sera crédible. Tout pourra être truqué, retouché, transformé. Rien ne sera décelable. L'image! aujourd'hui, c'est le règne absolu de la fiction.

    Steven Spielberg utilise des pays sages infinis. Les scènes avec les dinosaures sont spectaculaires.

    Les herbivores sont gentils et idylliques . Les brachiosaures géants meuglent paisiblement. Ils se dressent sur leurs pattes arrière pour trouver les feuilles les plus juteuses. Le Tyrannosarus rex, personnage principal du film, domine le Jurassic Park de toute sa gloire et incarne l'héroïsme carnivore.

    De son côté, le Velociraptor représente tout ce qui valorise la vie moderne en société: c'est un concurrent rusé, souple et intelligent. Il se dé place toujours avec son compagnon pour mieux attaquer et charger la proie .

    "Jurassic Park" est le nouveau symbole du cinéma arnéricain: effets spéciaux, grands spectacles et gros Dollars. C'est "Les dents de la mer" des années 90.

    Le spectateur en reçoit plein les yeux et plein les oreilles. A la sortie, plus question de regarder un petit dinosaure. 

    Meryem OUDGHIRI

    La chorégraphie des monstres

    COMME le robot géant de King Kong, installé dans le parc d'attractions Universal de Floride, les dinosaures de Steven Spielberg sont grandeur nature et mus par des mécanismes hydrauliques, et des miniatures animées image par image.

    Pour définir la gestuelle des animaux préhistoriques, l'équipe technique a d'abord construit des miniatures articulées d après des sculptures de dinosaures.

    Ces miniatures ont ensuite été animées image par image, de face, de profil et de trois quart, en train de marcher et de courir.

    La première mission a été de déterminer à quelle vitesse courait le tyrannosaure. Spielberg voulait qu'il se dé place à 100 km/h. Mais ce n ' était pas réaliste, compte tenu de la masse de l'animal. Les ingénieurs et techniciens ont alors filmé les animaux du zoo de San Francisco pour étudier leurs gestes. Le brachiosaure (dinosaure au long cou) est en quelque sorte "interprété" par un éléphant et une girafe. Le sculpteur des dinosaures a conçu ses mécanismes en fonction des mouvements définis par les animations: la manière dont les vélociraptors scrutent le paysage en recherchant une proie, leur façon de bondir...

    Au même moment, les spécialistes des trucages ont réalisé des tests pour "fluidifier" par ordinateur les animations, image par image, traditionnel les. Plusieurs versions des scènes de la fameuse attaque de la jeep par le tyrannosaure et de I ' arrivée des velociraptors dans la cuisine ont été filmées. Ce travail de préparation a permis de choisir plan par plan les actions des dinosaures et même d'improviser les attitudes intéressantes.

    Les différents partenaires techniques ont par ailleurs mis au point le DID (Digital Input Device, générateur de données informatiques) qui est une armature articulée pourvue de codeurs optiques à chaque axe. Ont ainsi été générées, les don nées de mouvements d'images de synthèse des dinosaures. Les animateurs ont réalisé d'autres scènes en utilisant simplement le clavier et la souris des ordinateurs.

    L'acteur joue tout seul sur le plateau. Les images de synthèse sont incorporées par la suite à l'aide d'écrans reproduisant les "squelettes" des dinosaures . L'ordinateur lie ces images et les anime. Au détail près, les infographistes ont copié les nuances de couleur de peau, imité le relief des écailles, géré les brillances des yeux par rapport à celle des dents ou des griffes.

    Outre la peinture des mâchoires et des ongles des monstres, le plus gros travail des maquilleurs d'effets spéciaux a été de sculpter, grandeur nature, la tête et le cou des différentes espèces de dinosaures. 

    M. O.

    Un dinosaure peut il renaître?

    SELON la revue scientifique "Recherche", l'impossibilité de ne jamais faire renaître un dinosaure à partir de fragments d'ADN est fondée sur plusieurs raisons.

    D'une part, il faudrait dis poser de la totalité de l'information génétique d'un dinosaure (ADN chromosomique et ADN mitochondrial), ce qui est infiniment improbable dans la mesure où ce matériel biologique se fossilise très mal.

    Cette information devrait être encore sous forme de chromosomes intacts et les dits chromosomes devraient eux-mêmes avoir conservé leur profil de méthylation, cette dernière propriété étant une condition de la bonne réalisation d'un programme de développement.

    Enfin, si par miracle ce matériel était disponible, il faudrait le faire décoder par une cellule - hôte, et puisqu'il s'agit de produire un être vivant complet, de l'introduire de préférence dans un oeuf entamant son développement embryonnaire.

    Si l'oeuf ne provient pas d'un dinosaure ou d'un animal proche au plan évolutif, le pro gramme génétique ne peut être réalisé.

    Autrement dit, il vaudrait mieux trouver un oeuf de dinosaure fécondé et en bon état...

    L'ADN, poursuit la revue a Recherche", n'est pas un produit géologiquement stable . On peut en retrouver des fragments, et même un gène entier, mais aucun "tour de passe-passe" ne pourra recréer un organisme à partir de ces fragments.

    Jurassic Park a tenu compte de ce problème et fait utiliser à ses chercheurs en génie génétique de I'ADN de grenouille qui a servi à remplir les espaces vides dans les programmes génétiques des dinosaures. Pour les "vrais" scientifiques, les chercheurs du film ont commis leur plus grande faute scientifique qui témoigne d'une pro fonde erreur philosophique.

    Un matériel génétique composé de 50% d'ADN de dinosaure et de 50% d'ADN de grenouille amalgamés ne pourra en effet jamais permettre le développement embryonnaire d'un organisme qui fonctionne. A Cette forme de réductionnisme est proprement imbécile", avancent les scientifiques et chercheurs Un animal est une entité, et non pas la somme de ses gènes. 50% de notre information génétique ne correspond pas à une moitié de nous-mêmes et ne sauraient produire aucun organisme vivant. Les chercheurs en génie génétique ne peuvent utiliser de I'ADN de différentes classes zoologiques: les grenouilles sont des amphibiens, les dinosaures sont des reptiles, et leur ascendance a divergé au Carbonifère, 100 millionsd'an nées avant l'apparition des dinosaures. 

    M. O.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc