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Journée mondiale de la femme
Les femmes lieutenants de la Douane

Par L'Economiste | Edition N°:1471 Le 07/03/2003 | Partager

Elles sont jeunes, responsables et officiers. Elles, ce sont des lieutenants au parcours hétéroclite. Elles font partie des premières promotions de femmes officiers de la Douane. Actuellement, elles sont une trentaine sur l'ensemble du territoire et bureaux frontaliers à occuper des postes de responsabilité. - Aïcha Benzakour, de la gestion, pub et marketing à... l'uniformeDe la gestion à la pub, et du marketing à... l'uniforme de la douane. Lieutenant Aïcha Benzakour affiche un parcours pluridisciplinaire, ce qui l'aide dans l'accomplissement de ses fonctions. Actuellement, elle gère, en tant qu'officier de la Douane, les opérations du départ à l'aéroport Mohammed V. Formalités, fouille, assistance aux passagers... sont autant de démarches que cette jeune de 26 ans accomplit avec doigté. Après un baccalauréat en sciences expérimentales décroché en 1994, elle prépare un BTS (brevet de technicien spécialisé) en gestion des entreprises. Un diplôme qu'elle décroche en 1996 dans une option très prisée par les entreprises, le marketing. Après, elle passe deux ans dans le privé, où elle occupera plusieurs postes: technico-commercial, marketing, publicité...De là, changement de cap: elle vire vers le corps paramilitaire, au centre de formation douanière (CFD) de Casablanca. Et rebelote pour les études. Parmi les modules suivis: comptabilité douanière, fiscalité, législation douanière, déontologie, lutte contre la fraude, procédures de dédouanement, tarifs et nomenclatures... En juin 1998, Aïcha est lieutenant à la Douane avec un statut de technicienne de 1er grade. De là, elle est affectée à la sous-direction régionale de Casablanca/Nouaceur au service des régimes économiques. Après quoi, elle se verra affectée à l'aérogare voyageurs de l'aéroport Mohammed V. Sa mission consiste au contrôle des passagers du départ via une cellule de ciblage, ce qui lui permet de contrôler 5 à 10% des passagers. Selon elle, «la Douane ne procède plus au contrôle systématique et ce dans un souci de fluidifier et décongestionner le flux des passagers«. Pour le lieutenant, il y a de plus en plus d'assouplissement dans les procédures. Lieutenant Aïcha Benzakour dispose d'une série d'indices pour mener à bien des actions plus ciblées dans le contrôle des passagers. Parmi ces indices, Benzakour parle de critères documentaires, notamment la provenance des passagers, les bagages, la continuation des vols...Sur le terrain, elle se base surtout sur le comportement verbal et gestuel ainsi que le profil du passager. Viennent ensuite les réponses toutes faites... «Beaucoup d'infraverbal«, ajoute-t-elle. C'est là où elle se sert de son cursus en communication. Elle précise tout de même que «le ciblage à lui seul ne constitue pas une preuve d'infraction, ce n'est qu'un guide de travail«.Parmi les actions à l'actif du lieutenant Benzakour, figure l'arrestation d'une ressortissante africaine en possession de drogue. Cette dernière a été ciblée sur la base d'un contrôle documentaire. Elle avait été arrêtée en 2002 en possession de 2 kg de cocaïne. Elle avait fait plusieurs transits (Dakar, Casablanca, Madrid, Caracas...) et un retour Caracas, Amsterdam, Casablanca et ce, avec un passeport vierge et un billet d'avion réglé en espèces alors qu'elle était au chômage. Autre souvenir dont elle est très fière, son stage militaire à la base aérienne de Marrakech. Un stage de trois mois pendant lequel elle avait appris à faire les couleurs, le maniement des armes, le parcours du combattant, la transmission... S'y ajoute son stage à l'Ecole française des brigades des douanes (La Rochelle). Un passage qui lui permet de faire partie de la première promotion des femmes des brigades des Douanes. Une formation sanctionnée par un diplôme de chef de subdivision. Après le 11 septembre, il y a eu plus de rigueur dans les démarches et formalités et ce pour plus de sécurité. «Les passagers préfèrent être contrôlés plutôt que d'avoir des problèmes à bord«. En général, tout se base sur la communication, le dialogue et la manière d'intervenir, tient-elle à préciser.Sur le plan de la carrière, ses ambitions se résument à persévérer et parvenir à un poste de décision pour que sa petite fille soit à l'avenir fière de sa mère. - Fatima El Youssfi, la spécialiste VIPBac TCC avec mention très bien en poche, Fatima s'inscrit à un DUT en informatique et comptabilité qu'elle décroche encore une fois avec mention très bien. A partir de là, elle travaille en tant que chef comptable dans une société de recouvrement. En 1999, cette major de promotion est lieutenant après une formation d'une année au CFD (Centre de formation douanière). Pour elle, «le port de l'uniforme et la gestion d'une équipe la réconfortent«. Au début, ma famille et mon entourage craignaient cette carrière d'officier«. Mais par la suite, ils se sont faits à la chose, d'autant plus que j'ai une cousine officier dans l'armée. La mission de Fatima est le contrôle VIP (very important person). Un poste très sensible compte tenu de la nature des passagers: ambassadeurs, corps diplomatique, hommes d'affaires et même des stars du showbiz...; des artistes du monde entier empruntent le passage VIP. Certains ont parfois du mal à accepter le contrôle. A propos d'artistes, lieutenant El Youssfi est parmi ceux qui ont débusqué le chanteur marocain qui avait dissimulé d'importantes sommes de devises. «Il avait camouflé un montant important dans ses sous-vêtements. J'ai assisté à l'opération dès le début«, tient à préciser lieutenant El Youssfi. Généralement, «il n'y a pas d'incident, mais tout dépend de l'approche«, souligne-t-elle. Le principe est de mener des contrôles souples, «de mieux et moins contrôler«, tient à préciser Fatima. Son approche à elle consiste à vérifier la destination, surtout pour les hommes d'affaires, les mouvements (entrées et sorties). Pour El Youssfi, l'après-11 septembre s'est traduit par d'importants changements dans les formalités, devenues plus rigoureuses que d'habitude. «Certains passagers le prennent parfois mal, même si nous leur expliquons que c'est dans leur intérêt«. Par ailleurs, ce qui semble avoir marqué le lieutenant, c'est son stage à l'Ecole royale de l'air à la base militaire de Marrakech. Elle se rappelle avec nostalgie le parcours du combattant, la marche, le tir et les cours sur la localisation de l'ennemi, topographie, les combats rapprochés... Pour le lieutenant El Youssfi, nul ne peut nier que la situation de la femme au Maroc est en train de changer. Selon elle, il est indéniable que la femme a réalisé des prouesses, mais il y a toujours du suivisme et beaucoup de travail à faire. «La femme est toujours reléguée au second plan, après l'homme«.Côté carrière, elle aspire à devenir un jour officier supérieur. Pour cela, elle brigue en particulier le grade de colonel. Mais auparavant, elle espère tomber sur un cas inédit et démanteler un réseau organisé de trafiquants un jour. - Leïla Guessmi: «En cas de soupçon, c'est la fouille à corps««Je travaille en tant qu'officier en dehors de tout autre considération d'homme ou de femme«, lance d'emblée lieutenant Guessmi. Ce lieutenant de la zone arrivée est très ferme dans ses démarches, surtout quand elle intercepte de la marchandise non déclarée. Là, elle sévit sans hésiter. Après un baccalauréat option lettres modernes en 1989 avec mention assez bien, Leïla Guessmi décroche une licence en droit. De là, cap vers le CFD, où elle passe 8 mois de formation. Ce jour-là, au poste arrivée, Leïla est la maîtresse des lieux. Son job consiste à faire valoir les formalités douanières sur les marchandises importées. Pour elle, il y a deux cas de figure. «Les marchandises sont soit déclarées, soit interceptées dissimulées«. Dans ce cas-là, elle inflige des amendes en plus d'une taxation. Les droits et taxes auxquels s'ajoute un minimum de 50% d'amende dépendent de la nature de la marchandise«. La plupart des passagers passent sans déclarer leurs marchandises. Du coup, ils sont transférés vers le lieutenant. «Les gens paniquent souvent quand ils arrivent à mon bureau«. Une fois au bureau de douane, c'est toujours la même rengaine: «tout est légal«. Leïla procède même parfois à des fouilles. En cas de soupçon fondé, elle devient intransigeante, «c'est la fouille à corps. Généralement après l'accord de l'intéressé«, précise-t-elle. Mais c'est souvent l'ultime recours. Au terme de sa troisième année, notre inspecteur de visite souligne que les difficultés viennent des passagers africains. Ces derniers voyagent et transportent beaucoup d'argent sur eux. Quelques fois, elle appréhende leurs réactions. Pour elle, la société reste moins tolérante. «Le jour où je pourrais tomber en panne et descendre réparer ma voiture n'importe où et n'importe quand sans m'inquiéter est encore loin«. Et d'ajouter: «Au boulot, femmes et hommes sont sur un pied d'égalité, mais ce n'est pas encore le cas en dehors du travail. A l'extérieur, on est harcelé avec ou sans uniforme«. Son voeu est de pouvoir exercer tous ses droits sans humiliation. Amin RBOUB

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